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Aliou NIang

Ex-agent de la Sénélec, entreprise qu’il dit avoir quittée en 1998 pour convenance personnelle, Aliou Niang a été aussi directeur technique de l’agence sénégalaise d’électrification rurale (Aser) pendant deux ans. Ce, avant l’alternance. Nommé à la tête de cette agence en 2001, le désormais ex-Dg de l’Aser dit être blanc comme neige. Malgré une gestion décriée par certains de ses collaborateurs et une visite de la Cour des comptes. Pour, sans doute, se faire une religion sur la gestion de celui que ses frères libéraux taxent de pro Macky Sall.

Certains de vos frères libéraux vous collent l’étiquette de pro-Macky. Un motif valable pour vous débarquer ?

Je balaie d’un revers de main de telles allégations. Ce qui se passe dans le parti, c’est qu’il n’y a ni «déseckisation, ni démackysation». Cela n’existe pas, nous sommes tous des frères. Moi je suis militant du Pds depuis 1978, parce que j’ai toujours été convaincu par les idées de Me Abdoulaye Wade. Et je ne crois qu’en Wade. Si maintenant Me Wade désigne un responsable pour nous demander de travailler avec lui, je ne peux qu’obtempérer. Wade nous avait demandé de travailler avec Idrissa Eck, puis avec Macky Sall. Seulement, quiconque trahit Abdoulaye Wade, je le lâche. Je ne connais que ma base politique de Pikine. Mais je respecte tout le monde. Je n’ai jamais mis les pieds ni chez Idrissa Seck, ni chez Macky Sall. Je les respecte tous. Mais dans le cadre du Pds, je ne crois qu’en Abdoulaye Wade.

Autrement dit, vous ne vous reprochez rien ?

J’ai, jusqu’à ce jour, un casier judiciaire vierge. Je suis un paysan et j’ai d’ailleurs horreur d’aller à la police. Je ne connais même pas ces choses-là. Je n’ai rien à me reprocher. Dans tous les cas, je reste à la disposition de mes frères militants et garderai toujours la tête haute.

Que ressentez-vous après votre débarquement de l’Aser ?

Je tiens d’abord à remercier le président de la République. Je lui renouvelle mon engagement militant. Ce qui s’est opéré aujourd’hui ( hier), s’inscrit dans l’ordre naturel de la vie des institutions. Ma mission est terminée ici comme j’ai eu à faire une mission à la Sénélec. Je pars donc vers de nouveaux horizons, avec la satisfaction du devoir bien rempli.

Quel bilan tirez-vous de votre passage l’Aser ?

Je pense qu’au niveau de l’Aser, nous avons pu réaliser beaucoup de choses. D’abord, pour ce qui est du cadre institutionnel, nous avons mis en place les textes réglementaires en complément de l’action de mon prédécesseur, Mr Ibrahima Thiam, que je tiens à remercier au passage. Parce que c’est lui qui a créé les instruments d’intervention de l’Aser. Et, en complément, nous avons mis en place le fonds d’électrification qui est un instrument pérenne de financement du développement de l’électrification rurale. Nous avons également œuvré auprès du ministère de l’Economie et des Finances pour que des avantages fiscaux et douaniers soient accordés aux opérateurs privés. Parce qu’il faut retenir que la politique d’électrification rurale est aujourd’hui basée sur le partenariat secteur public/secteur privé. Il faut donc apporter un cadre attractif et réglementaire à ces privés. Cela, nous l’avons également achevé. Mais nous avons pu obtenir aussi beaucoup de financements. Nous avons pu être en osmose avec les bailleurs de fonds qui interviennent dans le développement du Sénégal. C’est ainsi que nous avons obtenu 25 000 000 de dollars de la Banque mondiale, 5 000 000 de dollars du Fonds mondial sur l’environnement, 7 800 000 dollars de l’Union européenne, 14 000 000 de dollars de la Banque africaine de développement, 7 920 000 de dollars obtenus de la Coopération financière allemande et 15 000 000 de dollars de la Coopération financière indienne. Donc, je quitte l’Aser en laissant un pactole obtenu auprès des partenaires au développement, d’un montant total de 107 000 000 de dollars, soit 57 milliards de Fcfa. C’est dire qu’en matière de mobilisation des financements, nous avons agi trop vite, parce que nous avons compris que nous travaillons pour un homme pressé. Et, sans prétendre être à sa hauteur, nous devons pouvoir évoluer à son rythme. Cela, toute l’équipe de l’Aser, en parfaite osmose, a vraiment agi dans ce sens auprès des partenaires au développement. J’ajoute que nous avons en cours de finalisation, la négociation de 60 000 000 de dollars, dont 36 sont déjà acquis, dans la mesure où le dossier de l’Aser va passer au Conseil d’administration des institutions sollicitées le 04 octobre prochain.

