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Attentats à Paris : ce que l’on sait des six attaques

  • Date : 14 novembre 2015

Le parisien.fr Au moins six attaques terroristes à Paris et dans le secteur du Stade de France (Seine-Saint-Denis) ont fait ce vendredi soir au moins 120 morts. Une prise d’otages a eu lieu dans la salle de concert du Bataclan où les assaillants ont commis un véritable carnage. On déplore une centaine de morts dans cette seule salle de spectacle. Un terrible bilan auquel il faut ajouter les dizaines de victimes fauchées à l’arme automatique sur les terrasses des cafés et restaurants du quartier Charonne. 

Au moins six assaillants sont morts en différents lieux : quatre terroristes au Bataclan, un kamikaze qui s’est fait exploser près du Mac Donald’s et un autre près du Quick aux abords du Stade de France.

«L’enquête va s’attacher à déterminer ce qu’il s’est passé sur six sites: au Stade de France, boulevard de Charonne avec 18 morts, boulevard Voltaire avec 1 décès, rue Alibert avec 14 décès et rue de la Fontaine au Roi avec 5 morts», a détaillé François Molins. Avec la prise d’otages dans la salle de spectacle du Bataclan — sixième site —, qui s’est terminée par un assaut de la police, le bilan est «extrêmement lourd».

Stade de France. Cinq personnes, dont les terroristes, sont morts dans trois explosions dans le secteur du Stade de France, où se déroulait le match amical de football France-Allemagne auquel assistaient 80 000 spectateurs dont le président François Hollande qui a été évacué avant la fin du match. Selon nos informations, les secours ont également dénombré 9 blessés en «urgence absolue» et 35 blessés en urgence relative. Au moins l’une des explosions meurtrières près du Stade de France a été causée par un kamikaze qui est lui-même décédé. «Un homme s’est fait sauter avec une ceinture explosive» rue Jules Rimet à Saint-Denis, a dit une des sources à l’AFP. L’autre explosion a eu lieu près du restaurant McDonald’s de la Plaine-Saint-Denis, une quartier de Saint-Denis. Là aussi, il s’agirait d’une attaque suicide.

Dans les rues de la capitale. Dans Paris, quatre fusillades ont éclaté dans les rues et les bars : boulevard de Charonne (18 morts), boulevard Voltaire (1 décès), rue Alibert (14 décès) et rue de la Fontaine au Roi (5 morts).

Rue de la Fontaine au roi (XIe), à proximité de la place de la République, c’est la terrasse d’une pizzeria, La Casa Nostra, qui a été visée. Cinq personnes ont été abattues par plusieurs rafales d’une «mitrailleuse automatique», selon un Mathieu, 35 ans. Un autre témoin raconte qu’il «a vu une Ford Focus noire qui tirait, puis plusieurs douilles par terre». Selon une source judiciaire, une attaque faisant un mort a également eu lieu boulevard Voltaire, de l’autre côté de la place de la République. Dans le Xe arrondissement voisin, une fusillade a éclaté à l’angle des rues Bichat et Alibert, sur la terrasse du restaurant Le Petit Cambodge. Bilan: quatorze morts. Mêmes scènes de guerre rue de Charonne, un peu plus à l’Est, où 18 personnes ont péri. Un homme dit avoir entendu des tirs pendant «deux, trois minutes», «des rafales». «J’ai vu plusieurs corps à terre ensanglantés. Je ne sais pas s’ils étaient morts», lâche-t-il. Selon lui, un café et un restaurant japonais ont été la cible des tirs, juste en face du foyer Palais de la femme.

Carnage au Bataclan. Une centaine de personnes ont été massacrées par des terroristes au Bataclan où une prise d’otages a eu lieu pendant trois heures alors que se déroulait un concert du groupe de rock américain Eagles of Death Metal.  Des assaillants ont crié «c’est pour la Syrie» et ont tiré à l’arme automatique dans la «fosse» au pied de la scène, selon BFM TV. «Je les ai clairement entendu dire aux otages C’est la faute de Hollande, c’est la faute de votre président, il n’a pas à intervenir en Syrie. Ils ont aussi parlé de l’Irak», a raconté Pierre Janaszak, 35 ans, animateur radio et TV qui se trouvait dans la salle de spectacle du Bataclan.

