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ALERTE AU RISQUE SANITAIRE (PAR L’ÉDITORIALISTE DE SENEPLUS, IBE NIANG ARDO)

  • Date: 11 novembre 2015
Cette pratique d’Iran Ndao rime avec malpropreté et jure d’avec tout précepte d’hygiène. Elle ne reflète pas cet Islam qui, au 6ème siècle déjà, enseignait le bain rituel couvrant l’ensemble du corps
En allant sur le site www.senego.com et en tapant ensuite «Iran Ndao, que doit faire un musulman après avoir fait caca», vous pourrez visionner la vidéo où le prêcheur, assis sur une chaise de toilette anglaise, enseigne les supposés comportements hygiéniques d’un musulman, après s’être soulagé. Si ce n’est de la dérision ça y ressemble. J’insiste pour que vous la visionniez avant de continuer votre lecture, et pour sûr vous en conviendrez avec moi.

Pour ceux qui ne peuvent pas la voir, j’explique ce dont il s’agit : le sieur Iran Ndao, assis sur une chaise de toilette anglaise, montre avec force détails ce que, d’après lui, la charia aurait recommandé au musulman en matière d’hygiène, après avoir fait ses besoins.

Il n’y est guère question de tirer la chasse, ni d’utiliser du savon pour se laver les mains, mais plutôt après un simple rinçage, le frottage de ses doigts qui ont servi à se torcher contre le mur de la salle d’eau, pour en dégager l’odeur.  Rien de plus choquant ! Et pourtant aucune réaction ; comme s’il y avait unanimité sur cette façon de faire. Ce n’est pour sûr pas le cas.

Cependant des voix me dissuadaient d’y consacrer un article parce qu’Iran Ndao, avec sa notoriété et ses fans, ne feront jamais la différence entre attaquer l’idole qu’il est, et faire une critique objective contre une de ses opinions. Ils me damneront et me traiteront de tous les noms d’oiseaux. Voilà ce qui retient les gens de réagir à l’encontre d’imprécateurs de plus en plus nombreux à braver notre tolérance par de tels outrages. Alors qu’à cela ne tienne, leur fureur ne fera pas de moi ni un couard ni un vertébré ailé.

Quant à cette vidéo, d’ailleurs, n’est-elle pas qu’un test pour jauger notre degré de crédulité et d’inertie ? Pour qui n’est pas naïf la question est de bon sens. Car l’on sait que les médias utilisent des icônes afin de vulgariser des messages de toutes sortes, qui passent comme paroles prophétiques, au dessus de toute contrariété, grâce à la position intimidante de ces derniers.

Seulement, il y a des allégations morbides, si outrageantes à la pudeur, à la décence, au bon sens et à la religion que lorsqu’elles sont faites publiquement- on ne sait à quel dessein-, doivent vraiment provoquer une volée d’indignations de la part des leaders d’opinion et intellectuels.

Figurez-vous bien, avec la généralisation de cette pratique de se frotter les mains sur les murs des toilettes, ce que cela peut engendrer avec nos pèlerins qui se mettraient à souiller les parois des toilettes des avions et des hôtels où ils sont logés dans les lieux saints. Vous rendez-vous compte du problème qu’on aurait avec la dissémination des bactéries et germes anaux, si tout le monde abandonnait le savon et se mettait à se frotter les mains sur le même mur les uns après les autres. Non ! Ce n’est pas ça la charia.

Mohammed Ghazali, nous enseigne qu’un hadith qui heurte le bon sens est à ignorer, parce que douteux ; il y a des choses pour lesquelles il n’est pas besoin d’aller chercher un hadith, le recours à la raison suffit.

Dans le contexte actuel, cette pratique d’Iran Ndao rime avec malpropreté et jure d’avec tout précepte d’hygiène. Elle ne reflète pas cet Islam qui, au 6ème siècle déjà, enseignait le bain rituel couvrant l’ensemble du corps, alors qu’en Europe, au mieux, faisait-on encore une toilette de chat à la fin du 18ème siècle, quand ce n’était ne guère se laver tout simplement. En tout état de cause la menace d’Ébola étant encore actuelle, avec l’épée de Damoclès qu’elle fait planer sur nos têtes, sonner l’alerte m’est devenu impérieux.

