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ALIOUNE TINE SUR LE TERRORISME- « Notre problème, c’est la non maitrise de l’éducation islamique » (Audio)

 Le Directeur d’Amnesty international pour l’Afrique de l’Ouest et du centre, Alioune Tine, a été, ce samedi, l’invité du Grand Oral. Devant les journalistes, Fatou Thiam Ngom Kane et Youssoufa Mané sur la 97.5 (Rewmi FM), Alioune Tine s’est prononcé sur la question du terrorisme, entre autres sujets d’actualité.

« Je pense qu’aujourd’hui la plus grande menace qui pèse sur les États, sur la démocratie et sur les espaces publics (…) c’est une des questions de fond parce que le problème n’est plus un problème de pays car c’est le Nigeria qui a été le plus affecté depuis les années 2009. Cependant, pour cette année 2015, on peut compter plus de 15.000 morts au Nigeria. Il y a également beaucoup de victimes au Cameroun, au Niger, au Tchad et récemment au Burkina Faso et bien sûr depuis les années 2012, le Mali qui a failli être occupé. Je pense qu’il faut qu’on s’interroge pour voir qui sont ces nouveaux acteurs. Quelle est leur idéologie, quel est le ressort de leurs actions. Généralement, ils s’appuient sur l’Islam et le Coran. Et quand ils s’appuient sur l’Islam et le Coran,  ce qu’on constate à l’exception de ceux qui partagent leur idéologie, quand même une idéologie messianique, une idéologie eschatologique, cela veut dire qu’ils constatent que le monde dans lequel nous sommes en train de vivre est un monde qui est pourri, gangréné par la corruption et c’est un monde qui doit disparaitre. Franchement, une vision apocalyptique du monde actuel et ce sont des gens qui sont préparés psychologiquement et idéologiquement aussi, qui sont préparés sur le plan spirituel. Parce qu’on parle d’eschatologie, c’est une idéologie de la fin du monde et l’avènement d’un nouveau monde. Donc, toute la théorie du Mahdi ».

Les moyens pour combattre ce fléau

« Le paradoxe, c’est cette radicalité, cette violence qui est exhibée, qui est sans concession également et qui est un moyen de recrutement des gens qui sont radicalisés. Maintenant, il faut aussi connaître l’itinéraire de la plupart des gens qu’on recrute et qui sont prêts à donner leur vie pour cet idéal. De mon point de vue, regardez comment ils considèrent les autres. Ce que j’appelle la guerre du sens si on ne le réalise pas, on ne peut pas déconstruire cette idéologie et armer les jeunes et trouver également les moyens de le combattre. Parce que le combat idéologique n’est pas mené. Un des premiers problèmes que nous avons c’est la non maîtrise de l’éducation islamique. Quels sont les gens qui viennent ici pour enseigner l’Islam surtout ceux qui viennent de l’extérieur. Quels sont les gens qui viennent ici pour financer les mosquées, etc. Il me semble que si on ne le maîtrise pas, on va nous amener un enseignement de l’Islam qui est un peu différent du nôtre. L’Islam est une religion de la raison mais, on l’oublie très souvent ».

 Cheikh Moussa Sarr

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