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ALIOUNE TINE SUR LA CRISE A L’HEMICYCLE «La stabilité du pays est gravement menacée»

  • Date: 4 novembre 2015

Alerte rouge. La crise à l’Assemblée nationale menace gravement la stabilité du pays. C’est la mise en garde faite par le nouveau directeur d’Amnesty international pour l’Afrique de l’Ouest et du centre, Alioune Tine, dans sa page Facebook.

Le président Macky Sall a intérêt à étouffer dans l’śuf la crise parlementaire qui couve au sein de l’Hémicycle. Car selon l’ex-président de la Raddho, ce qui se passe à l’Assemblée nationale suscite non seulement des inquiétudes mais fait craindre le pire voire l’irréparable. En réalité cette crise menace la paix sociale du pays, a écrit Alioune Tine dans sa page Facebook rappelant que toutes les graves crises qui ont rudement menacé la stabilité du Sénégal proviennent de l’Assemblée nationale. Ce constat témoigne, selon l’ancien président du Comité sénégalais des droits de l’Homme, d’un rappel de faits historiques de la crise de décembre 1962 qui a pratiquement abouti à un changement de régime. «Nous sommes passés d’un régime hyper présidentialiste à un régime du parti unique de 1966 à 1974. Une évolution qui avait donné une Assemblée pluraliste en 1978 avec 18 députés à l’Assemblée nationale», peut-on lire sur sa page Facebook. La deuxième grave crise, se souvient-il, est le 23 juin 2011. Il s’agit, dit-il, du rejet profond du projet de 3ème mandat (d’Abdoulaye Wade: ndlr) mais aussi d’un modèle parlementaire et de députés qui ont tourné le dos délibérément à la volonté du peuple. Seulement fait savoir Tine, la différence entre la crise de 62 et celle du 23 juin, c’est qu’après le 23 juin, il n’y a eu aucune réforme structurelle prenant acte d’un désir profond de changement fortement exprimé. Et cela, dit-il, en dépit de l’existence des conclusions des assises qui pouvaient constituer une bonne base pour un dialogue qui pouvait aboutir à des réformes consensuelles sur des réformes modernisant nos institutions politiques, démocratiques et de gouvernance.
A son avis, nous sommes rattrapés par l’histoire en assistant en direct et de manière scandaleuse et parodique à la décomposition de l’Institution parlementaire. «Ceux qui invoquent les textes et les règlements ne se rendent pas compte que des textes et des règlements qui transforment une Assemblée nationale en arène où les gens se battent, ne sont pas bons et qu’il faut les changer», suggère-t-il. Non sans souligner que l’image qu’offre notre Assemblée nationale est peu reluisante. C’est à la limite une honte pour le Sénégal, dira-t-il avec nervosité. En tant que crise politique institutionnelle, l’ancien président de la Raddho invite les acteurs politiques à résoudre cette crise parlementaire  par un dialogue sincère, serein et responsable. Mais il semblerait selon Alioune Tine qu’on est déjà à terre et qu’on vient d’atteindre la ligne rouge. «Cette institution est à terre. Et quand on est à terre, on ne peut plus tomber». En d’autres termes, Tine estime que e l’heure des réformes structurelles de nos institutions politiques, démocratiques a sonné.

Mouhamadou BA

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