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Affrontements entre élèves et policiers au lycée Malick Sy de Thies Un élève se retrouve le nez cassé

Un élève a été blessé lundi lors d’affrontements entre policiers et lycéens et collégiens retranchés au sein du lycée Malick Sy.

Les élèves des établissements scolaires de Thiès ont battu le macadam pour manifester leur ras-le-bol face à la grève des enseignants, en grève depuis plusieurs mois. Mais selon l’Aps, un élève a été blessé  lors d’affrontements entre ses camarades des lycées et collèges et policiers. L’élève blessé, inscrit en terminale, a été évacué à l’hôpital par les sapeurs-pompiers, en compagnie de l’infirmier du lycée, a indiqué le proviseur Ahmed Iyane Diop. Il a eu « le nez cassé », a dit le responsable du lycée, témoin oculaire de l’incident.  Les heurts ont commencé vers les coups de 9 heures quand des élèves sont sortis pour manifester pacifiquement, afin de réclamer « un déroulement normal des cours », a dit un élève, ajoutant que c’est alors qu’ils ont été dispersés par les policiers. Repliés dans la cour du lycée, ils ont continué à jeter des pierres malgré la tentative du proviseur de les arrêter.  Les policiers ont réagi en lançant des gaz lacrymogènes dans l’enceinte de l’établissement où le lycéen, identifié sous le nom d’Ousmane Mbaye, a été touché.

Pour Mansour Malick Ndiaye, censeur du lycée, le mouvement des élèves n’a pas eu pour origine le lycée Malick Sy, mais c’est plutôt un mot d’ordre d’un collectif national d’élèves. Devant l’intensité des jets de pierres qui commençaient à perturber la circulation sur la nationale passant devant le lycée, des policiers sont entrés à l’intérieur de l’établissement vers les coups de 11 heures pour demander pacifiquement aux élèves de sortir.  « C’est la deuxième fois que des affrontements pareils se produisent dans le lycée Malik Sy », a noté proviseur qui y loge avec sa famille. « J’ai un bébé à la maison, ils ont failli l’étouffer du fait des gaz lacrymogènes », s’est-il plaint. « Il n’y a pas de mots assez forts pour qualifier la situation que traverse actuellement l’école », a souligné Djibril Cissé, secrétaire général de l’association des parents d’élèves (APE) du lycée Malick Sy, trouvé sur les lieux. Appelant aussi bien les autorités que les syndicats à « faire preuve de responsabilité », M. Cissé estime que si rien n’est fait, « on risque d’aller vers la catastrophe, l’année blanche».  «Il faut que les autorités fassent un effort supplémentaire et que les syndicats lâchent du lest », a-t-il préconisé, relevant que « les plus grandes guerres se sont terminées autour d’une table ». « Dans les jours à venir, a-t-il annoncé, nous allons faire une déclaration pour sauver l’école sénégalaise ». Ce lundi 23 avril 2018, alors que certains syndicats d’enseignants ont levé le mot d’ordre, les élèves du moyen secondaire de la commune de Kédougou sont aussi sortis dans les rues pour dire leur ras-le-bol. Les écoles publiques et privées ont été délogées et des routes barrées par les potaches.  Les policiers, renforcés par des éléments de la gendarmerie, ont jtiré des bombes lacrymogènes pour disperser la foule, mais c’était sans compter avec l’engagement des élèves qui ont répliqué par des jets de pierres.

Khady Thiam COLY

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