Confidences

Alpha Ousmane Aw, coordonnateur des cadres de la Ld- le PSE va au-delà de l’économie

  • Date: 4 novembre 2015

La rébellion des députés de l’opposition fidèles à Abdoulaye Wade secoue l’Assemblée nationale. C’est une crise institutionnelle, selon le coordonnateur des cadres de la Ligue démocratique par ailleurs directeur administratif et financier de l’Asepex. Dans cet entretien, Alpha Ousmane Aw revient sur l’actualité de la Ld, mais aussi ses rapports avec Benno bokk yaakaar.

Monsieur Aw, comment se porte la Ligue démocratique ?

Elle se porte à merveille. C’est un parti qui est là depuis 1972. Il continue à marquer la population sénégalaise de par son dynamisme et par sa façon de faire la politique. Elle fait la politique autrement (Il insiste). Bien sûr, elle peut rencontrer des difficultés. On peut avoir des gens qui sont frustrés qui vont voir ailleurs. Mais jusqu’à présent, la Ld n’a pas été victime de scission. Même si, par le passé, il y a eu le départ de Mbaye Diack que nous regrettons. Il n’y a pas que lui. J’en profite d’ailleurs pour lancer un appel à tous ceux qui sont partis pour qu’ils reviennent à la maison. Sinon, la Ld se porte bien.

Les partis de Gauche sont victimes du vieillissement de la base militante. Les jeunes se détournent de plus en plus d’eux. La moyenne d’âge estelle aussi élevée à la Ld ?

Je fais mien un adage du Pr Assane Seck, quand les jeunes socialistes parlaient d’alternance générationnelle. Il leur répondait : «Jeune aujourd’hui, baron demain.» C’est une continuité. Cela ne doit pas être un cloisonnement entre les jeunes, les vieux ou les étudiants, etc. Un parti est structuré sur tous les âges.

Je ne suis pas convaincu que l’âge est un critère déterminant de dynamisme d’un parti politique. Nous avons un leader, Mamadou Ndoye, qui est très dynamique. Vous avez écho de ses interventions. Il anime beaucoup de conférences. Il est consultant international. On ne peut pas avoir mieux. Je suis jeune et je suis le responsable des cadres.

Malgré votre participation au gouvernement, votre leader est souvent très critique à l’égard du pouvoir. Comment expliquez-vous cela ?

Notre leader n’a jamais été très dur à l’endroit du gouvernement ou de la mouvance présidentielle. C’est un travail d’équipe. Les gens peuvent avoir des divergences de points de vue. Cela arrive dans une famille, dans une société, dans une coalition, etc. Avoir une divergence de points de vue ne veut pas dire qu’on est en train de saboter. On veut construire et dire ce qu’on pense, montrer la bonne direction. On peut avoir raison ou tort, puisqu’on est en politique. Toujours est-il qu’il faut avoir le courage de le dire. Certes, il y a la manière.

C’est ce qu’on est en train de voir. Benno bokk yaakaar a pris du temps pour s’organiser. La mayonnaise est en train de prendre. Les structures vont être bientôt élaborées. Depuis quelque temps, vous n’entendez pas notre leader dire des choses acerbes à l’endroit du gouvernement.

Allez-vous toujours garder votre posture de faiseur de roi en restant dans Benno Siggil Senegaal ouBenno bokk yaakaar ?

Le dire, c’est faire un mauvais procès à la Ld et pratiquement aux autres partis. On est dans un pays où il y a plus de 250 partis politiques. Il y a un seul président de la République. Il n’y en aura pas deux. Et il sera issu d’un seul parti politique. Est-ce à dire que tous les autres partis sont des faiseurs de roi, à l’exception de celui du président de la République ? Je suis désolé ! C’est une compétition.

Quand il y a un gagnant, soit on s’oppose, ou on l’accompagne parce qu’on est d’accord avec son programme. Nous faisons partie de ceux qui pensent que le programme est bon, parce que nous avons vécu des choses avec le Parti démocratique sénégalais. Nous avions eu la même attitude quand il s’agissait d’enlever le Parti socialiste. Nos militants et sympathisants comprennent bien que l’objectif de la Gauche est la transformation de la société. Si l’on peut le faire en accompagnant le Président Macky Sall, tant mieux.

Conquérir le pouvoir est un des objectifs d’un parti politique. A défaut de cela, faut-il rester à la maison à jeter des pierres à ceux qui font du bon travail ? Ce n’est pas notre compréhension de la chose. Certes, un jour viendra où la population dira qu’elle va essayer la Gauche.

Pour gagner, il faut un candidat. Peut-on s’attendre à un candidat de la Ld à la prochaine élection présidentielle, en dehors de Benno bokk yaakaar ?

