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Alifa Gaston, ancien medecin dans les prisons de la DDS : « On me dictait ce que je devais mettre sur les certificats de décès »

  • Date: 15 octobre 2015

La suite de l’audition des témoins marque, depuis plusieurs jours, le procès de Hissein Habré. En effet, les trois témoins entendus, hier, ont prolongé la liste des témoignages à charge contre l’ancien président tchadien. Ancien médecin dans les lieux de détention de la Dds, Alifa Gaston a soutenu qu’on lui dictait ce qu’il devait mettre sur les certificats de décès.

Les témoins qui sont passés à la barre, ces derniers jours, sont tous à charge contre l’accusé. Militaire à la retraite et par ailleurs témoin dans cette affaire, Alifa Gaston s’est présenté comme étant un ancien médecin affecté dans les différents centres de détention de la Dds. « On m’a affecté à la Brigade spéciale d’intervention rapide (Bsir) le 6 mars 1984 en qualité de médecin. On a constaté beaucoup de cas de décès et des maladies. On n’avait pas beaucoup de médicaments pour les personnes malades. C’est la raison pour laquelle plusieurs personnes décédaient paralysées ».

Revenant sur le cas de Saleh Ngaba, nous dit le témoin, il était seul dans une petite cellule sans natte. Il dormait sur du ciment. A en croire le témoin, la cause des morts étaient, entre autres, la malnutrition, la diarrhée, la dysenterie, etc. « On donnait 2 comprimés au lieu de 4 parce qu’il n’y en avait pas assez. Aussi, on avait 4 médecins pour soigner les prisonniers qui étaient dans les différents centres de détention. C’est la présidence qui nous fournissait des médicaments », a-t-il indiqué.

Poursuivant sa déposition, l’ancien médecin de la Dds a déclaré qu’il notait jusqu’à 8 morts par jour. « On me donne la liste des morts et on me dictait ce que je devais mettre sur les certificats de décès. C’est Aboubakar Torbo qui me dictait ce que je devais mettre. J’étais contraint à le faire sinon j’aurais eu des problèmes », a révélé le témoin selon qui, le président Habré venait par surprise dans les lieux de détentions.

Toutefois, il sera, ce matin, à la barre pour la suite de son audition.

Yacoube Haroun Ibrahim : « On a découvert au total 51 morts »

Les témoignages à charge contre l’ancien président tchadien continuent à la barre des Chambres africaines extraordinaires. C’est dans ce cadre que Yacoube Haroun Ibrahim, témoin et partie civile dans ce dossier, a raconté l’horreur qu’ont subi des membres de sa famille. « Il y avait 17 personnes tuées parmi lesquelles figuraient mon père. Ces personnes ont été arrêtées dans des endroits différents avant de les exécuter. Les cadavres étaient enterrés dans une fosse commune », a narré le témoin. Avant de poursuivre : « on a aussi exécuté un groupe de 8 personnes dans lequel il y’avait mes deux frères. On les avait regroupé dans une pièce avant de les brûler. On ne voyait que leurs membres supérieurs ». Devant les juges des Chambres africaines extraordinaires, le témoin a indiqué que ce sont des militaires de Hissein Habré qui ont arrêté son père et ses deux frères. Pis, Yacoube Haroun a confirmé que c’est l’ancien président tchadien qui a donné les ordres d’exécuter. Dans sa déposition, il a fait état de 24 cadavres découverts au pied d’une montagne. « On nous a informé de l’existence de ces corps. Lorsque nous nous sommes rendus sur les lieux, on a vu ces 24 corps qui étaient en dépérissement. C’est ainsi qu’on a procédé à leur enterrement », a dit le témoin selon qui, ils ont aussi découvert l’existence de deux autres cadavres nus. Il faut dire que le témoin a compté au total 51 cadavres. Interpellé sur les raisons d’arrestation des membres sa famille, Yacoube Haroun rétorque : « j’étais présent lors de l’arrestation de mon père. J’avais juste 23 ans. Le motif de son arrestation, selon moi, est parce qu’il était de l’ethnie Zahawa. Mais, Hissein Habré seul peut vous dire la raison de l’arrestation de ces derniers ».

Fatimé Hachim Saleh : « Habré rendra compte devant Dieu »

Mais auparavant, la Chambre a procédé à la suite de l’audition de Fatimé Hachim Saleh. Cette dernière a révélé que, lorsque Hissein Habré a perdu le pouvoir et qu’il a pris la fuite, on avait mis sur pied un marché qui s’appelle « Hissein a fui ». Faisant un rapprochement avec le silence de l’accusé devant les Chambres, le témoin a soutenu que « Habré a peur ». Toutefois, Fatimé Hachim Saleh a demandé à la Chambre de lui infliger une lourde peine. Parce qu’il (Habré) lui a privé son mari et son enfant. Par ailleurs, elle explique : « Je garde un mauvais souvenir lorsqu’on parle de mon mari. On a vécu de bons moments jusqu’à ce que Hissein Habré nous séparent. A chaque fois que je vois une personne morte, je pense à mon mari. Je n’ai jamais eu l’occasion d’organiser ses funérailles ». C’est la raison pour laquelle, il a invité Hissein Habré à venir devant le prétoire pour dire pourquoi il l’a séparée de son mari. « Il doit le faire maintenant à la barre. Parce qu’il rendra compte devant Dieu le jour de la résurrection », a-t-elle conclu.

Cheikh Moussa SARR

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