Confidences

Alexander Mikel Zito, Dr en Sciences islamiques : American Layène

  • Date: 4 juillet 2015

Dr. Alexander Mikel Zito, de nationalité américaine, consacre sa vie et sa carrière à l’étude de l’Islam en Afrique de l’Ouest. Titulaire d’un Ph D en Sciences islamiques à l’Université de Boston, il a bourlingué pour trouver sa voie : l’Islam. Marié à une Sénégalaise, ce fringant quadra est aujourd’hui un fervent layène. C’est à Yoff qu’il a prononcé sa profession de foi. Dans le cadre des activités du Ramadan 2015 de l’Ambassade des États-Unis, il a partagé ses expériences avec des fidèles de Kaolack, de Bambey, Touba, Yoff, Guédiawaye. Il est une fabuleuse histoire…

Il est une belle histoire. Dr Alexander Michel Zito, Américain de confession musulmane, a un discours  étayé de recommandations islamiques. C’est sa foi. Il a découvert l’Islam et son prophète (Psl) en 2004. Depuis cette «date culte», toute sa vie se résume à chanter les bienfaits de l’islam.

Dans le cadre de ses activités du Ramadan 2015, l’Ambassade des États-Unis à Dakar l’a accueilli  du 21 au 26 juin pour une série de conférences et de discussions autour du thème «l’Islam et la diversité religieuse». Il s’est rendu à Kaolack, à l’Institut Al Azhar de Bambey, à Touba  à Guédiawaye et chez les layènes pour partager ses expériences et avoir de nouvelles connaissances. Il est fasciné : «Le Sénégal est un pays, qui depuis longtemps, démontre non pas seulement la diversité religieuse mais, la diversité en général et le fait de voir plusieurs communautés qui ont beaucoup de différences d’origine en train de vivre ensemble et de démontrer la paix, je crois que le Sénégal en est un exemple. Il a beaucoup de choses à apprendre au reste du monde».  Ces propos peuvent cacher d’autres sentiments. Il est marié à une femme issue de la confrérie layène… C’est là d’ailleurs que Ale­xan­der a fait sa profession de foi en 2004.

C’est un chercheur en Sciences islamiques. Il a fouillé les œuvres des grands érudits musulmans. En analysant ses gestes, on l’aurait assimilé à un enfant formaté dans les Daaras où on apprend à réciter mécaniquement le Coran. Né dans une famille chrétienne pratiquante, il a décidé de répondre à l’appel de l’Islam après une longue période de recherche. Le contexte ne le favorisait pas : Au début des années 2000, l’Islam se confond au terrorisme après une vague d’attentats dans le monde. C’est le temps de l’axe du mal.

Malgré cette période d’incertitude, il grossit les rangs du monde musulman. Il savoure : «C’est une religion qui me rassure et qui répond à mes attentes après une longue recherche. Les 5 prières et le jeun sont des instants de pure dévotion.» Dix ans après, il mesure le chemin parcouru : «Il a été long. Je suis né et j’ai grandi chrétien mais, j’ai toujours été curieux. En Amérique, il y a une tendance à laisser les jeunes trouver leur propre chemin et de ma part j’étais encouragé à chercher dans différentes traditions en disant que, toute tradition sacrée est venue pour une raison car chaque religion qui est sur terre a un but : réunir l’individu avec l’infini».

Dans sa longue marche vers Dieu, Alexander Mikel Zito est attiré par plusieurs courants. Mais, il a toujours eu un faible pour la religion musulmane. «Dans le milieu où j’ai grandi, j’avais des amis qui sont venus de différentes traditions. J’avais des amis hindous. J’avais même des amis athées, des agnostiques, des gens qui disent qu’ils savent qu’il y a quelque chose mais, ils ne savent pas c’est quoi, c’est un peu les milieux divers où j’ai grandi  mais cela ne m’a pas empêché de tendre vers l’islam».

Il se pose des questions. Mais, il ne trouve pas les réponses. Alex remet le film de ses instants : «J’avais beaucoup de questions autour de ma foi. Dans l’église, les personnes ne pouvaient pas me répondre. On me disait souvent d’attendre que la réponse viendra de Dieu et le fait que je sois né chrétien a fait que j’ai choisi l’islam. Peut être que si j’étais né musulman et que je n’avais pas de réponses à mes questions ou que personne ne me donnait le droit de poser des questions peut-être que les choses seraient différentes. J’aurais choisi une autre religion. Mais en Islam toutes mes questions ont connu des réponses.»

