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ATÉPA SE LIVRE « 5 partis politiques suffisent largement au Sénégal »

 Toujours entre deux avions, mais assurément au fait de tout ce qui se passe dans le pays, l’architecte Pierre Goudiaby Atépa ne manque pas de saisir ses rendez-vous avec la presse pour porter ses projets de développement, et donner un avis sur les questions de l’heure.

Vous voulez, dit-on, refonder l’Assemblée nationale. Comment et avec  quels outils ?

Moi, je parlerais plutôt réaménagement. Nous avons un président de la République chargé de conduire notre ligne de développement. Il est sur la bonne voie. À côté, nous avons une Assemblée nationale de 120 ou de 150 députés chargés d’assurer le suivi et de légiférer. Où cela nous a menés jusqu’ici ? Mon avis est que cette chambre doit être plus étoffée. Elle doit, en dehors des politiques,  comprendre des experts, des techniciens avertis (notre pays regorge de compatriotes compétents qui ne demandent que ça)   pour aider à arriver aux objectifs. De façon désintéressée puisque ces compétences n’auront pas besoin de subsides de la chambre pour vivre ou mener leurs activités. Voilà donc le projet, et nous y travaillons.

Dans le même ordre d’idées, vous pensez que  5 partis politiques peuvent  suffisamment faire notre affaire…

Exact. C’est la qualité qui compte, pas la quantité. Et de toute façon, avec les nouvelles réformes, la question est réglée. C’est ridicule d’avoir 250 partis politiques pour un pays qui ne fait même pas 15 millions d’habitants. Il s’agit donc de chercher à rationaliser, et d’estimer  nos besoins dans le domaine. Pour ma part, je crois qu’un maximum de  5 formations politiques est  raisonnable. Un  parti de gauche, un extrême gauche, une droite,  une extrême droite, et enfin un parti du centre. Pour représenter toutes les sensibilités politiques de ce pays. Le compte serait bon, pour le Sénégal  qui ne fait même pas 15 millions d’habitants.

Vous semblez, par  ailleurs, déplorer et  condamner les grèves des enseignants, que vous trouvez trop régulières, même si vous dites pouvoir les comprendre.

À juste raison.  Qu’on se dise la vérité. Il y a trop, trop de grèves, et jamais un pays ne pourra se développer dans ces conditions. Personne ne doit prendre nos enfants en otage pour des revendications syndicales. Surtout quand on sait que nos enseignants sont les mieux payés de la sous-région, y compris la Côte d’Ivoire beaucoup mieux lotie que nous. Cela étant, c’est le plus noble métier, il est à la base de tout savoir. Voilà pourquoi quand l’État prend des engagements avec les enseignants, il doit scrupuleusement les respecter. Il y va de son propre crédit, mais aussi de la sérénité du climat social. Toutes les deux parties ont des responsabilités dans cette douloureuse affaire.

Vous évoquez enfin l’alternance générationnelle au niveau des syndicats patronaux, après celle des politiques qui s’amorce…

Assurément. Beaucoup de mes amis  patrons sont restés trop  longtemps dans leur fauteuil. À leur place, j’aurais passé la main aux jeunes, pour apporter du sang neuf à leur organisation. Le monde  a beaucoup changé, et les jeunes qui le composent ont d’autres visions, à l’ère des nouvelles technologies. Il faut donc qu’on leur donne leur chance. Et ne pas le comprendre peut gravement nuire à la santé future des organisations syndicales.  Quel que soit le mérite personnel, à la longue, il se dissout dans le besoin de changement.

Entretien réalisé par Cheikh BA

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