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Athlétisme: l’Agence mondiale antidopage prône la suspension de la Russie

  • Date: 9 novembre 2015

Rfi.fr- L’Agence mondiale antidopage (AMA) a présenté son rapport d’enquête sur les pratiques de dopage et de corruption au sein de l’athlétisme mondial (Iaaf), ce 9 novembre 2015 à Genève. L’AMA y préconise notamment la suspension de la Fédération russe pour les JO 2016. Le cas de l’ex-président de l’Iaaf, Lamine Diack, mis en examen en France, n’a pas été évoqué. Mais Interpol va coordonner une enquête mondiale sur ce scandale.

L’Agence mondiale antidopage (AMA) vient de porter un coup terrible à la crédibilité de l’athlétisme et à la Russie, ce 9 novembre 2015. L’AMA a présenté son rapport tant attendu sur des faits présumés de dopage et de corruption au sein de ce sport.

Le résumé de l’enquête s’est toutefois focalisé sur la Russie. Et les faits sont accablants selon les trois auteurs du rapport. L’un d’eux, Dick Pound, ex-patron de l’AMA, s’est montré clair : le dopage en Russie « n’aurait pu exister » sans l’assentiment du gouvernement russe.

Près de 1.400 échantillons biologiques de sportifs russes auraient ainsi été détruits en décembre 2014 par le laboratoire antidopage de Moscou, suite à la diffusion d’un documentaire de la chaîne allemande ARD (voir par ailleurs).

Suspension totale de la Russie pour les JO 2016 ?

L’AMA recommande donc trois décisions fortes : que ce laboratoire et l’Agence russe antidopage (Rusada) perdent leurs accréditations ; la suspension totale de la Fédération russe d’athlétisme pour les prochaines compétitions, dont les Jeux olympiques 2016 ; la suspension à vie de cinq athlètes, dont la championne olympique du 800 mètres Mariya Savinova. Des athlètes comme Savinova ont « saboté » les Jeux olympiques 2012 à Londres, selon les auteurs.

Dick Pound et ses collègues se sont toutefois montrés clair. Ce système généralisé de dopage – et de couverture des dopés en échange de pots-de-vin – ne concerne pas que la seule Russie. Le Kenya, vainqeur des Mondiaux 2015, a été poingté du doigt également.

La Russie contre-attaque, l’Iaaf aussi

A Moscou, la conférence de presse de l’AMA a évidemment fait grincer des dents. Vitali Moutko, le ministre des Sports, a rétorqué que la commission indépendante de l’AMA n’avait pas l’autorité nécessaire pour suspendre la fédération d’athlétisme russe.

Seule l’Iaaf le peut. Et elle va étudier la question indique un communiqué. Sebastian Coe, son nouveau président, va en effet demander l’accord des membres du Conseil de l’Iaaf pour que des sanctions soient effectives. « Cette étape n’a pas été décidée à la légère, assure le Britannique. Les informations contenues dans le rapport de la commission indépendante de l’AMA sont alarmants ».

Lamine Diack suspendu par le Comité international olympique ?

Ceux qui espéraient par ailleurs savoir si Lamine Diack, président de la Fédération internationale d’athlétisme entre 1999 et 2015, étaient au cœur de ce scandale devront attendre. Le Sénégalais et trois autre personnes sont mis en examen en France. L’AMA ne souhaite donc pas interférer avec le travail de la justice française. Une partie du rapport ne sera donc pas rendue publique dans l’immédiat.

Mais le Sénégalais n’a pas pour autant été épargné ce 9 novembre 2015. La Commission d’éthique du Comité international olympique (CIO) a réclamé sa suspension provisoire en tant que membre honoraire.

Enfin, Interpol s’est manifesté. Cet organisme de coopération policière internationale a annoncé la coordination d’une enquête mondiale pilotée par la France.


La genèse et le contexte du rapport de l’Agence mondiale antidopage

Le 3 décembre 2014, un documentaire diffusé par la chaîne de télévision allemande ARD, « Dopage confidentiel : comment la Russie fabrique ses vainqueurs », met le feu aux poudres. « La plupart des athlètes se dopent, la plus grande partie d’entre eux, 99 pour cent », y lâche une sportive russe.

Dans la foulée, la marathonienne Lilya Shobukhova, suspendue pour dopage, assure que les autorités russes ont mis en place un système de racket des athlètes dopés. Les concernés évitaient toutes sanctions en échange de pots-de-vin.

Ces allégations sont jugées suffisamment sérieuses par l’Agence mondiale antidopage (AMA). Le 11 décembre, l’AMA charge son ancien président Dick Pound de mener une enquête indépendante sur les pratiques au sein de la Fédération internationale d’athlétisme (Iaaf).

Le 1er août 2015, ARD et le quotidien britannique Sunday Times indiquent avoir eu accès à une base de données de l’Iaaf contenant près de 12.000 relevés sanguins effectués entre 2001 et 2012. Sur les 5.000 athlètes contrôlés durant cette période, près de 800 y présentent des paramètres biologiques très suspects. Les résultats de plusieurs grandes compétitions, Jeux olympiques compris, auraient ainsi été biaisés.

L’Iaaf contre-attaque en indiquant que cette base de données n’était pas confidentielle.

Le climat est toutefois lourd au sein du monde de l’athlétisme. Le 30 août, Lamine Diack, président de l’Iaaf depuis 1999, passe la main à Sebastian Coe, en marge des Championnats du monde 2015 à Pékin.

Le Sénégalais doit notamment répondre des soupçons qui pèsent sur les athlètes kényans et sur l’un de ses fils. Pape Massata Diack est alors au cœur d’un possible scandale de dopage et de corruption.

L’AMA avait contacté Interpol en août. Celle-ci a prévenu. Le 1er octobre, la justice française ouvre une information judiciaire pour des chefs de corruption, recel, blanchiment en bande organisée et association de malfaiteurs. L’AMA avait contacté Interpol en août. Celle-ci a ensuite alerté les autorités françaises.

Le 2 novembre, Lamine Diack, son conseiller juridique Habib Cissé et un ancien responsable de la lutte antidopage de l’IAAF Gabriel Dollé, sont mis en examen pour corruption.

Le 6 novembre, l’Iaaf ouvre des procédures disciplinaires contre quatre personnes, dont Pape Massata Diack.

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