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Aj Mansour Mbaye: ‘Si je parle de politique, on apprécie, si je parle dans un dîner, on m’admire, je n’y peux rien

Encore une fois, vous serez la vedette d’une soirée. Youssou Ndour vous rend hommage. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Je rends grâce à Dieu, à mes parents et à Seydil Hadji Malick. Je suis très heureux d’avoir été élu il n’y a pas longtemps, homme de l’année. J’ai été en France pour rencontrer les représentants de l’Unesco. J’ai rencontré aussi l’ancien gardien de la Constitution le Président Abdou Diouf. Après, je suis rentré à Dakar parce que j’avais une fête culturelle qui rassemblait tous les artistes : Ismäela Lô, Thione Seck, Youssou Ndour, Kiné Lam. Et toutes les femmes artistes étaient venues pour la réussite de la fête au Théâtre Daniel Sorano. Mais cette fois-ci c’est mon neveu, mon ami Youssou Ndour qui me rend hommage. J’ai eu une longue relation d’amitié avec sa grand-mère, Mame Marie Sène Mao. À cette époque, Youssou n’était pas encore né. Ça date de longtemps. Sa grand-mère et ma mère habitaient ensemble à Tivouane, Ngouné Tall Niang. C’est Marie Séne qui avait rasé la tête de mon premier enfant avant que Mame Abdou Aziz Sy Dabah ne le baptise. Il a maintenant 46 ans. Pour dire qu’il y a d’excellentes relations entre les deux familles. A cette époque, il n’y avait qu’une seule radio au Sénégal. Dieu a fait que j’y étais. Je le guidais dans la musique alors qu’il était encore un enfant. Il a beaucoup de succès dans le monde entier. En Amérique et à travers le monde, il a été choisi parmi les meilleurs. Je n’ai jamais pensé qu’un jour Youssou Ndour me rendrait hommage. Je sais qu’il m’adore, parce qu’il ne fait rien sans demander mon avis. À Bercy, il me loge dans un hôtel cinq étoiles, tout ce qu’il gagne à Bercy, il le partage avec moi. Et, je pensais que son amitié s’arrêtait-là. Mais, il souhaite ma présence dans tout ce qu’il fait. S’il y a des événements, il me donne toujours la parole pour que je parle à la population et ça me suffit largement. Pourtant, il me rend hommage le 27 juillet 2007 au théâtre National Daniel Sorano, pour tout ce que j’ai fait dans la culture. Il y aura beaucoup d’invités, dont madame Ndiaye née Adjaroutou Néné Wade, Babacar Lô, la femme du président de l’Assemblée nationale et la femme du maire de Dakar et d’autres que je ne peux pas citer. Ils m’accompagnent dans cette grande soirée parce que je suis le président national des communicateurs traditionnels du Sénégal. Et dans chaque région, j’ai des représentants. Le Président Abdoulaye Wade est avec moi. J’ai beaucoup de respect et d’estime pour lui et c’est réciproque. Il me reçoit à chaque fois que j’ai besoin de lui. Il en est de même pour le ministre de la Culture qui est mon ami.

En général, on parle d’hommage si la personne est décédée, mais cette fois-ci, ce n’est pas le cas. Etes-vous conscient de ce que vous représentez dans ce pays?

J’en suis conscient. Mon père était le porte-parole de El Hadji Malick Sy et, on l’appelait El Hadji Amadou Mbaye Maodo. Il était tellement lié à El Hadji Malick que leurs destins étaient presque pareils. Après El Hadji Malick, il a accompagné Seydi Aboubacar Sy. quand ils sont partis tous les deux, j’ai pris le relais avec Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh. Tout le monde sait que je suis un tidiane. Le jour où Cheikh Abdou Khadre Mbacké (l’Imam de la Mosquée de Touba) rendait hommage à son père, quand il recevait Madické Niang et tous les membres du gouvernement, il a dit : «J’ai un invité qui s’appelle El Hadji Malick Sy». Quand j’ai été à la résidence Khadimou Rassoul de Abdou Lakhat Mbacké, l’ambassadeur du Khalif, son fils, Serigne Fadilou m’a même offert une montre. C’est cette même montre que j’ai à la main. Je suis avec les layennes, les niassénes et aussi des partis politiques, je n’ai pas de frontière. Lors du décès du grand frère de Maître Abdoulaye Wade, au troisième jour, j’ai pris la parole. Le Président m’a demandé de venir près de lui. Puis, le fils de Serigne Abdou Aziz Sy et son fils aîné Babacar Sy m’avaient envoyé pour présenter leurs condoléances à Maître Abdoulaye Wade. Depuis que je suis célèbre, je n’ai jamais dit quelque chose qui peut nuire à la société et j’en suis fier. Tout ça c’est grâce à Dieu. Hommage ne m’a jamais fait autant plaisir. Youssou Ndour me rend hommage. Après, c’est Gaston Mbengue qui m’honore avec le drapeau «Lamb ji». Le Lion d’or veut aussi me rendre hommage mardi devant le chef de l’Etat. Je rends grâce à Dieu.

