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ANNULATION DU MEETING DE  KHALIFA SALL ET COMPAGNIE- Une très grosse erreur politique

En interdisant, à la dernière minute et certainement sur instruction politique d’en haut, le meeting de l’Union départementale du PS de Dakar, le Préfet, et particulièrement le régime de Macky Sall a commis une bourde politique : il érige Khalifa Sall au rang d’une sorte de Mandela en faisant de lui un opposant politique sérieux. Jusqu’ici, Macky Sall a eu la chance d’être le seul capitaine à bord. Mais l’acharnement contre Idrissa Seck et maintenant le harcèlement contre Khalifa Sall à qui on refuse le droit de tenir un meeting, crée une levée de boucliers contre le pouvoir  et c’est au détriment de Macky Sall.

Par arrêté rendu public, le 22 juillet 2016, le Préfet de Dakar donne une autorisation en bonne et due forme aux organisateurs du meeting prévu le samedi 23 juillet, meeting déclaré par le SG de la 2ème coordination du PS de Médina. Puis, à la veille du meeting, le Préfet appelle au téléphone le Maire de Médina pour lui signifier son interdiction. C’est insolite.

Ce meeting n’intéressait que ses organisateurs et leurs militants. Mais son interdiction en fait un événement qui, finalement, attire les regards et indigne les démocrates pour qui le droit de manifester, surtout à la suite d’une déclaration en  phase avec la loi, est immuable.

Khalifa Sall n’est pas une menace pour Macky Sall. Il l’est  pour Ousmane Tanor  Dieng dont l’impopularité et l’incapacité de mettre le PS sur une orbite d’avance électorale est de notoriété publique. Pour beaucoup d’observateurs, la Maire de Dakar se limite à Dakar. Mais le harcèlement dont il commence à être victime et le refus de l’autorité d’État de le laisser jouir de ses droits répand son nom au-delà de Dakar et amène les citoyens de l’intérieur à  s’intéresser de lui.

Et c’est justement la bourde que vient de commettre l’État-APR. La presse nationale et internationale a relayé cette gaffe qui donne au régime de Macky Sall l’apparence d’un pouvoir qui garrotte les droits.

La coïncidence est malheureuse pour Macky Sall. Au moment où il tient un Conseil des Ministres dans la banlieue sur fonds de tintamarre, de manifestations populistes et conflictuelles entre responsables APR et d’obstruction de la mobilité avec des routes fermées au détriment des citoyens en mouvement, son régime interdit à des responsables politiques de tendance opposante à tenir un meeting de 15h à 19h.C’est une grosse maladresse.

La main de Tanor

À entendre Me Bocar Moussa Thiam et Mamoudou Wane, on comprend aisément que le meeting de Khalifa Sall et Compagnie n’est pas agréée par le camp de Ousmane Tanor Dieng qui le considère comme un acte d’insubordination. Non seulement, il est l’expression d’une rébellion contre la voie sur laquelle il veut mettre le parti, mais il allait être une rencontre d’attaque contre le régime et contre les ambitions pécuniaires de la tanorie.

Une interdiction de ce meeting est alors soit une décision que Tanor a voulue et obtenue, soit un arrêt dont il a été informé et donné son aval. C’est encore l’illustration de la nature despotique d’une certaine tendance du PS qui se caractérise, comme du temps où il tenait le pouvoir, par un autoritarisme d’État qui a d’ailleurs fait subir  à l’opposition d’alors incarnée par la LD, le PIT, le PDS, AJ, entre autres , un rythme politique infernal.

Ousmane Tanor Dieng, le futur Président du juteux HCCT,  ne peut point être étranger à  cette interdiction du meeting de Khalifa Sall, un meeting dont la marraine est l’inflexible Aissata Tall Sall qui n’a jamais porté de masque pour lui dire Non.

Les démocrates et les partis de Gauche

C’est soit une fourberie, soit une comédie de l’histoire que les plus grands défenseurs des libertés publiques et de la démocratie se terrent devant ce revirement insolite et spectaculaire du pouvoir.

Les partis de Gauche comme le PIT et la LD ont toujours été aux premières loges de la défense des libertés publiques. Mais ils sont au pouvoir libéral et s’accommodent de tout. De grands intellectuels, aujourd’hui, dans le prolifique Macky, gardent le silence et acquiescent. Décidément, le champ politique se métamorphose hideusement !

Cette interdiction d’un meeting dûment déclaré et autorisé est une première avec le régime de Macky Sall qui devient de plus en plus autoritaire et unilatéral aussi bien devant les questions judiciaires que devant les situations politiques. Une influence est certainement exercée sur Macky Sall. Mais la mise à l’abîme des libertés publiques n’est pas son genre.

La presse bâillonnée

Des journalistes étaient  venus pour faire leur travail, celui de descendre sur le terrain et de recueillir les éléments à transmettre aux citoyens en guise d’informations. Mais ils ont été bâillonnés et mis aux arrêts. Leur faute est d’avoir pris en image la violence policière pour faire jouir du droit à une information objective.

Et ça se passe bizarrement sous le régime de Macky Sall qui se convie dans des querelles internes d’un parti allié rendant compte d’une certaine influence d’Ousmane Tanor Dieng sur lui.

Pourtant, l’information figure parmi les principaux instruments de participation démocratique. Elle a joué un grand rôle dans le combat de Macky Sall contre la forfaiture de la Wadie et elle joue le même rôle, avec objectivité, dans sa gouvernance. S’il se tait devant le bâillonnement violent de ceux qui l’exercent, c’est encore une grosse erreur politique que l’histoire retient.

Pape Ndiaye

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