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Après Hitler, voilà Erdogan

  • Date: 27 juillet 2016

Le monde se tait. Mais une situation d’exception sévit en Turquie, ce beau pays que la dérive dictatoriale risque de mener ver le chaos avec des effets certains sur la paix et la stabilité mondiale. Une ombrageuse tentative présumée de coup d’Etat a amené le régime turc  à engager une chasse aux sorcières en visant exclusivement des adeptes du pacifique penseur musulman Fethullah Gulen et particulièrement des milliers de citoyens anonymes déjà soumis à un rythme de vie infernal. L’auteur de ce drame est un comédien de boulevard qui planifie des scénarios et mène le jeu. L’Allemagne nazie est sa référence. Après Hitler, le voila. Son nom fait trembler d’effroi et d’inquiétude : Tayyip Erdogan.

Il y aurait eu une tentative de Coup d’ Etat en Turquie. Un désordre s’en est suivi. Le monde s’est alors inquiété. Mais cette anarchie a eu lieu dans un contexte où la Turquie et le Président Erdogan se trouvent dans une situation claudicante en raison d’une orientation politique autoritariste  et d’une atteinte ininterrompue des droits de l’homme. Le Président a alors senti son fauteuil menacé et a vu son régime alerté pour ses dérives. Il applique, en conséquence, Machiavel  qui conseille, dans l’art de gouverner, que  pour tenir un pouvoir menacé, il suffit d’une simulation, y compris un complot, pour indexer ses ennemis et se débarrasser d’eux. Et si le coup réussit, il faut mener une répression d’un coup fatal pour ne point se donner une image de faiblesse.

Erdogan a procédé ainsi car sa réaction à ce présumé Coup d’Etat a été spontanée et théâtrale : un immédiat discours propagandiste appelle les populations à descendre dans la rue pour le soutenir et en un temps record, des milliers de personnes sont arrêtés, des milliers de magistrats démis de leurs fonctions et des centaines de militaires sont tués. Des journalistes et des citoyens anonymes sont embastillés. Leur crime est d’être de tendance Hizmet, mouvement crée par Fethullah Gulen, un fécond intellectuel musulman qui prône un Islam ouvert inextricable aux valeurs de paix et en phase avec les normes démocratiques.

Fethullah Gulen a réussi à créer, selon un analyste de la Sorbonne, un « puissant empire financier, culturel et spirituel qui prêche la paix, la démocratie et le respect de la dignité humaine ». Mais le Pr. Erdogan compare sa puissance religieuse, moderne et morale à un pouvoir  parallèle. Il le prend, en conséquence,  comme une menace et surtout comme un ennemi à éliminer, ce qui explique  son exil aux Etats-Unis, en Pennsylvanie.

Cette présumée tentative de Coup d’Etat lui est naturellement inculpé, un acte qu’il a pourtant énergiquement condamné parce que non conforme aux valeurs démocratiques pour lesquelles il agit.

Mais, pour les observateurs et les analystes de la communauté internationale, la promptitude de la réaction de Erdogan laisse aisément supposer qu’il s’était bien préparé. Selon un journaliste et analyste turc, Ferhat Uthman, « cette tentative de coup d’Etat est de la comédie. C’est une mise en scène soigneusement orchestrée à partir d’un désordre bien planifié en vue d’en faire porter la responsabilité à son ennemi déclaré Fethullah Gulen et à tous ceux qui sont adeptes de son mouvement et d’engager une chasse aux sorcières pour consolider son pouvoir devenu absolu ».

Ainsi, dans tous les laboratoires d’analyse politique, les idées convergent : Erdogan serait lui-même derrière cette tentative de coup d’Etat.

Un nouveau Hitler

Tayyip Erdogan aime Adolphe Hitler et s’inspire de lui. Le 31 décembre 2015, dans son discours de nouvel an, il évoque le système nazi comme exemple achevé d’un régime présidentiel fort. C’est dans ce même discours qu’il annonce un nettoyage du pays, faisant référence à ceux qui lui empêchent de disposer d’une hégémonie totalitaire car ne disposant point de majorité parlementaire pour réformer la Constitution selon ses calculs despotiques.

La prise de Hitler comme exemple a choqué le monde. La Présidence turque a tenté d’imposer dans la conscience publique nationale et mondiale une déformation de son propos. Mais le masque est déjà tombé. Déjà, la répression en cours en Turquie, la chasse aux sorcières, la mise aux arrêts massive de citoyens, de fonctionnaires et d’auxiliaires de justice renvoient à la méthode nazie : les droits sont mis dans l’abîme et la purge est engagée.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 10.000 fonctionnaires sont limogés, près de 6000 policiers et gendarmes sont radiés et Binali Yildirim, le Premier ministre a lui-même annoncé l’arrestation de milliers de personnes. C’est la répression nazie, une calamité sociale et politique menée par un Hitler nouveau devant qui personne ne se dresse encore ! Et cet Hitler-Erdogan dont le pays est membre de l’OTAN tout en étant une puissance militaire est d’autant plus dangereux qu’il œuvre à une nouvelle géopolitique en s’approchant de la Russie.

Fethullah Gulen : qui est cet homme ?

Au Sénégal, les intellectuels ont découvert cet érudit à travers le journal Le Quotidien qui publie ses réflexions capillaires et novatrices sur l’Islam, la science, le terrorisme et autres grands sujets du monde contemporain. Son épopée est si grande qu’il est impossible de la narrer. Mais l’homme est un bel esprit en qui se lit l’aphorisme senghorien dans son enseignement : enracinement et ouverture.

Son enracinement en l’Islam fait de lui un Soufi. Comme les Soufis du Sénégal et d’ailleurs, il procède à un sacrifice du Moi et de ses désires pour atteindre un suprême Soi. Son enseignement est d’éveiller en la personne humaine une conscience plus haute de ses relations avec Dieu, avec le Prophète, avec les autres et avec l’univers.

Et c’est justement le sens de son ouverture. Le dialogue interconfessionnel, la solidarité intégrale et  l’action envers le bien commun et l’intérêt général qui imposent le suivi des valeurs démocratiques inspirent toutes les dimensions de son œuvre et de sa pensée.

Considéré comme l’une des personnalités musulmanes les plus suivies et les plus fécondes, Fethullah Gulen est un grenier inépuisable d’érudition que le régime turc considère comme une menace. Son mouvement étant immense, transcontinental et ayant une assise nationale puissante, il est devenu pour Tayyip Erdogan, l’homme à abattre, à diaboliser et à accuser de tous les crimes. Un simulacre de Coup d’Etat a alors été orchestré pour lui en faire porter la responsabilité, lui l’exilé niché là-bas aux Etats-Unis, si loin de la Turquie. Une véritable comédie machiavélique, pourrait-on dire.

Pape Ndiaye

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