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Attaque au Burkina Les limites au déploiement du G5 Sahel

La double attaque terroriste au Burkina Faso, ce vendredi, à la fois à l’Ambassade de France et à l’état-major général de l’Armée, a prouvé que les burkinabé ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour juguler le danger terroriste.

Les assaillants ne sont pas venus d’ailleurs. Ce sont des Burkinabé. Ils ont manifestement bénéficié de complicités internes, y compris dans l’Armée, parce qu’ils n’ont forcé aucune porte, notamment de l’état-major censée être le lieu le plus dissuasif du pays.

Eh bien, il n’en est rien. Des éléments censés faire face ont fui et les Djihadistes ont pris l’avantage psychologique sur les troupes et les populations en leur prouvant qu’ils peuvent frapper n’importe où et quand ils le souhaitent.

Une attaque qui a eu lieu au moment où une réunion avait lieu dans ce sanctuaire des Armées. Quelle provocation!

Ironie du sort, le même jour, un rapport circonstancié des Nations-Unies pointait du doigt la responsabilité des uns et des autres, y compris le pouvoir malien dans le non-respect des clauses de l’accord d’Alger de 2015.

Mieux, ce rapport faisait observer que : ‘’la montée en puissance de la force du G5-Sahel va de pair avec des menaces terroristes croissantes de l’Etat islamique dans le Grand Sahara (ISGS) et de Ansar al-Islam, notamment aux confins des Burkina Faso, Mali et Niger. Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé à un « effort urgent et concerté » de la communauté internationale pour aider à stabiliser la région’’.

Ces experts ne croyaient pas si bien dire. Le G5 Sahel est, pour les Djihadistes, une sorte de provocation et pourrait booster leur volonté à être plus agressifs.

En tout état de cause, ces attaques, les troisièmes en deux ans dans ce pays, prouvent que personne ne pourra assurer la sécurité des burkinabé à leur place.

Il faudra, dans ce pays et ailleurs en Afrique, que les Etats mettent les bouchées double pour offrir à leurs concitoyens les conditions maximales de sécurité. Ce qui est loin d’être le cas actuellement.

Les Africains pensent, par la magie du sorcier blanc, que leur propre sécurité ne peut être assurée que par l’Occident. Eh bien, ils ont tout faux. Quand des burkinabé-djihadistes s’attaquent à leurs frères, aucun français, américain ou autre n’y peut rien.

Africom, G5-SAHEL ou GAR-Si, ces mécanismes pourraient être d’appoint. Mais, ils ne peuvent cependant pas se substituer aux stratégies africaines et à l’opérationnalité des forces de défense et de sécurité tant sur le plan humain que matériel.

Si les militaires burkinabé sont incapables d’assurer la sécurité de leur propre caserne, comment voulez-vous qu’ils pourvoient à celle de leurs concitoyens ?

Cette fragilité de nos systèmes de défense arrimés aux forces de sécurité occidentale qui ne sont jamais loin, va, à la longue, perpétuer un état endémique de sous-développement sécuritaire avec des sortes de ‘’FMI’’ et de ‘’Banque Mondiale’’ sécuritaires qui auront les mêmes lacunes que celles qu’ils ont sur le plan économique.

Cette situation est plus marquante encore au Mali où la fragmentation des groupes djihadistes en multiples morceaux fragilise davantage l’Etat malien qui ne peut plus prétendre, aujourd’hui, être une Nation digne de ce nom.

Si nous ne travaillons pas assez à former nos hommes et à leur doter d’équipements respectables, ils seront toujours incapables à faire leur travail.

Or, nous avons, ici, une guerre non-conventionnelle loin des standards longtemps en vogue en la matière.

Donc, l’Union africaine et les organisations connexes comme la Cedeao doivent, avec leurs experts, réfléchir à la façon optimale de rendre nos troupes opérationnelles et de peaufiner les stratégies de lutte.

Georges Emmanuel Ndiaye

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