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AMETH NDIR (PDS) : « Modou Diagne Fada et Cie doivent se ranger ou quitter le PDS »

Fort de la conviction que la politique n’est pas le nom mais plutôt le nombre, Ameth Ndir invite Modou Diagne Fada et Cie qui, selon lui, ont été mis en minorité, à se ranger. Sinon, dit le responsable libéral de Yenn, ils doivent tout simplement dégager. Le Nouveau Secrétaire national adjoint chargé de l’Economie maritime a, par ailleurs, diagnostiqué les maux du secteur de la Pêche, un domaine qu’il connaît bien et surtout qu’il aime, en Lébou bon teint.

Sunuwiki.com : Le PDS a procédé à la réorganisation de son Secrétariat national à l’issue de laquelle vous avez été nommé Secrétaire national adjoint chargé de l’Economie maritime et de la Pêche. Comment avez-vous accueilli cette décision ?

Ameth NDIR : Avec beaucoup de philosophie. Mais il faut savoir que la Pêche n’est pas seulement un gagne-pain pour moi, c’est une question de culture. Je totalise une quinzaine d’années d’activité professionnelle dans le secteur, mais travailler dans la Pêche, pour ma part, revient à servir les miens : les pêcheurs de Nget Ndar, les Niominka, les Lébous… Vous imaginez donc que c’est un énorme plaisir de réfléchir sur le secteur et, cela, en étroite collaboration avec mon frère Ameth Fall Braya qui est le Secrétaire national chargé de l’Economie maritime et de la Pêche.

Il faut noter, tout de même, que depuis les indépendances, la Pêche n’a pas été comprise. Elle n’a pas eu, en tout cas, la place qui devrait être la sienne. Tenez-vous bien que nous avons 718 km de côtes. Cela veut dire que la surface maritime du Sénégal est plus grande que la terre ferme sur laquelle nous habitons. Vous ne pouvez pas avoir une richesse pareille et ne pas en tirer profit. 25 % de nos recettes d’exportation nous proviennent de la Pêche. 700 000 personnes, parmi les plus valides, travaillent dans le secteur. Et au-delà de cet aspect économique, je l’ai dit tantôt, la Pêche est un élément culturel et même politique. 700 000 citoyens, c’est un poids politique énorme.

Mais il est malheureux de constater que la Pêche est souvent confiée à des gens qui ne la connaissent pas, ou simplement, qui ne l’aiment pas. Parce qu’il faut aimer pour pouvoir faire avancer un secteur. Le bon le plus essentiel que la Pêche a connu, c’est sous le ministre Alassane Dialy Ndiaye qui, en bon Lébou, connait bien le secteur et l’aime. C’est à lui que nous devons le Code de la Pêche, les quais de pêche…

Malheureusement, la Pêche nage dans beaucoup de problèmes aujourd’hui. L’exemple le plus récent, c’est la perte, il y a une semaine, de beaucoup de poissons par les pêcheurs parce que dans toute la région de Dakar il n’y avait pas de la glace. C’est inadmissible ! Au même moment, les populations de Tambacounda et d’autres localités reculées du Sénégal n’ont pas de poisson. Le fondement de la Pêche, à mon avis, se résume en deux éléments essentiels : l’organisation, parce que la Pêche n’est pas bien organisée au Sénégal et le contrôle car nous ne contrôlons pas assez nos ressources halieutiques.

Allez-vous mener des réflexions dans ce sens pour trouver des solutions à cela ?

Je suis très heureux de constater l’avance que le Président Abdoulaye Wade a en nous poussant à la réflexion dans tous les domaines de la vie de la nation sénégalaise. Dans la perspective d’un retour aux affaires en 2017. A mon niveau, et je vais en discuter d’abord avec Ameth Fall Braya, je crois qu’il faut mettre un groupe de réflexion de 10 ou 15 acteurs avertis dans le domaine qui nous est confié dans le but d’élaborer un programme à soumettre à notre candidat, Karim Wade. Ce sera l’occasion de passer en revue l’ensemble des politiques et programmes de Pêche élaborés jusqu’ici afin de voir quel souffle nouveau insuffler au secteur.

Vous avez évoqué, tout à l’heure, la question de la protection de nos ressources halieutiques. Et on entend, très souvent, parler de bradage de licences de pêche à des multinationales et d’exploitation sauvage ou clandestine dans nos eaux territoriales. Que pensez-vous de tout cela ?

C’est regrettable. Il faut condamner ces actes injustifiables. Personne ne peut me dire aujourd’hui pourquoi nous, quand nous avons besoin de produits halieutiques en Europe, ils nous envoient des produits finis. Et qu’eux viennent comme ils veulent prendre nos matières premières.

Cela veut dire qu’il faut une politique d’industrie de transformation.

Tout à fait. Et de protection de nos ressources et de modernisation du secteur. Le cœur du problème de la Pêche au Sénégal se trouve à ce niveau. Imaginez-vous que depuis un siècle, les pêcheurs vont en mer de la même manière, avec le même type d’embarcation. Cela, malgré tout ce qu’on a dit sur la désertification et toute la technologie qu’il y a eu depuis. Je crois qu’il faut un peu plus de volonté politique. Vous avez entendu récemment qu’on a octroyé 20 milliards F CA aux éleveurs, 100 milliards F CFA aux agriculteurs… Mais rien pour les pêcheurs. Et pourtant, l’Etat devrait les aider à s’équiper en embarcations nouvelles, plus conformes, pour qu’il y ait moins de pertes humaines en mer.

