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Arriérés de paiement de 103 milliards : Comment l’Etat s’est joué du Fmi

Le stock de la dette due aux fournisseurs était estimé à 103 milliards de francs Cfa. Même si l’Etat a fait des efforts en ramenant l’ardoise à 32,5 milliards en fin octobre 2007, il n’en demeure pas moins qu’il a fait un petit pont au Fmi en bloquant des factures dans les ministères sectoriels et dans certaines agences.

Source : walfadjri
L’Etat ne s’est pas embrassé de se jouer du Fonds monétaire international (Fmi) qui lui avait demandé d’honorer ses engagements auprès de ses fournisseurs avant la signature du nouveau programme économique dénommé Ispe. En effet, pour éviter d’être déniché par l’institution de Bretton Woods, les ministères sectoriels et certaines agences ont bloqué leurs factures, prétextant d’une panne du système informatique. Des factures qui n’ont pas été acheminées au Trésor public, avant l’entrée en vigueur de ce programme, le 2 novembre 2007. Une singulière manière de faire un petit pont à l’institution financière internationale. Et pourtant, l’une des exigences du Fmi pour la signature de l’Ispe était le paiement des arriérés de paiement dus aux fournisseurs.

Selon le représentant du Fonds monétaire international, l’institution financière est au courant du mécanisme mis en place dans les ministères sectoriels et agences de l’Etat. ‘La situation de trésorerie de l’Etat était tendue jusqu’en fin octobre 2007. Les arriérés de paiement (factures de plus de trois mois) ont été honorés. Nous avons noté une nette amélioration de la dette due aux fournisseurs. Elle est passée de 103 milliards à 32,5 milliards entre octobre et décembre 2007. Ce sont des efforts fournis par l’Etat après la signature de l’Ispe qui est entrée en vigueur le 2 novembre 2007. C’était un critère de performance crucial pour le Fmi car nous ne pouvions pas accepter que le secteur privé ayant fourni un bien ou service à l’Etat ne soit pas payé après. Cependant, il y a encore une série de factures qui se trouvent dans les ministères sectoriels et dans des agences qui posent encore problème. Nous sommes au courant de cette situation et la prochaine mission du Fmi, prévue en mars 2008, devra analyser l’ampleur de ce phénomène qui risque encore de déstabiliser la croissance économique. Je pense que c’est parmi les défis les plus importants de la politique budgétaire de l’Etat en 2008, et certainement un des objectifs macroéconomiques les plus importants pour nous’, souligne Dr. Alex Ségura.

En début novembre dernier, le tout nouveau directeur général, le Français Dominique Strauss Khan avait précisé, devant le conseil d’administration du Fonds, que ‘la maîtrise du déficit budgétaire’, qui est le maître mot de l’Ispe, passe par ‘la réduction des dépenses de l’Etat, avec en priorité la restructuration du secteur de l’énergie lourdement déficitaire’. Mais cela passe également par le paiement des arriérés dus au secteur privé pour éviter une baisse de la croissance. L’institution financière indiquait un taux de croissance de 5,5 % en 2008 contre un taux de 5 % de croissance en 2007, avec un taux d’inflation de 5 %.

Si l’Etat n’honore pas ses engagements, des entreprises risqueront de mettre la clé sous le paillasson. Dans ce sens, elles ne pourront plus assurer leurs dépenses auprès de leurs fournisseurs. Des chefs d’entreprises ont élevé la voix. Le Pdg de Eiffage-Sénégal (ex-Fougerolle), Gérard Sénac, avait, la semaine dernière, révélé, devant la presse, que son entreprise court derrière 3 milliards de francs. Une facture qui entre dans le cadre des travaux engagés par l’Agence nationale chargée de l’organisation de la conférence islamique (Anoci).

Combien d’entreprises sont dans le même cas ? Des Petites et moyennes entreprises du Btp sont aussi dans une mauvaise posture du fait de ces arriérés de paiement. L’Etat doit au moins 60 milliards de francs aux entreprises affiliées à la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (Cnes), selon Babacar Diop. Le vice-président du Syndicat national des entreprises du Btp affilié à la Cnes s’exprimait récemment à travers les ondes d’Océan Fm.


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