Layène

A l’aube de cette nouvelle vie, Dr Alexander Michel Zito, Ph D en Sciences islamiques, traverse l’Atlantique. Il voyage dans les pays musulmans pour découvrir le Coran. «Mon premier voyage fut la Turquie et ça m’a permis de croire encore que j’ai fait le bon choix.» A Istanbul, il entend l’appel qui bouleverse complètement sa vie. «C’était la première fois que j’entendais l’appel à la prière dans la Grande mosquée d’Istan­bul qui est l’un des plus grands monuments de la civilisation musulmane. Et ça m’a vraiment touché quand j’ai entendu cet appel à la prière : J’ai senti qu’il y avait quelque chose en  moi et quelque chose de vrai».

L’appel à la prière à Istanbul

Ensuite, il s’est rendu au Niger. Il se renforce : «C’est la première fois que j’ai vécu dans une société musulmane. Ce qui est extraordinaire ? Tout ce que les gens disent, riches ou pauvres, ils n’oublient jamais l’expression grâce à Dieu. C’est une chose qui m’a beaucoup touché et m‘a beaucoup marqué aussi chez les musulmans», raconte Alex avec le sourire.

De retour chez lui, Alexander Zito décide de faire des études sur l’islam. Il apprend la vie et l’œuvre du prophète (Psl) et de ses compagnons. Il entreprend la lecture du Coran en anglais. Il lit tout les textes fondamentaux qui lui tombent entre la main.  «Et j’étais comblé», dit-il.

2004. C’est le grand saut. Il débarque à Dakar après avoir fait des recherches sur la pratique religieuse au Sénégal. Il est tombé amoureux de ce pays laïc composé de plus de 90 % de musulmans qui cohabitent naturellement avec les autres minorités religieuses. Il se rend à Yoff. C’est le coup de foudre. «Quand je suis venu au Sénégal en 2004, j’étais enfin préparé à choisir le chemin que j’allais prendre. Ma visite à Yoff layène change tout. La façon dont les gens m’ont accueilli et la façon dont ils me parlaient de leur foi et de leur religion. C’était exceptionnel. C’est là que je me suis enfin décidé d’épouser la religion musulmane.» La communauté layène lui a donné une femme et un enfant. «C’est elle qui m’a appris beaucoup de choses sur la pratique. Et c’est chez les layénes que j’ai fait mes 2 rakkas. C’est comme ça que j’ai commencé à pratiquer et depuis lors je me sens en paix».

Depuis 9 ans, toute sa vie tourne autour de Dieu et de son Prophète. Mais, le jeûne l’a marqué : «J’ai commencé le jeun juste quelques mois après ma conversion à l’islam mais difficilement. Je ne savais pas jeûner à l’époque et j’étais tout seul. Je n’avais pas encore trouvé l’Association des étudiants musulmans (à l’Université de Boston). J’étais seul dans mon coin, je ne savais pas l’heure exacte de la coupure. J’avais lu qu’il fallait attendre jusqu’au moment où on ne peut plus distinguer le fil blanc et le fil noir. Comme j’habitais en pleine ville et j’étais le seul à jeuner, c’était assez inédit. Cela fait déjà 10 ans que je le fais. Je suis devenu croyant et pratiquant dans le sang.» C’est aussi cela le destin des minorités qui doivent tracer leur propre voie. «Nous sommes à la fois libres et contraints à faire notre propre chemin parce que c’est un parcours unique. C’est différent des pays musulmans où tout le monde est en train de jeûner. Vous entendez l’appel à la prière un peu partout. Bref, tu as tout cet encouragement autour de toi. Mais, aux Etats-Unis, il n’y a pas ça : tu as juste ton portable qui sonne pour te dire qu’il est l’heure de la coupure ou pour prier donc. C’est à nous Américains musulmans de nous encourager pour s’en sortir.»

Marié à une Sénégalaise

Familier du Sénégal, Dr Alexan­der Zito parle couramment le français et le wolof. «Ce qui témoigne de mon intérêt pour la culture sénégalaise et mon ouverture aux échanges culturels». Il a enseigné le Wolof à l’Université de Boston et à l’Université de l’Illinois. Aux États-Unis, Dr. Zito a conçu et géré des initiatives nationales visant à promouvoir le pluralisme et l’inclusion parmi les étudiants musulmans américains et alliés au nom du Congrès islamique américain.

Il vit à Washington Dc avec sa femme, Madjiguène Fall et son fils, Robert Bamba. Sa belle-mère dit : «C’est un garçon pieux, responsable. Je ne lui ai pas donné la main de ma fille parce qu’il est Américain. C’est lui qui m’a payé le billet pour aller à la Mecque. Il a réalisé mon rêve…» Et il poursuit son rêve américain.

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