Parlons de la réorganisation du PDS. Elle est qualifiée de gouvernement virtuel mis en place par Abdoulaye Wade. Cela voudrait-il dire que toutes les réflexions que vont mener les différents démembrements du Secrétariat national vont être versées dans la corbeille de votre candidat Karim Wade qui va l’intégrer dans son programme ?

Parfaitement. Car pour réussir en politique, il faut de l’engagement et de la détermination, mais aussi un bon programme. C’est ce à quoi nous nous attelons pour notre candidat Karim Wade. Nous sommes tous d’accord au PDS qu’il est notre candidat. Et, selon moi, Karim Wade est un excellent candidat. C’est quelqu’un qui a beaucoup d’ambitions pour le Sénégal, qui aime ce pays. Il l’a prouvé. S’il fallait acheter sa candidature, je pense que Karim Wade l’a payée au prix fort. C’est quelqu’un qui a beaucoup de dignité. Et, personnellement, je crois qu’il peut amener très loin le Sénégal parce que c’est quelqu’un d’audacieux et pas du tout complexé. Voilà les deux qualités qui font, pour moi, que Karim Wade est le candidat qu’il faut. Nous avons besoin de libérer économiquement ce pays, Karim Wade peut le faire.

« Modou Diagne Fada a trahi Omar Sarr »

Justement, si la candidature de Karim Wade est acquise, ce n’est pas le cas pour le poste de Secrétaire général national et des autres fonctions au PDS. Fada et d’autres responsables demandent un changement plus profond, au sein du parti, que la réorganisation proposée par Abdoulaye Wade. Comment appréciez-vous leur démarche ?

Elle est inopportune même si elle est pertinente. Mais ce qui me dérange, c’est que Modou Diagne Fada ait eu le toupet de nous regarder dans les yeux pour nous dire de lui donner le parti, à défaut il le casse. Nous sommes d’accord que Karim Wade est notre candidat et qu’Abdoulaye Wade reste notre Secrétaire général national. Où est le problème ? Qu’ils nous disent qu’Omar Sarr doit céder la place à Fada. Oui c’est possible. Mais pourquoi pas Madické Niang, Me El Hadji Amadou Sall, Farba Senghor… Pourquoi pas moi. Pourquoi pas un autre. Ce n’est pas un débat sérieux ni sain. Et il faut savoir que les partis ne sont pas régis par les mêmes textes. Chaque formation avec son fonctionnement. Le PDS sans Abdoulaye Wade, ce n’est pas le PDS. Le PDS, avant d’être des textes, des règlements, c’est d’abord un homme : Abdoulaye Wade. Celui qui ne le respecte pas, celui qui ne le reconnait pas, n’a pas sa place au PDS.

Vous semblez indiquer la porte de sortie à Fada et Cie

Je ne souhaite pas leur départ. Et puis, il faut noter que dans le groupe de ceux que l’on appelle des frondeurs, que moi je ne considère pas comme tels, il y a des frustrés. Ce sont des militants émérites qui ont rendu énormément de services au PDS et qui ont encore leur place dans le parti. Maintenant, que Modou Diagne Fada veuille continuer à défier notre Secrétaire général national, Abdoulaye Wade, rester dans le parti tout en allant contre nos intérêts, nous ne l’accepterons pas. Il ne faut pas perdre de vue que la politique, c’est la loi de majorité. On a beau avoir de bonnes idées, mais c’est la majorité qui décide. Et la majorité a décidé. Ils ont été mis en minorité, il faut qu’ils se rangent. Dans le cas contraire, il faut qu’ils dégagent. La politique, ce n’est pas le nom, c’est le nombre. Que des gens veuillent rester dans le parti et, en même temps, travailler en accointance avec l’adversaire, ce n’est pas acceptable.

Par adversaire, voulez-vous dire l’APR, le parti du Président Macky Sall ?

Absolument ! Le seul débat qui vaille aujourd’hui, c’est la massification du parti et la lutte pour la libération de nos prisonniers politiques. Comment peut-on renouveler les instances du PDS, alors que certains responsables sont en prison ? Que ferait-on d’un Toussaint Manga ? N’a-t-il pas le droit d’aller battre campagne au niveau de sa base si jamais on devait renouveler les instances du parti ? L’enjeu, à mon sens, est ailleurs. Nous devons travailler à faire gagner notre candidat Karim Wade. Tout le reste n’est qu’un débat inutile, qui nous distrait et nous éloigne de cet objectif. C’est pourquoi on se demande pour qui travaille Fada. En tout cas, ce n’est pas pour le PDS qui a besoin de stabilité et de massification.

Vous semblez déçu par l’attitude de Modou Diagne Fada. C’est à croire que vous le considérez comme un perfide.

S’il y a quelqu’un qui doit se sentir trahi, c’est bien Omar Sarr. Ce n’est pas la première fois que Modou Diagne Fada trahisse Abdoulaye Wade. Souvenez-vous de sa liste parallèle « War wi ». Aujourd’hui, c’est plutôt Omar Sarr, avec qui il formait un binôme, qu’il vient de trahir. Modou Diagne Fada a toujours manœuvré, depuis l’UJTL. Il manœuvrera toujours. Mais ce n’est pas comme cela qu’il arrivera à la tête du PDS.

Propos recueillis par sunuwiki.com

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