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Alioune Tine sauvé de la garde-à-vue par le ministre de la Justice

Le secrétaire exécutif de la Rencontre Africaine des droits de l’homme, Alioune Tine, a échappé de peu à la garde-à-vue lors de la découverte, dans les locaux de son organisation, d’armes. C’est le ministre de la Justice, Cheikh Tidiane Sy, qui a ordonné qu’il soit relâché alors que le procureur avait déjà donné l’ordre de le garder à vue. L’information a été donnée, hier, par le procureur général, Mandiogou Ndiaye, qui avait à ses côtés Ousmane Diagne, le chef du parquet de Dakar.

Source : L’Observateur

Après une audition au commissariat du Point E puis de Dieuppeul, Alioune Tine a été entendu, avant-hier, par le commissaire Modou Diagne de la Sûreté urbaine. Le procès-verbal de son audition a été transmis au procureur de la République. Hier, lors d’une conférence de presse tenue au Bloc des Madeleines, le procureur général près la Cour d’appel, Mandiogou Ndiaye et le procureur de la République près le Tribunal régional hors classe de Dakar, Ousmane Diagne, sont revenus sur cette affaire. «Les faits sont simples. À l’occasion des obsèques de feu Me Babacar Niang, un officier de police judiciaire en civile a sollicité les toilettes de la Raddho. Une fois à l’intérieur, il est tombé sur des armes. Immédiatement, il a informé son supérieur hiérarchique. Le procureur, mis au courant, a ordonné qu’il soit immédiatement arrêté, entendu et gardé à vue. Qu’est-ce qu’il y a de scandaleux dans cette affaire. Ce qui le serait c’est qu’on soit mis au courant et qu’on se garde de faire quoi que ce soit», note le procureur général. «Les fusils trouvés sur place sont de véritables armes de guerre. Il s’agit de 10 mitraillettes, 06 fusils lance-grenade et 04 mas 36. Jusqu’à présent, nous n’avons pas la preuve que ces armes ne fonctionnent pas. Je dois à la vérité de dire que nous avions déjà donné l’instruction d’entendre Alioune Tine et de le garder à vue jusqu’à ce qu’on tire cette affaire au clair. La police a commencé à l’auditionner d’abord au commissariat du Point E. Il y a eu une coupure de courant et il a été transféré à Dieuppeul. C’est alors qu’il était là-bas que le ministre de la Justice, informé, a demandé qu’on le laisse assister aux obsèques de Me Babacar Niang et qu’on le convoque pour un autre jour. D’où son audition d’avant-hier par la Sûreté urbaine», ajoute le procureur général qui déplore qu’on veuille «politiser un dossier bassement judiciaire». «Alioune Tine n’a pas été le seul à être entendu dans ce dossier. Pourquoi on ne s’offusque que de son audition ? Être le secrétaire exécutif confère un statut et non une impunité. La lettre qui lui donne des armes ne vaut pas autorisation de port d’armes». Le procureur Ousmane Diagne de renchérir : «On a réclamé des comptes à Alioune Tine après la découverte des armes. Si c’était chez moi qu’on l’eût découvert, on me l’aurait réclamé. Tout dépend maintenant de ce qu’il nous a donné et qui est consigné dans le Procès-verbal de son audition. Si cela nous satisfait, on classe le dossier sans suite. Sinon, on fera tout ce qui sera nécessaire de faire».

Alex et compagnie dans de sales draps

Le dossier des compagnons de feu Abatalib Samb alias Ino était également au centre des discussions lors de la conférence de presse. «Dans le courant de l’année 1996 et jusqu’en 2000, plusieurs bandes de malfaiteurs écumaient les populations dans différentes régions. Les malfaiteurs n’hésitaient pas d’user de leurs armes, laissant des cadavres derrière eux. Beaucoup de femmes ont été violées par eux. C’est ainsi que plusieurs informations ont été ouvertes dans différentes localités. Plusieurs juges d’instruction saisis. Pour une bonne administration de la justice, la jonction des dossiers a été ordonnée et le doyen des juges chargé du nouveau dossier qui concernait 81 accusés. Dès lors, la procédure ne pouvait pas être rapide si l’on veut respecter scrupuleusement les droits de la défense», soutient le procureur. «Il fallait procéder aux enquêtes de personnalité sous peine de nullité de la procédure. Et cela ne pouvait se faire tant que l’itinéraire des accusés n’a pas été retracé. Aussi, dans le dossier, il y avait un mineur et certains accusés sont morts entre temps. Il fallait faire une disjonction pour le mineur afin qu’il soit jugé par le tribunal compétent et réactualiser la procédure en y extirpant ceux qui sont morts parce que l’action publique est éteinte pour eux. C’est tout cela qui a fait que la procédure a duré. Mais tout est terminé maintenant. Nous avons fait le réquisitoire définitif le 11 juillet dernier».

11 trafiquants de cocaïne à Rebeuss

Sur l’affaire de la cocaïne découverte par la gendarmerie à Mbour, le procureur a informé que la procédure suit son cours. Après les personnes arrêtées à Mbour, d’autres l’ont été à Dakar. «Le juge d’instruction de Thiès s’est dessaisi au profit de son homologue de Dakar. L’audition nous a permis d’identifier un grand parrain colombien qui détient le plus grand réseau de trafic de drogue en Afrique. La drogue devait transiter ici. Elle n’était pas destinée au marché local. Nous saluons le professionnalisme de nos forces de sécurité. Nos investigations nous ont également permis d’identifier une société dont la maison-mère se trouve en Guinée Conakry avec des filières au Sénégal et dans la sous-région. Ces sociétés sont en fait créées pour servir l’argent issu de la vente de la drogue. L’enquête se poursuit. Interpol a été mis au courant et le juge d’instruction du 5e cabinet saisi. Il a inculpé et placé sous mandat de dépôt 11 personnes pour association de malfaiteurs, trafic international de drogue, infraction à la législation des étrangers, blanchiment d’arment, faux et usage de faux en écritures privées. Une information contre X est également ouverte pour rechercher et arrêter tous ceux qui sont de près ou de loin mêlés à ce trafic de cocaïne. Une délégation judiciaire a été donnée à la section de recherche de la gendarmerie nationale».


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