ACTUALITE

ASSÉCHEMENT DE LA VALLÉE DU FERLO- Les‘’larmes’’ inondent le Djoloff

  • Date: 7 avril 2016

 La grande joie des « Djoloff-Djoloff » a vite tourné au cauchemar.Pourtant, les populations avaient toujours accroché tout leur espoir sur la vallée du Ferlo.Hélas, l’enthousiasme n’a duré que le temps d’une rose. Le cours d’eau de tous les rêves s’est brusquement asséché et a provoqué la nervosité, l’inquiétude, la déception et la tristesse au sein des éleveurs, agriculteurs et pécheurs. Reportage.

Sans titre

Le mercredi 06 avril 2016, il est 19h à Mbéyène,le soleil arpente sa dernière trajectoire et commence à échoir dans un horizon dégagé, et le crépuscule menace de s’effondrer sur les berges du village. Un décor indescriptible, avec un troupeau de petits ruminants, délimite la vue. Sept mois après l’hivernage 2015-2016 l’environnement est simple : d’un côté les prairies asséchées sur tout le territoire des villages riverains de la vallée, de l’autre des marigots taris sous l’œil impuissant des éleveurs. Àen croire  un vieux rencontré sur place, jour pour jour la vallée fossile ne cesse de se retirer au grand malheur des populations qui ne savent plus à quel saint se vouer. « Que des désillusions a poursuivi le septuagénaire comme si c’est la fin d’une série, dont l’épisode est plus que jamais tragique. L’asséchement de la vallée est un coup dur pour tout un ancien royaume : le Djoloff. De Négué à Mbaye Awa en passant par Mbéyène,Mboula,Mboyenane,Mbeuleukhé,Kalossi, Yang Yang entre autres localités, les populations ne cessent de demander à quand le cours d’eau recommencera-t-il à alimenter en eau le milieu », dit-il.

Les points noirs d’un cours d’eau

À rappeler qu’en 2006 un pont dénommé « Kilif » a été bâti devenu de nos jours un gâchis sans précédent regrette Y. Sow.Réalisé pour un montant de 70 millions de nos francs d’après nos capteurs, l’ouvrage n’arrive plus en ce moment à voir la moindre goutte d’eau couler sous ses pieds. Cependant, cette importante manne financière n’est que la partie visible des dégâts collatéraux de l’arrêt du cours d’eau en cause durant la saison des pluies, l’excédent d’eau des fortes pluies exige les techniciens du service hydraulique à ouvrir les vannes. En effet, cette forte pression menaçant de faire sauter les barrages de Diamant et de Manantali,déverse ses eaux sur le tracé de la vallée, non sans entrainer des problèmes aux populations affectées par la prolifération des moustiques.

Commencée en 1988,la remise en eau est devenue effective en 1992-1994.L’eau de la vallée venant de Keur Momar Sarr renaît la nostalgie du côté des notables de XER,qui se souviennent qu’en 1950, la vallée était douce, boueuse et poissonneuse.

Les pêcheurs en congé forcé

On ne le dira jamais assez, avec le rétrécissement des eaux de la vallée, l’on assiste à un chômage sans précédent des pêcheurs nous apprend un pêcheur habitant de Négué du nom de Alassane Samb. Selon lui, l’assèchement des eaux de la vallée explique bien la disparition des activités socio-économiques des populations. N’ayant plus que  leurs yeux pour pleurer, le collectif des chefs de villages  riverains  de la vallée fossile du Ferlo se souvient du bon vieux temps. « L’intérêt et l’importance pour ne pas dire les avantages des eaux de la vallée se passent non sans commentaires, car la pêche, l’agriculture et l’élevage faisaient partie du décor qui peuplait les activités socio-économiques des habitants. À cela, s’ajoutent le rechargement des nappes phréatiques, la faune, la flore, la confection des palissades en typha,l’exploitation du sel », se remémore l’enseignant Cheikh Samb demeurant à Mbéyène.

Originaire de Xer, village riverain de la vallée du Ferlo, El hadj Cheikh Mbengue se désole : « Jour après jour, les eaux de la vallée fossile se retirent et emportent avec elles tant d’espoirs. Nous vivons des désillusions comme la fin d’une série dans l’épisode le plus tragique. »

Le regard obscur  de l’éleveur

Si  les pêcheurs ont durement ressenti l’assèchement de la vallée, pour ce qui concerne les éleveurs, eux aussi,ils ne sont pas en reste. En effet, du fait des pannes de forages et leur vétusté, le bétail paie un lourd tribut et se réfugie à la transhumance à la recherche des cieux plus cléments. Ainsi, les habitants de Mboula, une Commune située dans l’arrondissement de Yang Yang, ont en commun la même obsession. Partout, ils se demandent quand le cours d’eau recommencera-t-il à arroser les terres de leurs agglomérations. Enattendant la perspective incertaine de revoir l’écoulement des eaux, les avantages de la vallée se passent de commentaires. À savoir la pêche, l’agriculture, l’élevage et le maraichage faisaient partie du décor, qui constituait les activités socio-économiques des habitants du Djoloff. Le rechargement de la nappe phréatique, le retour de la faune, la régénération de la flore, l’impact sur le micro-climat et l’exploitation du sel ont disparu avec le cours d’eau.

Toutefois, avec la phase d’étude du projet de revitalisation de la vallée morte du Ferlo qui se trouve déjà sur la table du gouvernement, cela aidera les populations du Djoloff à garder espoir comme quoi sous peu de temps l’on assistera à la réouverture des vannes. Le moins que l’on puisse dire, le Djoloff a un seul souhait, l’écoulement des eaux de la vallée morte du Ferlo gage d’un développement durable dans la localité.

Samba Khary Ndiaye

Numéros Utiles

Indicatif Sénégal (de l’étranger) :

221

Renseignements :

12 12

Horloge parlante :

15

Aéroport :

33 869 50 50 / 33 628 10 10

Sénélec (dépannage) :

33 867 31 00

Sénélec (délestage BCC) :

33 839 94 35

SDE (dépannage) :

800 11 11

Sonatel (dérangement) :

13

Hotline Orange :

41 41

Commissariat Central :

33 823 25 29 / 33 823 71 49

Gendarmerie num vert :

800 20 20

SOS MEDECINS :

33 889 15 15

SUMA ASSITANCE :

33 824 24 18 / 33 824 60 30

POMPIERS :

33 823 03 50

Centre anti poison :

818 00 15 15