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Arrêtons l’amalgame et l’hypocrisie (Par Amadou Moustapha SARR)

La visite d’Etat du président Emmanuel Macron et la venue de la chanteuse Rihanna qui entrent dans le cadre de l’organisation de la troisième Conférence du Partenariat mondial pour l’éducation ont fait l’objet de moult interprétations utilisées surtout comme des thèmes de propagande pour rallier l’opinion sénégalaise à des causes politiques et religieuses. C’est ainsi que des leaders politiques (en mal de popularité) et voulant saisir cette occasion ont marqué leur opposition à la visite du président français en fustigeant, disent-ils, les rapports déséquilibrés de cette relation bilatérale. Au-delà de la revendication de l’établissement d’un nouvel ordre de relations commerciales qui en soi est légitime, il est cependant malheureux de noter qu’en filigrane ce qui motive ce sursaut de patriotisme est plutôt d’ordre politicien dirigé surtout à vilipender les excellents résultats économiques engrangés par notre pays dans le cadre de la mise en œuvre du Pse. Il est à noter encore que cet engouement douteux pour la cause patriotique est plus que surprenant pour quelqu’un comme l’ancien maire de Thiès qui, comme tout le monde le sait, était critiqué (particulièrement par les populations de Thiès) pour sa manie de passer le plus clair de son temps à l’extérieur du pays (précisément à Paris) où il avait élu domicile au détriment de sa ville, sevrant ainsi ses citoyens et sympathisants d’une présence qui aurait été beaucoup plus utile sur place. Une telle personne qui a une tare narcissique caractérisée par un égo surdimensionné ne saurait nous convaincre qu’il s’est fait une nouvelle jeunesse politique qui frise plutôt un réveil brutal après une hibernation, suite certainement aux nombreux revers politiques subis lors des dernières élections. Sentant ainsi que les prochaines élections approchent à grands pas et se méprenant sur ses résultats (car obnubilé par le fauteuil présidentiel), il a alors du mal à les accepter (ce qui d’ailleurs lui aurait permis d’affiner sa stratégie pour mieux reconquérir le suffrage des Sénégalais) Cela aveugle sa démarche qui, malheureusement, risque de lui porter préjudice. Une partie de l’opposition qui au lieu de présenter aux Sénégalais des programmes crédibles l’enfonce en voulant lui faire croire qu’il peut être leur éventuel outsider puisque limités par les choix qu’ils peuvent offrir en alternative. Les politiciens et autres activistes mal intentionnées doivent arrêter de prendre les Sénégalais pour des demeurés, car combattre un opposant politique ne doit pas pousser à se méprendre sur la capacité de discernement des citoyens qui savent distinguer le bon grain de l’ivraie vu que les critiques maladroites et autres contre-vérités sur les résultats économiques (confirmés par les institutions financières internationales et les partenaires au développement) ne peuvent malheureusement  survivre face à l’implacable réalité des évènements et de l’histoire. En effet, il est difficile de comprendre ce supposé tollé pour une visite d’un hôte d’Etat qui entre dans le cadre normal des relations diplomatiques que le Sénégal entretient avec la France depuis longtemps et qui transcendent toutes les considérations politiciennes Aussi, ayant été chef de gouvernement sous le régime du président Abdoulaye Wade, pourquoi n’a-t-il jamais fait cas de ses opinions anti-français et pseudo-patriotiques ? Mais, comme le dit John Antoine Petit Senn, « le monde n’est qu’un perpétuel bal masqué où les cœurs se présentent tous sous des dominos roses et riants ; c’est entre eux un continuel échange d’hypocrisie et de dissimulation ; on s’y dit tout sauf ce qu’on pense ; on y parait tout sauf ce qu’on est ; le plus vertueux est celui qui y fait le moins de dupes ; le plus heureux celui qui ne l’est pas lui-même ». Et ne se suffisant plus d’adopter un nihilisme qui heurte notre raison cartésienne, ses tentatives pour distraire les Sénégalais ne peuvent prospérer face aux actes concrets que posent le gouvernement de Mahammed Boun Abdallah Dionne inspiré par le leadership affirmé d’un homme d’Etat de la carrure du président Macky Sall.

De ses stratagèmes qui n’étonnent plus, ne dit-on pas, en puisant dans le registre satirique de François de Cavanna, que le caméléon croira toujours qu’il suffit de changer de forme pour échapper à tout. Le temps est précieux et le gouvernement fait face à des défis qu’il doit relever pour répondre à la forte attente des populations. Car au final, le verdict qui sera prononcé au soir du 24 février 2019 dépendra surtout de la satisfaction qu’auront ces dernières des politiques et programmes menés jusqu’ici. Une chose est cependant sure, pour reprendre Machiavel, « en politique, le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal ».

Par
Amadou Moustapha SARR

Email :
Amet6326@gmail.com

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