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Et si on en parlait… APR : Alliance du Partage de la République

Ce n’est ni de la caricature, ni de l’humour encore moins de l’abaissement, mais ainsi est l’APR, le parti qui a entre ses mains le pouvoir que Moustapha Cissé Lo identifie en toute honnêteté à une calebasse de miel.

Cette conception sociologique du pouvoir d’Etat est d’ailleurs la tare du jeu politique sénégalais. Or, en raison de sa jeunesse et du contexte dans lequel il a ramassé le pouvoir, Macky Sall aurait dû incarner la rupture. Mais la continuité des travers des régimes d’hier convainquent que les politiciens de ce pays sont tous pareils : ils ne veulent que le pouvoir et l’avoir.

L’exigence du partage de la République est d’ailleurs la raison de l’impossible structuration de l’APR et de la difficulté que ressent Macky Sall redistribuer les cartes.

Tout le monde remarque que les responsables locaux de l’APR font parler leurs militants pour réclamer des sinécures. Les alliés versent régulièrement dans la supercherie pour la conservation de leur portion. Et pour les uns comme pour les autres, défendre Macky Sall et attaquer l’opposition sert de mode de légitimation d’un discours de revendications.

La République a maintenant comme caractère dominant une extrême politisation des Institutions fortement marquée par une continuité des tares sanctionnées. La spirale de nominations, le partage des responsabilités institutionnelles, la gestion personnalisée du pouvoir et la pléthore de ministres et autres fonctions similaires renseignent que petit-à-petit, l’APR se confond avec l’Etat et l’appareil administratif.
Cette coïncidence parti-administration se fait déjà sentir par des tentatives d’institutionnalisation des procédures politiques qui se manifestent par la tenue de réunions du parti non au siège du parti mais à la Présidence de la République et dans les ministères.
Mais un parti qui tient ses réunions dans les Institutions est-il républicain ? Dans tous les cas, la République n’est pas une pitance nourricière. Elle est la somme du labeur patriotique des générations qui se succèdent. Ses Institutions sont son âme. Elles ne doivent point être identifiées à une calebasse de miel.

Les observateurs ont l’esprit plein d’amertume face à ce partage du pouvoir à des transhumants, des politiciens sans conviction et à de hauts cadres et autres filous qui, pour de l’argent, des mitres et des crosses mettent en halte leur conviction.

Les Sénégalais ne veulent pas des politiciens parce qu’ils ne croient en rien et quand on ne croit en rien on est prêt à tout faire comme font ces marabouts argentivores qui bénissent le parjure pour avoir une cuillérée de la calebasse de miel.

Mais comme il aurait été bon que Macky Sall donne avec fermeté et sincérité la primauté au bien commun, à la patrie, à la République et à l’intérêt général, dût quiconque dans son parti en être offusqué.

Les fonds politiques dans une République civilisée doivent servir plus à l’assaut des urgences hors budget et à la résolution de problèmes délicats qui menacent l’intérêt national qu’à la fioriture de compagnons politiques.
Avec cette Alliance de Partage de la République, Macky Sall ignore que tout ce qu’il a conquis est en train de tomber de ses mains.

Le Piroguier

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