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Afrique-France : le new deal de Macron (Par Demba Ndiaye)

Il s’est entouré de toutes les précautions oratoires pour ne pas heurter un public soupçonneux – Le new deal « macronien », c’est, dit-il, construire une nouvelle amitié basée sur la vérité et non sur les connivences

Que nous dit Macron ? Que personne ne perde son temps à l’entendre ajouter sa voix a celles déjà nombreuses de ceux qui confinent l’Afrique dans l’état de guerres et de crises permanentes, ni ceux qui pour des raisons douteuses ne voient qu’une Afrique idyllique ou tout va bien avec des richesses minières insolentes et des taux ce de croissances enviées. Ni continent perdu ni continent paradisiaque. Mais plus probablement, là où se jouera le « basculement » du monde en but a ses défis urgents et monstrueux: changement climatique, terrorisme entre autres, qui ravagent l’Afrique plus que partout ailleurs. Même si, il oublie d’ajouter que nous n’avons enfanté ni l’un ni l’autre.

Avant d’égrener ses projets pour l’Afrique, il ose une lapalissade : c’est en nous africains, que réside en partie la solution a nos problèmes. Cela à l’adresse des adeptes de la politique de la main tendue qui ont « l’euro-dependance »chevillée au corps. Une promesse jamais tenue de porter l’aide au développement à 0,55% du PIB de la France  a la fin de son quinquennat. Lui jure de le faire. Bah, demain sera là, on verra bien monsieur le président. Mais plus important, il veillera a ce que cette aide, impôt de ses concitoyens, on l’oublie souvent, arrive a destination: les populations africaines et non dans dans les comptes secrets des dirigeants africains. Sauf que les banques et autres paradis fiscaux se trouvent chez lui, sur son continent ! Cela il ne faut jamais l’oublier !

Le new deal « macronien », c’est, dit-il, construire une  nouvelle amitié basée sur la vérité et non sur les connivences, voire des complicités assassines. Alors, à l’aune de cette amitié nouvelle à bâtir sur la vérité, faut-il se limiter à ranger les drames des Noirs en Libye, sur ce qu’il appelle « les routes de la nécessité » ? En attendant Abidjan dans quelques heures, Macron lâche quelques vérités à l’endroit de ceux qui voudraient imputer ces drames à la seule Europe qui se barricade : les trafiquants d’immigrants sont bien africains et non français ou européens. Alors attendons de voir cette grande initiative « euro-africaine » visant a frapper les organisations criminelles qui s’adonnent a ce trafic inhumain, et a organiser l’évacuation deus « populations piégées » en Libye annonce t-il.

Pour le respect des constitutions et l’organisation des élections, la France s’abstiendra désormais de s’en mêler, ni donner des leçons mais, elle apportera son soutien aux défenseurs des droits de l’homme, de la liberté de la presse, des ONG… Le respect des choix. Le viatique semble t-il de Macron. Comme celui des femmes et des jeunes filles surtout d’avoir ou non des enfants, de continuer leurs études et non subir les pesanteurs de nos sociétés souvent masochistes.

C’est ce fil conducteur du choix, cette problématique de la liberté et du choix, lui permet de revenir sur cette histoire de population évoquée en juillet dernier et qui avait suscité des réactions indignées de certains, africains. Démographie et développement, trouver l’équilibre et non nier les faits ou pousser des cris d’orfraie, d’indignation, comme si, il s’agissait ici de menace contre la « virilité » des africains.

Comme il renvoie également, tous les adeptes de la sortie du franc CFA a leurs dirigeants : si demain les dirigeants des pays africains concernes par la question veulent changer de monnaie et s’affranchir de sa relation avec la France, ils peuvent partir demain. Alors, il faudrait peut être ne plus se tromper de cibles, de responsables: le choix appartient aux décideurs africains. Donc, il est peut être plus judicieux de diriger désormais les missiles « anti-CFA » contre nos dirigeants et non contre Paris.

Si les étudiants ouagalais  ont semblé bien accueillir l’annonce des visas aller retour  pour les étudiants et les enseignants, ils n’ont peut être pas fait la relation avec la vieille idée de la droite française : l’immigration choisie. Quant au retour du patrimoine culturel africain en France, si l’idée est bonne, il faut craindre pour l’entretien. Dans des pays ou même des archives nationales sont manges par des souris et des intempéries, il y a des craintes à avoir pour nos œuvres culturelles.

Mais bon, comme pour tout le reste, il faudra se battre pour gagner et mériter l’indépendance nationale. On se bombe trop souvent le torse alors que nous sommes nos propres responsables de l’état de notre continent…

dndiaye@seneplus.com

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