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ATELIER – Valeur littéraire des textes : Le rap, nouvel outil pédagogique

Après le festival interscolaire de théâtre et les prestations de slam pendant les journées de la francophonie, la coopération francaise se penche sur l’utilisation pédagogique du rap. Une session d’atelier d’écriture s’est déroulée à cet effet à Kolda, qui a vu la participation d’une vingtaine de professeurs de français.

Source: Le Quotidien
«Le constat de baisse du niveau des élèves est général. Les bibliothèques sont devenues un luxe, et la possibilité de changer de pédagogie devrait être envisagée.» C’est ainsi que Tidiane Ndiaye présente l’urgence de tester d’autres outils d’apprentissage, afin de relever le niveau des élèves. Lui-même avait choisi, il y a une dizaine d’années, à l’Ecole normale supérieure, de travailler sur la valeur littéraire du rap.

«Celle-ci, chez Mc Solar par exemple, est évidente. Les rappeurs sont comme les griots modernes. Ils s’expriment, peut-être souvent de la manière la plus crue, mais de manière absolument imagée et poétique». Cette session d’écriture se fonde sur la participation active des professeurs de français, afin de faire en sorte que «les jeunes élèves lisent et écrivent».

Elle s’est déroulée en plusieurs étapes. Il s’est agit d’abord de faire un partage d’expériences, avec un résumé du travail que Tidiane Ndiaye avait présenté pour l’utilisation du rap comme outil pédagique. Après un exposé sur le rap, avec une relecture de l’historique du mouvement, le débat s’est axé sur l’importance de cet outil musical et poétique qu’est le rap. Des textes de Mc Solar, du Positive Black Soul ont été écoutés, afin de servir d’exercice et d’exemple à certains professeurs encore relativement intéressés au rap. King Habib (rappeur koldois) a fait apprécier son style d’écriture, et partager son expérience.

Des séances de groupes ont été ensuite mises en place et dans un exercice d’écriture, ces professeurs ont produits des textes, d’ailleurs fortement inspirés des récents événements de tragédie que la ville de Kolda a vécus (mort de Dominique Lopy).

Les participants sont d’avis que cet exercice, pour les élèves, peut être aussi motivant que le théâtre, qui connaît un intérêt grandissant au sein du public scolaire. Souleymane Fofana, s’explique : «Depuis que nous avons eu vent de ce projet, nous avons mis en place un club rap au Cem Sikilo et cela marche bien. Nous avons même commencé à organiser des manifestations.» La création de ces clubs rap, selon Véronique Petetin du Projet Qualité de la coopération franco-sénégalaise au ministère de l’Education, est un palier important pour la réussite du projet.

Il est prévu, dans le cadre du projet, une tournée du rappeur dakarois Malal Tall alias Fou Malade, qui passera dans plusieurs lycées et collèges du Sénégal pour travailler avec eux et produire un Cd. Ces élèves, assure Véronique, pourraient aussi participer aux rencontres comme la célébration de la journée de la francophonie avec «le printemps des poètes» ou dans un festival interscolaire de rap.


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