ACTUALITE

ATTEINTE AUX BONNES VIES ET MŒURS- Le corps de la déesse secoue la République

  • Date : 21 juin 2016

Je ne connais pas Déesse Major. Je connais encore moins ses chansons. C`est peut être une question de génération. Je ne juge personne. Encore est-il impossible de porter un jugement sur celle ou sur des pratiques que l`on ne connait pas.

Donc, je n`aurai jamais choisi d`en parler si l`affaire la concernant, malgré le dénouement heureux qu`elle a connu, n`avait pas été « internationalisée » au point de mettre le Sénégal sur le banc des accusés.

Dans une chronique signée Hamidou Hanne, Jeunafrique.com parle de l`Affaire en ces termes : « …l’affaire Déesse Major ne doit évidemment pas être vue comme une victoire isolée de ses censeurs. Elle s’inscrit dans une volonté de faire sauter petit à petit la digue qui préserve la République de la soumission à un quelconque culte religieux. Les épisodes se déroulent sous nos yeux. Retrait d’une caricature de Serigne Touba, figure tutélaire des mourides, en janvier ; interdiction du livre de Héla Ouardi sur la fin du prophète Mahomet fin mars ; arrestation d’une rappeuse en juin : le courant islamo-conservateur, ennemi jusque-là insidieux de la République, vient de faire une nouvelle victime, justifiant ainsi l’inquiétude croissante des forces progressistes ».

L`auteur d`une telle réflexion ne saurait pourtant ignorer que le droit sénégalais qui a singé celui de France punit l`atteinte aux bonnes vies et mœurs. Et qu`il n`est pas acceptable dans une vie en société que certaines barrières soient franchies comme le fait de se déshabiller complètement en public, de faire l`amour dans la rue, pour prendre des exemples extrêmes.

Dans tous les cas, il appartient aux forces de l`ordre et aux juges de déterminer les limites à partir desquelles, elles doivent sévir. Celles-ci dépendent du degré d`acceptation de ces pratiques par le plus grand nombre. C`est ainsi que si dans les sociétés occidentales, le fait d`embrasser en public ne dérange nullement, il n`en est pas ainsi dans les nôtres où ces pratiques doivent encore rester dans le domaine privé.

Le fait de s`habiller d`une manière décente ou non relève d`appréciations qui change en fonction du degré d`acceptation par tous de cet état de fait. Or, cette acceptation est tributaire des croyances et pratiques religieuses, des traditions et du degré de modernité de la société en question.

C`est ainsi qu`en Arabie Saoudite par exemple, les femmes n`ont pas le droit de conduire une voiture.

Alors, traiter d’ «association obscure » ou de « courant islamo-conservateur » ceux qui s`organisent pour le respect d`un certain nombre de valeur nous semble être une forme d`intolérance qui caractérise les sociétés paternalistes et arrogantes pour qui toute autre valeur que celles à laquelle elles sont habituées ne sont acceptables.

Que le livre de Héla Ouardi sur le Prophète de l`Islam soit interdit que la caricature de la photo de Serigne Touba ne soit pas acceptée n`ont rien à voir avec le fait qu`une association de défense des valeurs morales croient devoir ester, pacifiquement, en justice pour le respect d`une certaine décence.

C`est la manifestation la plus éclatante du degré de respect des libertés individuelles et collectives. Et il appartient à la Justice de laisser ou non prospérer ces actions. Et dans le cas de Déesse Major, la justice qui a considéré qu`il n`y a pas de délit, a relâché le suspect des fins de la poursuite.

C`est cela la démocratie. Et le Sénégal ne cesse d`administrer la preuve de sa vitalité en la matière. L`Etat ne saurait interdire le droit d`association  à des personnes qui veulent défendre, pacifiquement, les valeurs morales.

D`ailleurs, quand la chanteuse avait été arrêtée ce vendredi, un débat s`est instauré et nombre d`associations de droits de l`homme ont demandé qu`elle soit relâchée.

Certes, certains comme l`ancien Ministre Bamba Ndiaye n`ont pas aimé ces sorties, mais c`en est ainsi de la démocratie.

Voir dans cette affaire, une progression de l`intégrisme religieux et un recul de l`Etat de droit est une vue de l`esprit qui montre que l`auteur de l`article est déconnecté des réalités locales.

Le Sénégal reste une société ouverte et tolérante où, cependant, personne n`est au-dessus des lois.

Assane Samb

1 Comments

  1. je pense qu’il faut voir ce problème sous un autre angle. au Sénégal, ceux qui pensent qu’ils connaissent mieux que le reste des citoyens sont malheureusement en opposition avec leurs convictions. quand ça les arrange, ils ne pipent pas mot des situations déplorables dont le nombre est incalculable. quand ça les dérange, le simple fait de se tailler la barbe pose problème.

    qu’ils essaient de régler leur problème avec les uns et les autres de façon honnête.

    qu’ils arrêtent de considérer tout ce qui ne les arrange pas et ou ne les plaise pas comme des problèmes qu’ils ne pourront pas stopper.

    Si ça les dérange autan, qu’ils ne regardent pas la télé, c’est aussi simple. ou bien qu’ils aillent se plaindre de la chaine boulkhol de la RDV et des autres chaines étrangères (RTL9 et Cie) qui passent des vidéos classées X 24/24 h et qu’eux même regardent souvent.

    qu’ils arrêtent hein!

Comments are closed.

Les Plus Populaires
Les plus commenté
Numéros Utiles

Indicatif Sénégal (de l’étranger) :

221

Renseignements :

12 12

Horloge parlante :

15

Aéroport :

33 869 50 50 / 33 628 10 10

Sénélec (dépannage) :

33 867 31 00

Sénélec (délestage BCC) :

33 839 94 35

SDE (dépannage) :

800 11 11

Sonatel (dérangement) :

13

Hotline Orange :

41 41

Commissariat Central :

33 823 25 29 / 33 823 71 49

Gendarmerie num vert :

800 20 20

SOS MEDECINS :

33 889 15 15

SUMA ASSITANCE :

33 824 24 18 / 33 824 60 30

POMPIERS :

33 823 03 50

Centre anti poison :

818 00 15 15