Pour vous qu’est-ce qui fait que les Sénégalais vous admirent. Pourtant on dit que «nul n’est prophète chez soi»?

C’est grâce à mon éducation de base, parce que c’est fondamentale chez une personne. Et moi j’ai été éduqué par mon parrain El Hadji Mansour de El Hadji Malick Sy, il m’a donné une bonne éducation, j’ai fait la municipalité de Dakar avec Lamine Guéye quand il était maire de Dakar et secrétaire d’Etat au gouvernement. Après la mairie, j’étais au ministère du Travail, au ministère de la Santé, de la Jeunesse et j’ai terminé par la Communication. Au finish, je peux dire que je n’ai jamais reçu de critiques négatives, j’ai été irréprochable durant toute ma carrière. Je suis à la disposition de tous les Sénégalais, c’est ce qui fait que je suis admiré par tout le monde. Si je parle de politique, on apprécie, si je parle dans un dîner, on m’admire, je n’y peux rien, c’est grâce à Dieu. Depuis qu’Abdoulaye Wade est Président ma vie a changé. Je suis estimé à travers le monde et par les membres du gouvernement. Maître Wade est mon ami, de même que Macky Sall le président de l’Assemblé, Pape Diop est aussi mon ami de très longue date, Cheikh Hajibou Soumaré … Le jour du décès de ma sœur, il a envoyé une forte délégation jusqu’à Tivouane pour me présenter ses condoléances. Je crois que je suis le seul animateur qui parle à la Rts, à Sud Fm et dans toutes les radios et ils m’ont tous employé ; ce qui n’est pas facile.

Il est vrai que c’est Dieu qui réalise les vœux des croyants mais il paraît que c’est Serigne Ababacar Sy qui a formulé la prière comme quoi que tous vos messages seront compris et appréciés de tous ?

Oui j’avoue que Seydi ABoubacar a beaucoup prié pour moi, que Dieu l’agrée, mon parrain aussi El Hadji Mansour, le fils de El Hadji Malick, je commence à voir ce qu’il m’avait dit en 1945. Les années se suivent, mais ne se ressemblent pas. 2006 et 2007 sont les meilleures années de ma vie pour le moment. Je suis né à Saint-Louis. Au début, c’était difficile mais au fil du temps, les choses se sont décantées. El Hadji Mansour avait formulé des prières pour dire que chaque année qui passe serait meilleure que la précédente.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué durant votre séjour chez Seydi El hadji Malick ?

Mon père était le porte-parole de El Hadji Malick jusqu’à ce qu’il meure en 1922, Seydi Boubacar l’a remplacé. Il mangeait toujours en compagnie de mon père qui était aussi son porte-parole. En 1957, El Hadji Abdou Aziz a dit, alors que j’étais à la radio : «Mon porte-parole est Mansour Mbaye». Cheikh Ahmed Tidiane Sy, le frère de Seydi Mouhamadou Mansour, fils de Serigne ABoubacar m’a offert ma première voiture. Il l’avait achetée à Peyrissac. Je ne cesserai de remercier cette famille.

Racontez-nous une histoire du passé?

Il s’agit d’El Hadji Moussa Ndiaye le père de Badara Ngoné Ndiaye. Il y avait une mosquée à St-Louis. Chaque jour on y déposait de la charité. Et personne ne savait qui le faisait. C’est après sa mort, lorsqu’on a cessé de voir la charité qu’on s’est rendu compte que c’était lui.


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