Un devoir accompli en termes de recherche de financements, si l’on se fie aux chiffres que vous avancez, sauf que votre gestion a été décriée par certains de vos collaborateurs. Ce qui vous a valu une visite de la Cour des comptes…

En tout cas, en matière de recherche de financements, je quitte l’Aser avec le sentiment du devoir accompli. En matière d’électrification, avec l’énergie conventionnelle, nous avons électrifié des centaines de villages. Rien qu’avec le programme solaire, nous avons électrifié 197 villages, 163 villages pour le volet énergie conventionnelle. A l’heure actuelle, nous avons 32 villages en cours d’électrification. Et quand tout cela sera terminé, nous aurons environ 200 villages électrifiés. L’Etat a fait des efforts colossaux en prélevant sur son budget personnel l’équivalant de presque 11 milliards de 2000 à aujourd’hui.

Et votre gestion qualifiée de nébuleuse par certains de vos collaborateurs ?

Je précise que le contrôle de l’Etat n’est jamais venu au niveau de l’Aser. Des éléments de la Cour de vérification des comptes étaient venus. Ils ont arrêté leur mission parce que le chef de mission avait été nommé par Issa Mbaye Samb au ministère de la Santé. Depuis lors, aucun organe de l’Etat n’est venu à l’Aser.

On vous reproche le recrutement d’un personnel fictif, avec des salaires exorbitants dont bénéficierait votre clientèle politique. Que répondez-vous à tout cela ?

La Cour des comptes, c’était il y a plus d’un an. Ceux qui véhiculent ces genres d’informations, ne racontent que le contenu de leur imagination. Le personnel de l’Aser est composé de cadres hautement qualifiés. Pour les recrutements, j’ai sélectionné un cabinet anglais qui s’appelle It Power, basé en Angleterre et qui a recruté le personnel cadre de l’Aser. Et chaque fois que nous partons à la Banque mondiale, quand les cadres de l’Aser prennent la parole, je me sens très honoré. Parce que dès qu’ils interviennent, les experts avec lesquels nous travaillons se lèvent pour les féliciter ou me dire que nos cadres sont qualifiés. Et cela me réjouit et me réconforte. Au niveau de l’Aser, c’est la compétence qui prime. Il faut que les gens le sachent. Sur un autre plan, je suis politicien, militant du Parti démocratique sénégalais. On m’a nommé directeur général de l’Aser pour faire en sorte que les militants qui ont servi le parti puissent assurer le gardiennage ou faire le nettoyage comme des prestations extérieures.

Vous voulez dire qu’une société nationale comme l’Aser doit être une sorte de vache laitière pour les militants ?

Non, ils ne sont même pas des employés de l’Aser. Il ne s’agit pas d’embauches. Et je précise qu’il ne s’agissait que de prestations extérieures.

Vous soupçonnez une main derrière toutes ces accusations portées contre vous ? Ce sont peut-être vos frères de parti qui vous accusent ?

C’est clair que quand on m’a nommé ici, mes amis étaient contents, mes ennemis, certainement non. Cela ne me gêne pas. L’important pour moi, c’est que personne ne me verra tomber dans des querelles de bas étage. J’ai rempli une mission à la Sénélec, que j’ai quittée par convenance personnelle en 1998. Ma mission vient de prendre fin à l’Aser et je me bats pour aller vers d’autres horizons.


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