Accueil / POLITIQUE / Assane Samb, Dirpub Rewmi Quotidien: « Pourquoi l’opposition doute de la fiabilité du processus électoral »

Assane Samb, Dirpub Rewmi Quotidien: « Pourquoi l’opposition doute de la fiabilité du processus électoral »

Le Directeur de publication du Quotidien Rewmi et analyste politique, Assane Samb, a été, ce samedi, l’invité du Grand Oral. Sur les ondes de la 97.5 Rewmi FM, il est revenu sur la polémique autour du fichier électoral, le parrainage, entre autres sujets d’actualité. Morceaux choisis.

 

L’opposition boude l’audit du fichier

« C’est un peu la suspicion qui règne. Cette suspicion continue à sévir dans les relations entre l’opposition et le pouvoir. On a toujours noté que depuis l’arrivée de Macky Sall, on a l’impression que les gens n’arrivent pas à s’entendre sur l’essentiel. Le fichier a été un point sur lequel il y a eu beaucoup de divergences. Et ça continue malheureusement. C’est vrai que l’opposition avait réclamé la consultation du fichier. Ce qu’elle a obtenu, mais ce que l’opposition a vu ne l’a pas convaincu. Elle s’attendait peut-être à avoir les numéros d’identification nationale. Donc, elle croit qu’elle a là des noms balancés comme cela et elle se dit, c’est la position du Pds, que ce n’est pas le vrai fichier. Par ailleurs, les gens craignent qu’il y ait des velléités de fraudes de la part du régime en place. Du coup, il faut un arbitrage. L’Union européenne avait, semble-t-il, essayé un tout petit peu d’auditer le fichier. Mais pourquoi pas un arbitrage des institutions comme la Cedeao, de l’Union africaine, de l’Union européenne,… ? Il faut réunir les acteurs autour d’une table pour qu’il y ait un consensus autour des règles du jeu. Parce que c’est extrêmement important en termes de matière électorale. Par ailleurs, le fichier existe, mais il faut un toilettage permanent du fichier. Par exemple, il y a des gens qui décèdent et qui ne peuvent plus figurer sur le fichier, d’autres accèdent à la majorité c’est-à-dire ont plus de 18 ans (les primo votants),… »

Le doute permanent de l’opposition

« Ce qui peut justifier ce doute, c’est la manière dont les législatives ont été organisées. Ça a été catastrophique et ça ne ressemble pas au Sénégal. Nous avons une administration électorale qui est très expérimentée. Nous ne pouvons pas ouvrir des bureaux de vote à midi ou bien ouvrir des bureaux de vote où il n’y a pas de bulletins. Quelque part, je pense que la manière dont le pouvoir a coaché les législatives de 2017 justifie le fait que l’opposition se dit, aujourd’hui, non on ne va pas se laisser faire. Le pouvoir a, peut-être, un peu prêté le flanc à ce niveau-là. C’est ce qui fait qu’il y a un doute qui sévit. On se dit on veut, avec le tripatouillage du fichier, réussir à être élu au premier tour. C’est ce que le Président souhaite et c’est ce que l’opposition pense. Vous me posez la question de savoir si l’opposition a raison de bouder ? Je pense que dès l’instant que les institutions censées être libres comme la Cena qui, aujourd’hui ne joue pas forcément son rôle, et dès lors qu’il y a tout ça, je pense qu’il y a forcément doute. Je le dis et je le répète encore une fois, les institutions sous régionales, les institutions internationales sont là pour arbitrer à temps. Il ne faut pas attendre qu’il y ait des conflits pour venir essayer de les régler. Je pense qu’il faut verser dans la prévention en essayant d’arbitrer à temps. »

Analyse du parrainage

« Le parrainage pourrait être important s’il était bien analysé, bien accepté. On l’a fait à quelques mois des élections. Le projet a été précipité. La preuve, dans leur projet de référendum soumis aux Sénégalais et qui devait consacrer l’ensemble des réformes institutionnelles, il n’y avait pas eu de parrainage. Donc en 2016, on a soumis aux Sénégalais un projet de référendum où il n’y avait pas de parrainage. Comment le parrainage est né dans l’idée de ces concepteurs ? Je me dis que les acteurs ne l’ont pas accepté, notamment l’opposition qui n’a pas accepté la mise en place du parrainage. Je dois signaler que le parrainage est plus difficile au Cameroun où on te demande un nombre précis de conseils municipaux. Ce qui n’est pas le cas au Sénégal. Ici, c’est beaucoup plus flexible que ce qui existe au Cameroun. Malgré tout, on a des soucis à ce niveau. Le souci c’est que lorsque vous avez un appareil comme un parti politique agrée et accepté comme tel, pourquoi vous exiger un nombre de parrains ?D’ailleurs, la caution peut régler la question de rationalisation des partis politiques parce que la démocratie a un coût. Même si nous avons une vingtaine de candidats, une trentaine, ça ne change rien du tout. La démocratie a un coût…

Avec le parrainage, les gens sont obligés, parfois, d’acheter les « signatures ». Ils disent aux gens si vous nous parrainez, on va vous financez, on va vous donnez telle somme et tout le monde le fait y compris le pouvoir. »

Cheikh Moussa SARR

 

 

 

 

 

 

 

À voir aussi

Fatoumata Niang Ba: « Notre parti est le parent pauvre de BBY »

À quelques mois de l’élection présidentielle de 2019, le leader de l’Union pour le Développement …

Karim réclame sa pièce d’identité à Aly Ngouille

Après avoir versé sa caution à la Caisse des Dépôts et Consignations, Karim Wade va …