Ce n’est pas du tout à l’ordre du jour. Nous sommes dans une dynamique. Nous étions un véritable acteur de la première alternance. Notre Secrétaire général, Abdoulaye Bathily, avait par la suite demandé pardon au Peuple sénégalais. Pour battre Wade, il fallait être unis. C’est cette même dynamique qui nous a conduits dans Benno bokk yaakaar. Est-ce qu’il faudrait, parce qu’on veut juste être Président, sortir de cette coalition ?

C’est une équipe qui changera le Sénégal et elle est en train de bien travailler. L’objectif de la Ld est la réussite de la deuxième alternance, parce qu’on ne voudrait pas présenter des excuses demain. Il y a un résultat positif. On a pris du temps pour se comprendre. La machine Benno bokk yaakar est en marche et fait peur à l’opposition. Il a un secrétaire permanent qui se réunit régulièrement et qui rend compte aux leaders.

Nous voulons que cette machine atteigne son deuxième objectif, qui est de porter le Pse en 2035 et de porter son leader à l’élection présidentielle et de gagner. 2017 ou 2019, le référendum va nous le dire. En tout cas, Benno bokk yaakaar est prêt pour la remporter.

Vous préparez une conférence où il sera questions de Pse, des Assises nationales, d’Assises de la Gauche et de Réformes institutionnelles. Pourquoi avez-vous choisi une telle thèmatique ?

La Cdc (Coordination des cadres) fait toujours des conférences qui éclairent les enjeux politiques, économiques et sociaux. Donc, c’est une tradition. Cette conférence est assez spécifique, vu le contexte. Nous avons un président de la République qui s’évertue à faire des efforts pour que le Sénégal avance. C’est dans ce cadre qu’il a initié le plan Sénégal émergent. Normalement, dans l’entendement de Benno bokk yaakaar, ce plan devrait être un idéal commun.

Si vous le comparez aux autres comme le Document stratégique de réduction de la pauvreté, le plan Sénégal émergent a bénéficié de plus de marketing. Donc, on peut considérer que l’objectif du président de la République est que les Sénégalais s’approprient le Pse. Puisque nous faisons partie de la mouvance présidentielle, il est de notre devoir d’éclairer nos militants et la société sur les enjeux politiques, économiques et sociaux de ce plan. Vous avez une thématique qui parle de : «Pse, assises nationales assises nationales, réformes institutionnelles : quelle projet de société pour un développement durable du Sénégal ?»

En réalité, nous ne cherchons pas à comparer le Pse au Assises nationales. Ce ne sont pas des éléments à comparer, mais nous voulons faire une sorte de regards croisés, parce que la Ld a véritablement des documents de référence. Nous étions partie prenante des Assises nationales. Quant aux réformes institutionnelles, nous avons accompagné la Commission nationale de réforme que dirigeait Amadou Makhtar Mbow.

Les Assises de la Gauche, c’est nous. Il faudrait bien regarder si ses références ont été bien prises en compte par le plan Sénégal émergent. Nous pensons qu’une partie a été prise en compte, une autre non. Il faudrait voir comment améliorer ce plan qui, encore une fois, n’est pas celui du Président Macky Sall, mais de tous les Sénégalais.

Est-ce que ce n’est pas tardif de chercher à amener vos militants à s’approprier le plan Sénégal émergent ?

Du tout! Le Pse a été initié en 2014. Il a pour horizon 2035. A l’instar des plans qui ont été érigés dans les pays en voie de développement comme la Malaisie, ce plan est venu à son heure. Nous voulons que nos militants se l’approprient parce qu’ils vont subir la mise en œuvre, qu’elle soit positive ou négative. Nous devons veiller à ce que ça soit positif. Que les réalisations soient faites à temps. Donc, il est important que les Sénégalais connaissent ce plan.

Certains disent que le plan Sénégal émergent n’est pas ambitieux, car le taux de croissance de 7% visé d’ici 2017 est faible. Qu’en pensez-vous ?

Qui dit cela ? Si c’est l’opposition, il faut voir qu’elle n’a pas une maturité responsable. Avant de critiquer un plan, il faut le creuser, se documenter. A mon avis, ce plan dépasse l’ambition. Il m’est arrivé de scinder cette ambition en plusieurs plans : Pse 1, Pse 2, Pse3, etc. Parce que tout ce qui a été considéré d’ici 2035 est colossal. Si ça se réalise, le Sénégal sera forcément émergent. Mais il faut qu’il y ait cette hypothèse, «si et seulement si…».