Le Raid, unité de d’élite de la police, était sur place peu avant 23h30. La maire de Paris, Anne Hidalgo, était également sur les lieux. Vers 00h30, la police a lancé l’assaut sur le Bataclan. A 00h48, BFM TV indiquait que l’opération était terminée. Les hommes de la BRI ont découvert à l’intérieur une «véritable scène de carnage». «Les terroristes tiraient sur les gens au sol», a raconté peu après un rescapé à BFM TV.

Les quatre assaillants de la salle de concerts du Bataclan sont morts lors de l’assaut donné par les forces de l’ordre, dont trois qui se sont fait sauter en actionnant leurs ceintures d’explosifs. L’assaut policier «a été extrêmement difficile : les terroristes s’étaient enfermés à l’étage, ont explosé et avaient des ceintures d’explosifs», a affirmé à la presse le préfet de police Michel Cadot. «Trois d’entre eux se sont fait sauter avec leurs ceintures d’explosifs et un quatrième, lui aussi porteur d’une ceinture, a été touché par la police avant exploser en tombant», a précisé une source proche de l’enquête.

Au Bataclan : «Ils ont tiré en plein dans la foule»

«Avec ma mère on a réussi à s’enfuir du Bataclan (…), on a évité les coups de feu, il y avait plein de gens partout par terre», a raconté un jeune homme, prénommé Louis sur France Info. «Des mecs sont arrivés, ils ont commencé à tirer au niveau de l’entrée», a-t-il poursuivi. «Ils ont tiré en plein dans la foule en criant Allah Akbar, avec des fusils à pompe je crois. Je les entendais charger, le concert s’est arrêté, tout le monde s’est couché à terre, ils continuaient à tirer sur les gens, putain c’est un enfer», a-t-il enchaîné, la voix brisée par les sanglots. «J’ai pris ma mère, on s’est couché au sol, quelqu’un a dit ils sont partis, on s’est enfui par une issue de secours, il y avait encore des coups de feu quand on est partis, on a enjambé des corps, c’est un cauchemar», a ajouté le témoin, qui dit n’avoir vu des assaillants que «des silhouettes quand ils ont commencé à tirer les premiers coups de feu».

Des lignes de Métro et de bus coupées. La police recommande désormais aux parisiens d’éviter de sortir sauf nécessité absolue. Plusieurs lignes du métro parisien ont été coupées : les lignes 3, 5, 8, 9, 11, qui passent par les Xe et XIe arrondissements où ont eu lieu certains attentats, sont concernées. La circulation des autobus qui traversent ces quartiers est également interrompue.

Mobilisation maximale dans les hôpitaux. Les hôpitaux de Paris ont déclenché le «Plan blanc» d’urgence et de crise pour prendre en charge les nombreux blessés. «Le plan blanc a été déclenché à l’AP-HP depuis 22h30. Tous les services d’urgence et les services de Samu sont sur le pont», a indiqué un porte-parole de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris. Un plan blanc permet de déprogrammer des activités non indispensables, d’ouvrir des lits supplémentaires, de renforcer ponctuellement les équipes de professionnels de santé dans les établissements en difficulté.

CARTE. Les lieux des attaques terroristes
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Etat d’urgence décrété

Une cellule de crise a d’abord été mise en place au ministère de l’Intérieur autour du président Hollande, du Premier ministre Manuel Valls et du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve immédiatement après les attaques. Ensuite, le président de la République, François Hollande, a pris la parole pour annoncer qu’il décidait de décréter l’Etat d’urgence et de rétablir les contrôles aux frontières.

«Deux décisions seront prises : l’état d’urgence sera décrété, ce qui veut dire que certains lieux seront fermés, la circulation pourra être interdite et il y aura également des perquisitions qui pourront être décidées dans toute l’Ile-de-France», a assuré François Hollande dans une allocution télévisée de trois minutes depuis l’Elysée. «L’état d’urgence sera proclamé sur l’ensemble du territoire», a-t-il précisé.

«La seconde décision que j’ai prise, c’est la fermeture des frontières (NDLR : il s’agit en fait d’un «rétablissement des contrôles» a rectifié l’Elysée à 2h15), nous devons nous assurer que personne ne pourra rentrer pour commettre quelque acte que ce soit. Et en même temps que ceux qui auraient pu commettre les crimes qui sont hélas constatés puissent également être appréhendés, s’ils devaient sortir du territoire», a expliqué François Hollande.

