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En 1958, il avait décroché le titre de champion de France de saut en longueur. © Buda Mendes/Getty Images for IAAF/AFP

Athlétisme : pour le Sénégalais Lamine Diack, c’est plus vite, plus haut et… ailleurs

Le Sénégalais Lamine Diack arrive à la fin d’un parcours de quinze années à la tête de la Fédération internationale d’athlétisme. S’il a tenu la distance, il laisse la gestion d’un nouveau scandale de dopage à son successeur…

Alors que se tiennent actuellement et jusqu’au 30 août, à Pékin, les championnats du monde, le Sénégalais Lamine Diack, 82 ans, s’apprête à quitter la présidence de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), qu’il occupait depuis décembre 1999.

Donnera-t-il son nom à un meeting de la discipline, comme son prédécesseur, décédé cette même année ? Tous les ans se tient un Mémorial Primo-Nebiolo à Turin, sa ville natale… Lamine Diack lui-même a longtemps caressé le rêve que l’un des quatorze meetings de la Diamond League – organisée chaque année par l’IAAF – porte son nom et se tienne en Afrique. Mais cela n’a jamais pu se faire, officiellement pour des raisons budgétaires…

Certains lui reprochent de n’avoir pas géré assez énergétiquement les crises qui ont jalonné son règne

Le fringant octogénaire, membre de l’ethnie léboue, abandonne les commandes de la fédération au Britannique Sebastian Coe, l’ex-superstar du demi-fond mondial. Il est désormais impatient de jouir d’une retraite bien méritée. Son programme ? « Aller à la mosquée, lire le journal et s’occuper de [ses] petits-enfants » – la progéniture de ses quinze enfants.

Champion de France de saut en longueur en 1958, alors que le Sénégal était encore une colonie, Lamine Diack fut trente années durant (de 1973 à 2003) le patron de la Confédération africaine d’athlétisme et présida en second l’IAAF de 1976 à 1999 avant d’en prendre les rênes. C’est dire qu’il connaît sur le bout des doigts les rouages de l’institution.

Mais son bilan est contrasté. Interviewé par jeuneafrique.com le 13 août, l’intéressé le juge, lui, « globalement positif ». Il estime avoir mené à bien la mission qui lui avait été confiée, celle « d’universaliser l’athlétisme, d’unifier la famille de ce sport et de donner plus de pouvoirs aux fédérations continentales ».

Si ses réussites sont indéniables, certains critiquent son manque de vision à long terme. L’ancien secrétaire d’État aux Sports, député et maire de Dakar, peut néanmoins leur rétorquer qu’il quitte la scène en laissant dans les caisses de la Fédération internationale un joli pactole – environ 60 millions d’euros – et que, sous sa présidence, les droits télé et de sponsoring ont atteint la somme vertigineuse de 1 milliard d’euros.

D’autres détracteurs le jugent trop politique, lui reprochent de ne pas s’être montré suffisamment énergique dans la gestion des crises et des scandales qui ont jalonné son règne. Alors que Primo Nebiolo était célèbre pour son autoritarisme, le Sénégalais, premier non-Européen à diriger l’IAAF, a toujours préféré jouer la carte de la souplesse. Néanmoins, il savait aussi faire preuve, à l’occasion, de fermeté. Quand Pape, l’un de ses fils, employé au service marketing de l’IAAF, a été mis en cause pour son implication présumée dans une affaire de corruption et de dopage en Russie, il a été débarqué vite fait, bien fait.

Mais le président quitte aujourd’hui le devant de la scène dans un climat rendu délétère par les récentes accusations de dopage lancées par la chaîne de télévision allemande ARD contre de très nombreux athlètes. Désormais, Lamine Diack devra se contenter de suivre les péripéties de ses nouvelles affaires… en lisant son journal habituel.

Jeuneafrique.com

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