C’est-à-dire qu’il faut mettre les moyens pour sa mise en œuvre. C’est pourquoi vous avez un ministère en charge du suivi du Pse. Peut-être y aura-t-il un peu de retard dans les réalisations, en fonction des cours mondiaux. C’est possible. Si tout se réalise à temps, les populations vont être soulagées. Toutefois, quand vous semez, il faut un temps pour récolter. C’est vrai que les besoins sont pressants. Mais il faudra donner le temps pour que les choses se fassent à court terme.

En parlant de Pse 1, Pse 2 ou 3, avez-vous pensé aux Assises nationales qui avaient recommandé aux parties prenantes de considérer le premier quinquennat après Abdoulaye Wade comme celui du redressement ?

Absolument ! Mais il faut comprendre qu’il ne s’agit pas d’une comparaison. Les Assises nationales, les Assises de la Gauche ou les réformes institutionnelles sont des outils qu’on doit utiliser pour réaliser le Pse. Il y a des profanes qui pensent que le Pse est purement économique. Mais il va au-delà de ça. L’axe 3 du Pse parle de gouvernance, paix et de sécurité. La bonne gouvernance renvoie à la bonne marche des institutions, en résumé.

Les Assises nationales s’étaient focalisées sur la réforme des institutions. Il y a énormément de choses à prendre en compte dans ces réformes, sans pour autant changer la structuration du régime. Je pense qu’on a expérimenté un régime parlementaire. Ça n’avait pas marché avec la dualité Senghor-Dia. Les personnes qui ont vécu cette période ont été traumatisées. Donc, ce n’est pas, peut-être, pertinent de revenir à un régime parlementaire. On a un régime où le président de la République décide de tout, mène la politique de la Nation.

Maintenant, il faut réfléchir sur comment améliorer les autres pouvoirs, judiciaire et législatif. Les Assises nationales ont insisté sur ce point-là. La justice est le soubassement de la démocratie. Point de justice, point de démocratie ! Les acteurs des Assises nationales et la Cnri ont fait un travail de fond. Ils ont impliqué tout le monde. On ne peut mettre de côté ce travail-là. Le référendum de 2016 ne peut pas uniquement contenir la question de la réduction du mandat du président de la République.

Il doit nous aider à régler tous nos problèmes d’instabilité institutionnelle. On a une stabilité institutionnelle du fait du tripatouillage de la Constitution et de façon permanente. Le Président actuel n’est pas dans cette logique, mais il doit être dans celle de mettre en place des fondamentaux politiques pour que le Sénégal soit émergent.

Depuis 2012, les réformes ne se font pas à un rythme qui satisfait la Ld. Selon-vous, qu’est-ce qui bloque le processus ?

Il y a un temps de latence qu’il faut observer. On ne réforme pas pour réformer. Le Président a donné des instructions pour que la Cnri fasse son travail. Elle a donné les éléments qu’il faut au président de la République. C’est à ce dernier de voir ceux qu’il peut utiliser et travailler avec, pour rendre le Sénégal meilleur en termes de stabilité institutionnelle. Nous sommes là pour l’accompagner. De mon point de vue, ça va être pérenne.

Cet accompagnement va aller au-delà de l’élection présidentielle. Mais il faudrait qu’il pense à l’empressement de la population, mais aussi à cette instabilité institutionnelle et de corriger avant qu’on aille à des élections. Aujourd’hui, la crise qui sévit à l’Assemblée nationale est institutionnelle, même si ça a été créé par un groupuscule de l’opposition. Mais il se heurte au Règlement intérieur. Le Président Moustapha Niasse, qui est très Senghorien, se focalise sur les textes.

Regardons les textes, maintenant. Est-ce qu’ils ne doivent pas être revisités. C’est une question qu’il faut se poser. Pour moi, la réforme institutionnelle est immense. Les réformes institutionnelles sont des piliers du plan Sénégal émergent sans lesquels on ne peut travailler sur l’économie, des projets qu’une instabilité viendra détruire.

Le quotidien

Comments are closed.

Numéros Utiles

Indicatif Sénégal (de l’étranger) :

221

Renseignements :

12 12

Horloge parlante :

15

Aéroport :

33 869 50 50 / 33 628 10 10

Sénélec (dépannage) :

33 867 31 00

Sénélec (délestage BCC) :

33 839 94 35

SDE (dépannage) :

800 11 11

Sonatel (dérangement) :

13

Hotline Orange :

41 41

Commissariat Central :

33 823 25 29 / 33 823 71 49

Gendarmerie num vert :

800 20 20

SOS MEDECINS :

33 889 15 15

SUMA ASSITANCE :

33 824 24 18 / 33 824 60 30

POMPIERS :

33 823 03 50

Centre anti poison :

818 00 15 15