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AFFRONTEMENT INÉVITABLE ENTRE LES WADE, IDY ET MACKY La guerre des trois aura lieu

Serigne Mbacké Ndiaye a bien des suites dans les idées. Après avoir défendu la candidature de Karim Wade, détenu dans le cadre de la traque des biens mal acquis, l’ancien Directeur de Cabinet de Wade vient soutenir l’idée d’une unité des libéraux autour de la personne de Macky Sall.

Concrètement, il s’agit de réunir les partis de Pape Diop, Abdoulaye Baldé, Souleymane Ndéné Ndiaye, Aliou Sow, Idrissa Seck et de Me Wade autour du patron de l’Alliance pour la République (Apr), Macky Sall.

L’objectif visé est de rassembler la famille libérale qui partage, en principe les mêmes valeurs d’autant plus qu’ils viennent tous du Parti démocratique sénégalais (Pds) et ont comme père spirituel le Pape du Sopi. Un tableau dont la beauté de la conception théorique n’a d’égal que son caractère chimérique.

La réalité est que les libéraux se regardent en chiens de faïence depuis que la dévolution monarchique a été agitée au sommet de l’État et finalement réalisée à la tête du parti. Wade a chassé ses fils, les poussant au parricide.

Cette tare du Sopi est à la base du protocole de Rebeuss dont la presse fait ses choux gras, aujourd’hui. Il est aussi la source du divorce d’avec Macky Sall alors président de l’Assemblée nationale.

Souleymane Ndéné Ndiaye et Aliou Sow ne veulent pas se ranger derrière le « gosse ». Certes Macky peut bénéficier du soutien de ses derniers et même de celui de Pape Diop et Baldé, mais ce sera ni le cas de Idrissa Seck ni de Karim Wade.

C’est dire que la guerre des trois aura bien lieu quelle que soit l’année. Car, Idy en veut encore aux Wade de l’avoir jeté en prison et d’avoir sali son nom pour une histoire d’argent. Quant à Macky, il ne pardonnera jamais à Wade de l’avoir expulsé de l’Assemblée nationale et du parti pour lequel il a tant travaillé pour sa réélection en 2007. Et Karim pour sa part ne comprend pas encore et ne saurait digérer le fait que celui qu’il considérait comme son frère l’ait jeté en prison en réactivant une cour comme la Crei.

Qui plus est, les relations entre Macky et Idy sont empreintes d’incompréhensions qui datent de la période de la liquidation politique du Maire de Thiès d’alors.

C’est dire que chacun en veut à l’autre. Et si l’on remplace le prénom Karim par celui d’Abdoulaye qui est celui de son père, le scenario restera le même. Les trois leaders libéraux, créateurs ou héritiers des formations politiques les plus importantes ne se feront pas de cadeaux. Penser un instant que l’un d’eux peut se ranger derrière l’autre relève soit d’une méconnaissance de leurs egos surdimensionnés ou simplement d’une boutade destinée à annoncer le rapprochement politique entre Macky et Serigne Mbacké Ndiaye autour des propos.

Leur divergence sera d’autant plus grande et leur affrontement inévitable que chacun d’eux est convaincu qu’il sera le prochain président de la République. Idy qui disait qu’il ne se présentera jamais contre Wade-père. Il s’est finalement dédit pour des raisons liées justement à ce qu’il a compris comme un acharnement contre sa personne. Mais, ce qui est sûr, c’est qu’il sera beaucoup à l’aise sans ce dernier dans la compétition, surtout contre Macky.

Quant à Karim, il continue sa maturation politique à Rebeuss et reste convaincu de bénéficier du capital sympathie nécessaire pour créer la surprise.

Dans le camp des Apéristes, on se frotte les mains quand on sait que leur parti peut compter sur la coalition Benno Bokk Yakaar (BBY), du moins sur ce qui en reste, une bonne partie de la Société civile et de familles religieuses qui expriment de plus en plus leur satisfaction face à de grands projets en infrastructures qui les concernent.

Chacune de ses trois formations politiques peut être le centre de convergence ou d’unification partielle des libéraux et d’autres partis comme l’a déjà réussi l’Apr avec Bby. Le Pds va davantage compter sur le Front patriotique de défense de la République (Fpdr) que dirige Decroix et le Rewmi devra remettre en chantier son projet d’une coalition autour de la personne d’Idrissa Seck. Ces trois pôles vont s’affronter et gagneraient à élargir leur champ d’action bien au-delà des sphères libérales. Il s’agira maintenant de savoir quel camp vont choisir les leaders Pape Diop, Souleymane Ndéné Ndiaye, Aliou Sow et Abdoulaye Baldé. Surtout dans la perspective d’un second tour qui mettrait aux prises deux de ses formations politiques à obédience libérale. C’est peut-être de cela dont veut parler Serigne Mbacké Ndiaye. L’homme est d’une très grande perspicacité politique et sait qu’au premier tour, tous ces jeunes loups politiques libéraux ont intérêt à jauger leurs forces en se présentant seuls et à monnayer très cher leur soutien au second tour. Et que c’est cela la nouvelle stratégie politique des partis. Donc, son appel du pied va au-delà du premier tour. Il fait un clin d’œil à ses anciens compagnons libéraux pour qu’en cas de second tour, le « tous contre Wade » de 2012 soit réitéré même s’il était dans le camp de celui-ci ; un camp où il se sent désormais à l’étroit pour ne pas dire qu’il a quitté.

En définitive, il sera difficile pour le Pds de compter sur Fada, Serigne Mbacké Ndiaye, Ousmane Ngom qui, manifestement ont rejoint ou sympathisé avec le camp de Macky à l’instar de Awa Ndiaye, Innocence Ntap Ndiaye, Bécaye Diop, etc.

Mais il n’est pas encore évident que Pape Diop et les autres leaders de partis vont se ranger derrière Macky. Un long travail, empreint de difficiles négociations, pointe à l’horizon. Et Serigne Mbacké Ndiaye sera justement un bon émissaire…

 

Assane Samb

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