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Attaque contre le cortège du Président à l’Ucad : L’article 80 envoie 4 étudiants « caillasseurs » en prison

Après 11 jours pour certains, moins pour d’autres, quatre étudiants appréhendés à la suite du «caillassage» du véhicule du président de la République à l’Ucad ont finalement été déférés, hier, au parquet. Il s’agit d’El Haji Diaw le Sg adjoint du Meel, de Bara Ndiaye, le responsable des étudiants de Rewmi à l’université, d’Amadou Ndiaye et Ami Diouf.  Alors qu’il était prévu qu’ils devaient bénéficier d’un retour de parquet, les choses se sont aussitôt accélérées et compliquées pour eux. Ils ne seront pas jugés en flagrants délits, mais leur dossier a été envoyé en instruction. En effet le Procureur a saisi un juge d’instruction qui est chargé de piloter le dossier. Et il faut dire que le magistrat instructeur n’a pas fait dans la dentelle. Il les a placés sous mandat de dépôt.

Les caillasseurs du véhicule présidentiel dorment donc depuis hier nuit en prison et peuvent s’attendre au pire. En effet, selon Me Abou Dialy Kane, l’avocat d’El Hadji Diaw tempête contre la façon dont les choses se sont passées. «Dans un premier temps effectivement, on croyait que c’était un retour de parquet. Moi d’ailleurs j’ai quitté le tribunal, hier à 20 heures.  C’est alors qu’on nous a rappelés pour nous dire que le juge est en train de les inculper. Donc, j’ai rappliqué dare dare. Effectivement, j’ai trouvé les étudiants dans le bureau du juge. Il les a inculpés tous et les a placés sous mandat de dépôt», a-t-il déclaré avant d’indiquer qu’outre le chef d’inculpation d’asso-ciation de malfaiteurs, les quatre «caillasseurs» tombent sous le coup de l’article 80 qui réprime les actes de nature à compromettre la sécurité publique ou à occasionner des troubles politiques graves.

L’avocat trouve difficilement des mots pour dénoncer l’inculpation des étudiants. «J’ai été choqué par la sévérité des chefs d’inculpation qui ont été retenus contre  ces étu-diants. Parce que je trouve que ces chefs d’inculpation sont d’une gravité sans commune mesure avec les faits. Je trouve que c’est excessif. Et comme on dit tout ce qui est excessif est dérisoire», s’emporte-t-il.   Il faut dire que sur la base des délits visés, ces étudiants risquent gros. Pour Me Kane, «ce sont des gens qui sont innocents. Toutefois s’ils sont déclarés coupables, ce sont des peines très lourdes qu’ils encourent». Seulement l’avocat pense que «c’est un dossier  qui ne débouchera sur rien du tout».

Le Populaire

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