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ASSEMBLEE NATIONALE L’opposition lance la guérilla parlementaire

Une chose est certaine : c’est une opposition unie qui a choisi d’attaquer frontalement une majorité forte au Parlement, pour reprendre ce qui lui revient de droit. Le Front anti-Macky menace ainsi de bloquer l’Assemblée nationale. Quitte à y laisser la vie.

D’ici sous peu les séances parlementaires auront lieu dans un climat de guérilla permanente, où les noms d’oiseaux voleront d’un bout à l’autre de l’hémicycle. L’opposition a choisi d’attaquer frontalement  la majorité parlementaire incarnée par Bby. A l’occasion de la conférence de presse du Front Anti-Macky d’hier, le seul mot d’ordre était la radicalisation.  L’opposition qui  présente enfin une voix et un front unis campe désormais sur une stratégie d’opposition frontale à la majorité pour bloquer le fonctionnement de l’Assemblée nationale tant que le groupe parlementaire des libéraux et démocrates dirigé par Aida Mbodj n’est pas rétabli dans ses droits. Et c’est Mamadou Diop Decroix qui lance en premier les hostilités : «Si la loi est violée, l’opposition est prête à s’opposer physiquement», joue-t-il à se faire peur.  Avant d’entonner sur un ton menaçant : «Aujourd’hui l’on assiste à la culture du «viol-la-loi» puisque l’opposition ne peut plus manifester dans la rue. Mais nous nous opposerons à cela. Nous nous opposerons à cela à l’Assemblée nationale. Et nous nous opposerons à cela dans la rue en occupant  la Place Soweto. C’est au régime de prendre ses responsabilités et de bien respecter la loi. Nous sommes prêts. Si les députés doivent aller en prison, ils iront en prison. S’ils doivent mourir ils mourront. S’ils doivent aller à l’hôpital, ils iront à l’hôpital»,  met-il en garde.  Sur un ton plus corrosif et plus incisif, le vice-président de Rewmi, Déthié Fall, soutient que l’opposition s’opposera  par tous les moyens à toute tenue de  séance à l’Assemblée nationale. Il n’exclut pas de mener des actions sur le terrain politique pour rendre la vie dure au nouveau régime. Ainsi précise-t-il sur un ton guerrier : «Macky Sall est arrivé au pouvoir par la démocratie, on l’obligera à gouverner par la démocratie et il partira par la volonté populaire.  Si des députés doivent mourir, ils mourront… »  Pour  éviter l’irréparable, le désir le plus profond de l’opposition  aurait été, pour reprendre les propos de Decroix,  «de voir nos adversaires et nous-mêmes respecter la loi. Puisque dit-il,  ce qui garantit la stabilité et la continuité, c’est le respect des règles communes». A l’en croire, ce pays fait partie des quatre ou cinq pays du continent sur les 54 Etats à n’avoir jamais connu de changement de régime anticonstitutionnel. Pourquoi ? «Parce que les générations successives ont réussi, à chaque fois que ce pays a failli basculer, à se parler et remettre les choses sur les rails».

Mouhamadou BA

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