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« Apologie du viol » Le Professeur Songué viole un sens interdit

REWMI.COM J’ai suivi ce débat avec intérêt sans jamais vraiment vouloir y intervenir. Parce que, dans ma tête, je sais que le Pr Songué n’a jamais eu l’intention de faire l’apologie du viol. Et il s’en est largement expliqué d’ailleurs. Malheureusement, la polémique s’est propagée au-delà des frontières du Sénégal sur un sujet souvent très tabou.

Précisons que le viol est le fait de pénétrer une femme sans son consentement, c’est-à-dire avec violence ou surprise (en cas de sommeil par exemple).

Donc, une femme adulte peut aussi être violée. Et dans certains pays, surtout occidentaux, la femme mariée peut être violée par son mari. Cette forme de législation existe.

A ne pas confondre avec l’attentat à la pudeur qui exclut la pénétration et l’atteinte aux bonnes vies et mœurs qui impose le respect d’un certain nombre d’interdits comme celui de faire l’amour dans un lieu public.

L’apologie du viol n’existe pas dans notre législation. Ce délit n’est pas prévu parce que le législateur sait qu’une personne sensée ne va jamais faire l’apologie du viol. Et certainement, le Professeur n’est pas dans cette dynamique. Il s’est simplement trompé.

Dans ces genres d’émissions où les chroniqueurs sont nombreux, le problème pour celui qui prend la parole est de chercher à être coûte que coûte original dans ses propos et surtout à être pertinent pour ne pas dire impressionnant. Ce qui n’est pas toujours facile. Il a confondu deux réalités bien distinctes : Le viol et la tendance des femmes actuelles, notamment les plus jeunes, à moins couvrir leurs corps par des habits courts, suivant en cela la mode, les stylistes qui imposent une façon sexy de s’habiller. Ces deux réalités sont distinctes parce que l’un n’entrainant pas forcément l’autre. Il n’y a pas de relation de cause à effet.

La preuve, dans des pays où les femmes sont voilées, les domestiques qui travaillent dans les foyers subissent toutes sortes de pression sexuelle de par des maîtres de maisons, y compris des femmes qui s’adonnent à des pratiques de lesbianisme.

Là où les femmes sont violées, le refoulement des désirs sexuels est souvent plus intense et les pratiques d’inceste, de viol, d’attouchement et autres voyeurisme peuvent être aussi plus fréquentes.

Le Professeur a voulu, sous l’influence de la religion à laquelle il appartient, dénoncer cette tendance à porter des vêtements courts et inciter les jeunes filles à mieux s’habiller, ce qui est également conforme à nos normes de vie si l’on perçoit les choses sous l’angle de nos traditions et de nos cultures.

En mettant la barre trop haute, il a tiré une conclusion trop hâtive qui l’a induit en erreur. Car, comme tout être humain, il peut se tromper surtout qu’il a été entrainé par le souci de livrer une analyse originale et pertinente.

Ce faisant, il est important de tourner la page. S’il a exagéré, ceux qui le condamnent et qui ne le lâchent plus en font aussi trop. Une plainte pour un délit qui n’existe pas ne va pas prospérer.
Ceux qui violent les femmes ou s’adonnent à certains attouchements, y compris dans des transports publics, doivent être dénoncés et punis par la législation qui existe. Malheureusement, la culture de l’impunité a trop longtemps duré sur ces questions. Les femmes qui parlent sont vues d’un mauvais œil, soupçonnées et humiliées à vie.
C’est pourquoi, si les associations mettent autant d’énergie à assister ces victimes qu’elles en ont mis à condamner le Professeur Songué, les résultats de la répression judiciaire peuvent être améliorés.

Il est aussi, à ce propos, important d’insister sur la prévention. Hommes et femmes doivent être sensibilisés sur l’importance du consentement dans les actes sexuels qui est dans tous les cas exclu si la jeune fille est mineure. Pour la mineure de 13 ans, le consentement importe peu. Si les hommes connaissent la lourdeur de la peine dont le maximum est 10 ans, si les femmes connaissent mieux leurs droits, si la société n’encourage pas ces genres de déviation avec des pratiques comme des mariages précoces, ces pratiques peuvent considérablement diminuer.
Malheureusement pour le Professeur Songué, si vous êtes donneur de leçons, aucune faute ne vous sera pardonnée. Vous devez être irréprochable, à tout moment. C’est aussi le revers de la médaille.

Assane Samb/Rewmi quotidien

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