«Nous avons, sur ma décision, mobilisé toutes les forces possibles pour qu’il puisse y avoir la neutralisation des terroristes et la mise en sécurité de tous les quartiers qui peuvent être concernés» a-t-il dit. «J’ai également demandé qu’il y ait des renforts militaires, ils sont en ce moment sur l’agglomération parisienne pour être sûrs qu’aucune attaque ne puisse de nouveau avoir lieu», a-t-il ajouté.

«Nous allons mener le combat, il sera impitoyable»

A minuit, un conseil des ministres exceptionnel s’est tenu à l’Elysée. Peu après une heure du matin, François Hollande et Manuel Valls se sont rendus au Bataclan en compagnie du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve et de la ministre de la Justice Christiane Taubira, pour «faire le point avec les secours». Peu avant deux heures du matin, sur place, François Hollande a promis aux terroristes qu’ils trouveront face à eux «une France qui ne va pas se laisser impressionner, une France déterminée, unie, rassemblée». «Nous allons mener le combat, il sera impitoyable», a déclaré le chef de l’Etat. Et ce samedi matin, le président de la République réunira un conseil de Défense.

Sur le plan judiciaire, le parquet antiterroriste s’est déjà saisi de l’enquête. Le procureur a précisé que celle-ci est ouverte pour «assassinats en relation avec une entreprise terroriste».

Tous les équipements de la ville de Paris seront fermés ce samedi suite aux attentats ayant frappé la capitale et fait au moins 120 morts, a annoncé la mairie par un tweet. «Dès demain (NDLR : samedi), fermeture de tous les équipements de la Ville: écoles, musées, bibliothèques, gymnases, piscines, marchés alimentaires», a tweeté le compte @Paris.

L’ensemble des établissements scolaires et universitaires d’Ile-de-France seront fermés ce samedi, a annoncé dans la nuit l’académie de Paris sur son compte Twitter, après la vague d’attentats de vendredi soir dans la capitale.

Les réactions ont commencé à arriver du monde entier. Le président Barack Obama a promis que les Etats-Unis allaient aider la France à «traduire les terroristes en justice», le Kremlin a dénoncé des attaques «inhumaines», la chancelière allemande Angela Merkel s’est dite «profondément choquée» par ces attaques «à l’évidence terroristes» et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré qu’Israël était au «coude à coude» avec la France.

Une année 2015 marquée par la violence terroriste

Ces attaques surviennent dix mois après les attentats jihadistes de janvier contre l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo et un supermarché casher à Paris, qui avaient fait 17 morts et ont été suivis de plusieurs autres attaques ou tentatives. La dernière en date s’était produite le 21 août à bord d’un train à grande vitesse Thalys entre Bruxelles et Paris. Un carnage avait alors été évité par des passagers.

Avant cela, en juin, un homme avait décapité son patron puis, après une mise en scène macabre sur fond de drapeaux islamistes, tenté de faire exploser une usine de Saint-Quentin-Fallavier (Isère). En avril, Sid Ahmed Ghlam, étudiant algérien, était arrêté en possession d’armes de guerre, après avoir tué une jeune femme, alors qu’il préparait un attentat contre une église de Villejuif (banlieue sud de Paris).

Fin octobre, un homme de 25 ans, Hakim Marnissi, 25 ans, a été arrêté à Toulon et a reconnu en garde à vue avoir été en contact avec un jihadiste français en Syrie, pour projeter d’attaquer des militaires de la base navale de sa ville. Surveillé depuis sa radicalisation, il avait reçu un couteau de combat et deux cagoules par colis postal.

Mi-octobre, dans un discours aux forces de sécurité, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve avait estimé que 1800 Français ou résidents en France étaient «de près ou de loin concernés par des activités à caractère terroriste». Dans une interview à Libération publiée le 12 novembre, il précisait que «571 de nos ressortissants étaient actuellement identifiés dans les groupes terroristes en Syrie ou en Irak» et que 141 étaient «présumés y avoir trouvé la mort».

La France participe depuis plus de deux ans à la coalition anti-Etat islamique en Irak mais n’a commencé à mener des frappes sur la Syrie que depuis octobre.

 

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