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Amadou Gaye, président de la Fnbs « La grève de certains boulangers ne concerne nullement la  fédération ».

Le Président de la Fédération nationale des Boulangers du Sénégal (FNBS), Amadou Gaye, dans une interview qu’il nous a accordée, s’est prononcé sur le préavis de grève du Regroupement des boulangers du  Sénégal. Il est  aussi revenu sur la tenue des assises de la boulangerie pour organiser ce secteur.

Le Regroupement des Boulangers du Sénégal menace d’aller en grève dans les prochains jours, jugeant cher le prix du sac de farine.  Qu’en est-t-il  de cette situation ?  

Le  problème, c’est ce que  nous sommes des boulangers. Nous avons  subi un dérèglement du prix de la farine au niveau du Sénégal. Ce dérèglement a fait que nous sentons comme si le prix de la farine a augmenté. C’est pourquoi des boulangers ont décidé aller en grève. Ils ont le droit d’aller en grève parce qu’ils sentent avoir des problèmes. Nous sommes aussi des boulangers et nous avons les mêmes problèmes qu’eux. Mais la Fédération nationale des  boulangers du Sénégal est responsable. Nous avons notre manière de  régler ces problèmes-là. Notre manière, c’est la négociation avec l’Etat  et les meuniers. C’est ce que nous sommes en train de faire depuis des mois. Depuis le mois de Ramadan, on négocie avec ces derniers pour  leur dire que nous voulons non seulement la baisse du prix de la farine,  mais surtout l’organisation du secteur. Même si la farine coûte 10000 FCFA et si le secteur n’est pas organisé, on aura toujours les mêmes problèmes. De toute façon, le pain va exister. En tant que responsable, nous  sommes une Fédération nationale, le problème qui se trouve à Dakar n’est pas le même à Sédhiou ou ailleurs. Nous, nous allons régler la situation de manière nationale. Au moment où je vous parle,  d’après des échos que j’ai, les boulangers demandent la continuation des négociations. Le 26 octobre, ils vont décider de ce qu’ils vont faire.  Le mouvement de grève de certains boulangers ne concerne nullement la Fédération nationale des boulangers du Sénégal. Nous  avons notre plan d’action à suivre et le moment opportun, nous allons  le dévoiler aux Sénégalais. Il sera pour l’intérêt du consommateur et  du boulanger. Nous ne pouvons plus continuer à fermer nos boulangeries et à avoir des problèmes.

Justement, comment comptez-vous faire pour organiser votre secteur ?

Nous avons demandé l’Etat, à travers le Ministère du Commerce, qu’on organise les assises de la boulangerie, du 27 au 28 novembre  2017. Elles seront organisées par le Ministère du Commerce et la Fédération nationale des boulangers du Sénégal. Avec les assises, on va parler de  tout, de la minoterie, du prix de la farine et du pain, de  l’hygiène et de l’ouverture des boulangeries. Les gens ouvrent des boulangeries n’importe comment. Nous avons donné à l’Etat des documents techniques pour résoudre ce problème. Avant cette date,  nous allons organiser une réunion le 26 octobre et toutes les régions seront représentées pour que chacun puisse parler des problèmes et des décisions à prendre. Nous allons convoquer tous les boulangers du Sénégal pour leur demander de se joindre à nous pour qu’ensemble, nous décidions de  ce qu’on va faire après. Je ne sais pas ce qui  peut  arriver, de toute  façon, tous les boulangers  du Sénégal seront là  pour parler des problèmes, parce que les problèmes de Tamba sont différents de ceux d’une autre région. Nous allons leur  parler de toutes les négociations que nous sommes en train de mener  avec le Ministère du Commerce. Je crois que ces négociations pourront aboutir à quelque chose de positif. Donc je suis optimiste.  Maintenant, il faut convoquer les boulangers pour leur dire que nous avons entendu vos problèmes et nous sommes en train de les  résoudre. Nous ne pouvons pas prendre en otage les consommateurs, nous sommes des responsables.  En tant que président,  je donne une direction, mais si la majorité  donne la voie à suivre, je serai obligé de suivre en assumant toutes les conséquences après.

Où en êtes-vous avec le projet d’incorporation des farines de  céréales  locales  dans  la panification  et  les  viennoiseries que  vous aviez lancé il y a quelques années ?

Ce  projet  est dans la bonne voie  et  nous allons bientôt arriver dans  la phase de généralisation pour que tout le monde puisse en bénéficier. Aujourd’hui, beaucoup de boulangers sont conscients que  l’avenir du Sénégal, c’est d’incorporer les farines locales dans la  planification. Tous nos bureaux sont remplis de farine de céréales locales. Nous y croyons et allons continuer dans cette voie. Le consommer local, c’est  la voie à suivre pour sauver le secteur de la boulangerie au Sénégal. Il faut que le consommateur puisse entrer  dans une boulangerie et avoir plusieurs choix. C’est pour cela que nous  n’allons pas détruire ce que nous avons construit. Nous avons un projet d’une école de boulangerie et nous sommes dans la formation  des boulangers. Nous voulons que ce secteur soit pris en compte parce qu’il génère plus de 500 milliards de francs.

Propos recueillis par Zachari BADJI

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