Accueil / ECONOMIE / Artisanat : Rompre avec la formation sur le tas

Artisanat : Rompre avec la formation sur le tas

Le secteur de l’artisanat au Sénégal regroupe 120 corps de métiers avec une main d’œuvre de l’ordre de 400 mille personnes. Principal niveau de création dans ce pays, l’artisanat produit 12 % du Pib. Vu l’importance de ce secteur dans l’économie sénégalaise, les autorités ont décidé de promouvoir, davantage, ce secteur en relevant le niveau de qualification professionnel des artisans.

Source : Walf Fadjri
Le Sénégal, dans sa nouvelle politique de développement de l’artisanat, va s’attaquer aux questions de la formation diplomante des acteurs évoluant dans le secteur, de l’accès au crédit et de la promotion commerciale des produits des artisans sénégalais. Aussi, la réhabilitation des centres de formation, des villages artisanaux, qui ont, d’ailleurs, démarré et la tenue régulière de foires régionales vont être les trépieds du développement et de la promotion de l’artisanat.

L’annonce est faite, hier, par le directeur de l’Artisanat, Moctar Diakhaté, qui participait à un atelier sur : ‘Les expériences japonaises dans la promotion de l’industrie locale et leurs implications au Sénégal’.

Selon M Diakhaté, la première chose à faire pour le développemnt du secteur de l’artisanat, c’est de ‘rompre avec la formation sur le tas’. Le niveau de qualification professionnel des artisans doit être relevé afin que les produits locaux soient compétitifs sur les marchés sénégalais et international. C’est pourquoi, dit le directeur de l’Artisanat, ‘nous avons un programme d’appui qui nous permet de former les maître-artisans. Ils ont un bon niveau, mais il faut améliorer les qualifications’. Un programme d’alphabétisation va être mis en œuvre pour accompagner la formation des artisans qui n’ont pas été à l’école.

Avec l’encadrement des Chambres de métiers du pays, des artisans bénéficient de stage de perfectionnement dans les autres pays. ‘Nous avons eu 20 artisans qui sont partis au Maroc pour des stages chez nos partenaires des filières coordonnerie et pôterie au Maroc. D’autres sont partis en France et en Allemagne pour se perfectionner. Ils reviennent toujours avec beaucoup plus de professionnalisme’.

Avec le problème d’accès au marché extérieur et le marché local qui n’est pas suffisament exploité, Moctar Diakhaté indique que l’organisation régulière, depuis quelque temps, de foires régionales et la participation aux foires internationales offrent de plus en plus de visibilité à l’artisanat sénégalais qui souffre de déficit de communication. Le directeur de l’Artisanat estime que les produits locaux ne sont pas bien perçus au Sénégal malgrè le travail ‘remarquable’ des artisans, c’est pourquoi ‘on organise régulièrement des foires. Ce sont de véritables actions de promotion locale’.

La dernière est celle qui a démarré depuis hier dans le département de Pikine. Aussi, la participation des artisans aux foires internationales est une expérience majeure pour les producteurs locaux, selon Moctar Diakhaté. ‘ Avec les foires internationales, les artisans nouent des contacts avec des professionnels. Ce qui leur permet d’améliorer la qualité des produits’ souligne t-il. Et ajoute-t-il, ‘ces expériences acquises par les acteurs du secteur de l’artisanat stimulent des mutations des entreprises artisanales vers les Pme’.

L’autre point que le directeur de l’Artisanat a soulevé, c’est la formalisation du secteur. A cet effet, il invite les artisans à se réunir en association, organisation non-gouvernementale ou en coopérative.

Sortir de l’informel permettrait à ces producteurs artisanaux, selon le directeur de tutelle, d’avoir un plus facile accès au crédit et de bénéficier des formations de même que des voyages d’études. Le volet de la protection sociale, dit toujours M. Diakhaté, ne peut être correctement pris en charge si les artisans ne sont pas formalisés.

Et sur l’occupation anarchique des espaces vagues par les artisans, Moctar Diakhaté a affirmé que des ‘sites d’implantation sont prévus pour les artisans de production et de services’.


À voir aussi

L’Afrique, un eldorado prometteur pour les FinTechs

Les startups africaines ont le vent en poupe ! Après une année 2016 record, les investisseurs …

Flux financiers illicites 50 milliards de dollars américains par an échappent à l’Afrique de l’Ouest

L’Afrique est le continent dont l’économie croît le plus rapidement après l’Asie de l’Est, mais …