L’aversion à la modernité

Je me demande ce qui peut avoir motivé la divulgation de pratiques contraires à ce que toute personne décente fait quotidiennement. Parce que par ailleurs, cette fausse aversion de la modernité, jusqu’à réfuter l’usage du savon est paradoxale : l’on récuse les principes actuels d’hygiène en même temps que l’on utilise des toilettes modernes. La chaise anglaise avec chasse d’eau est entrée dans les mœurs de la même façon que le savon et l’eau de Cologne, pour améliorer l’hygiène et le confort de l’homme.

Aujourd’hui notre prêcheur semble oublier qu’il est bien isolé entre quatre murs avec une porte fermée et non dans la nature, quand vient le moment de se soulager. On ne peut au nom de quelque prétexte que ce soit laisser divulguer des messages qui minent tous les efforts vers le progrès de notre société.

Comment pourrait-on laisser rajouter à la pandémie de l’analphabétisme, une épidémie de malpropreté, avec toutes les fatalités récentes connues des pays voisins et au mépris de toutes les recommandations faites par nos autorités pour conjurer ces maux ?

Les médias au service du progrès

L’on sait que de toutes les infrastructures de communication la télévision est l’organe le plus infectant. Il fait des miracles ailleurs. Aux Etats-Unis, dans les années 1960, l’inquiétude pour le taux d’analphabétisme dans les milieux les plus défavorisés était à son pic. Il fallait faire quelque chose et les moyens connus d’éducation de l’époque n’intéressaient le moins du monde ces populations. Deux hommes (Joan Cooney, un producteur d’émissions télévisées, et Gerald Lesser, un professeur de psychologie à Harvard University) ont pensé alors que le meilleur moyen de les intéresser à l’école était de créer un virus d’alphabétisation et de les contaminer tous à travers une cible, qui devrait être le meilleur facteur infectant. Ils avaient alors ciblé les tout-petits et choisi comme organe de transmission la télévision pour leur inoculer le virus, à travers une émission à la fois ludique et didactique d’une heure, à passer cinq jours sur sept : Sésame Street, un quotidien devenu une épidémie chez des générations d’Américains, le temps d’impacter et inverser avec un succès extraordinaire la courbe d’alphabétisation. La contamination est passée petit à petit des tout-petits à leurs parents, puis des téléspectateurs au grand public.

L’intérêt pour les connaissances qu’offraient l’école s’est largement développé dans les milieux défavorisés, notamment la communauté noire, provoquant les inscriptions systématiques des enfants à l’école et l’encouragement à étudier. Cinquante ans plus tard la réalité a dépassé la fiction : le couple Obama, arrivé à la Maison Blanche plus tôt que personne à l’époque n’avait pu imaginer, est le résultat le plus probant de cette initiative et d’autres similaires, d’intéressement aux études dans les milieux défavorisés.

D’éminentes personnalités de la communauté noire, bien averties de la politique américaine comme Vernon Jordan, le conseiller qui jouait tous les dimanches au golf avec le président Clinton, et le révérend Jesse Jackson, en ont fait des témoignages pathétiques.

N’est-ce pas ce même fléau, l’analphabétisme, voire l’illettrisme, qui aujourd’hui gangrène notre société ? Cependant que faisons-nous des chaînes de télévision dont nous disposons ? Diffuser en boucle des émissions crétinisantes qui propagent des épidémies de danses obscènes, exaltent à outrance la lutte, le mannequinat, les sketches et séries sans intérêt. Et voilà que des interprétations outrageuses de hadiths s’en mêlent. Que voulons-nous de notre société ?

L’on me demande toujours des solutions alors que pour les problèmes que je soulève, des solutions efficaces sont disponibles et à notre portée. Ce qui nous manque encore une fois c’est la volonté, le leadership, la fermeté dans la résolution d’avoir des résultats durables, quel qu’en soit le prix à payer, n’en déplaise à quiconque.

À l’heure où des quidams ne se gênent pas de mener publiquement des campagnes de dénigrement de l’école et des connaissances qui y sont enseignées, pourquoi ne pas commencer par pénaliser ces actes ? Le prophète (PSL), disait bien que le savoir valait bien un voyage jusqu’en Chine, que le sang d’un savant valait celui de mille martyrs, qu’il pouvait croire lui en la disparition d’une montagne, mais pas à l’avènement d’un jour où il y aurait égalité entre un homme savant et un ignorant. Là sont des hadiths proactifs bons à rappeler.

iniang@seneplus.com

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