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ALI HAIDAR, ÉCOLOGISTE ET ANCIEN MINISTRE DE L’ENVIRONNEMENT « D’ici deux ans, il n’y aura plus de forêts en Casamance »

 L’écologiste Ali Haidar a tiré la sonnette d’alarme, hier, au cours d’une conférence de presse, affirmant que la région forestière de la Casamance va disparaître d’ici 2018 si rien n’est fait pour limiter son exploitation. À l’origine du mal, des Chinois installés en Gambie, pour reprendre les propos de Haidar, pillent notre pays et y installent le désert.

Ali Haidar a rendu publics un rapport et des images montrant le trafic du bois entre la Gambie et la Casamance. Il s’agit d’un bois précieux utilisé en  Chine pour la fabrication de meubles de   luxe destinés aux nouvelles élites. Les chiffres révélés par le rapport font froid dans le dos. L’étude a révélé qu’il ne reste plus que 30 000 hectares de forêt, aujourd’hui, dans la région forestière de la Casamance. En effet, le taux de coupe a triplé et 10 000 hectares supplémentaires pourraient disparaître d’ici 2018, soit plus de la moitié de la forêt restante, selon l’enquête de Haidar. Dans le village de Médina Yoro Foulah, dans la région de Kolda, à quelques kilomètres de la Gambie et ses villages-entrepôts, le mal est à son comble. Dans ces villages, le rapport démontre que le trafic de bois de ‘’vène’’ a pris un essor inquiétant. Dans ces villages-entrepôts, déclare l’écologiste, « on voit quotidiennement des centaines de charrettes, des centaines de voitures et des camions qui traversent avec soi-disant des autorisations leur permettant de ravager la forêt ». Et par conséquent, des Chinois installés en Gambie pillent et souillent notre pays en y installant le désert. « Si le Nigéria est le premier pays exportateur de bois vers la Chine, la Gambie arrive en deuxième position et se ravitaille au Sénégal par le truchement des Chinois installés en Gambie », alerte-t-il.

1 million d’arbres perdus depuis 2010
Ce n’est pas tout. « Le Sénégal a perdu plus d’un million d’arbres, depuis 2010, tandis que les exploitants basés en Gambie ont empoché près de 140 milliards F Cfa en exportant ce bois vers la Chine où la demande de meubles fait de ce bois a explosé ces dernières années ». Les images aériennes du marché de Saré Bodjo, à un kilomètre à l’intérieur de la Gambie, montrent un dépôt de milliers de troncs de bois de « vène ». « Des Chinois et des lobbies puissants coupent des centaines voire des milliers de troncs,n chaque jour, et les exportent », dénonce l’écologiste. Il ne cache pas son amertume et ses angoisses : « Si les autorités publiques, notamment le Gouvernement sénégalais, ne prennent pas leurs précautions, les conséquences seront irrémédiables. » Car d’après les résultats de son enquête sur le trafic de bois, d’ici à deux ans, il n’aura plus de forêts en Casamance. « La récente augmentation du volume de coupe de bois illégale en destination de la Gambie accélère sa destruction de façon exponentielle, et pourrait conduire à la disparition de la forêt », alerte-t-il. Pis, prévient Haidar, cela aura un effet domino destructeur sur la région et la population locale, pouvant mener à des vagues migratoires d’une ampleur jamais vue jusqu’ici au Sénégal.

Mouhamadou BA

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