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Au-delà des faits- Boye Djinné dans la gueule du loup

  • Date: 3 février 2016

 L’histoire de Boy Djinné passionne Sénégalais et Gambiens pour son caractère peu ordinaire. L’homme est parvenu à s’échapper à plusieurs reprises des prisons où il était en détention. Sa dernière escapade l’a poussé à atterrir en Gambie où il a été arrêté et mis en détention. Depuis, peu d’informations fiables sont transmises sur son sort.

La Gambie n’a pas communiqué officiellement sur l’affaire, à notre connaissance et les seules informations distillées dans la presse sénégalaise parlent d`une demande d’extradition qui aurait été faite par les autorités judiciaires sénégalaises via Interpol. Qu’à cela ne tienne, l’affaire Boye Djinné traduit une fois de plus sinon les divergences du moins l’incompréhension qui entoure les relations entre le Sénégal et la Gambie, deux pays frères que tout condamne à rester ensemble. Malheureusement, le diable est dans les relations. Et tous les prétextes sont bons pour activer des inimités. Depuis l’affaire Tabara Samb, cette sénégalaise exécutée en Gambie, les relations personnelles se sont dégradées entre les deux présidents. Il s’en est suivi d’autres affaires comme l’aveu de Sydia Bayo concernant le coup d’État manqué en Gambie et auquel il reconnait avoir participé.

Du côté de Dakar pourtant, les tentatives de normalisation des relations se sont traduites par l’expulsion de Bayo mais aussi de Kukoi Samba Sagna, quelque temps avant son décès.

Mais Jammeh continue publiquement à s’attaquer au président sénégalais à travers des diatribes qui rappellent les relations tendues entre Sékou Touré et Senghor dans les années 70.

Tout se passe, en effet, comme si le président gambien était dans une situation de charme permanente  à l’égard du Peuple sénégalais pour qui, il dit avoir beaucoup d’estime parce que y comptant de nombreux admirateurs. Et il n’a pas forcément tort. Ils sont nombreux les Sénégalais à apprécier les méthodes de Jammeh quant à la gestion de dossiers liés aux fêtes religieuses, à « l’ordre » et à la « discipline » qui règnent en Gambie dans beaucoup de secteurs et dans la vie quotidienne et sur bien d’autres sujets comme l’homosexualité. Ils disent ouvertement que Jammeh serait l’idéal pour redresser les Sénégalais, les remettre au travail et bannir le laisser-aller.

Ces déclarations qui parviennent à Jammeh le réconfortent dans sa politique, convaincu qu’il est sur la bonne voie. Au point qu’il a eu, un jour, à dire que s’il lui arrivait de se présenter à la présidentielle contre le président Sall, les Sénégalais voteraient pour lui.

Un Djenné dans les relations

L’affaire Boye Djenné vient d’illustrer, une fois de plus, cette donne. Nous avons, en effet, l’impression qu’en retenant le fugitif en détention, Jammeh est dans la logique de charme pour montrer aux Sénégalais que chez lui, il ne s’échappera pas. Comme quoi les prisons gambiennes sont sûres contrairement à ce qui s’est passé à plusieurs reprises au Sénégal. C’est dire que Boy Djenné est entré dans la gueule du loup. Ce qui devrait être un simple fait divers va se traduire en crise diplomatique si le Sénégal ne fait pas machine arrière. Jammeh ne l’extradera certainement pas. Les chances sont minimes pour Boy Djenné dans ce contexte de batailles personnelles entre deux présidents que tout devrait rapprocher mais qui, malheureusement, du fait des provocations de Jammeh, se sont éloignés.

Ceci est d’autant plus vrai que Sidya Baro n’avait pas été extradé par le Sénégal. Et Jammeh ne pardonne pas facilement. Il refuse même les cadavres d’opposants gambiens en exil lorsque les parents de ces derniers veulent les enterrer sur le sol de leur pays d’origine. Et son isolement international n’est pas pour l’aider dans cette tâche. C’est un secret de polichinelle que de dire qu’il est très critiqué aux plans africain et international. Ces méthodes sont peu appréciées. Notamment, lorsqu’il a voulu exécuter des condamnés à mort, arrêter un Imam très populaire et persécuter ses journalistes et ses opposants.

Tout récemment, il a aussi déclaré la Gambie État islamique sans consulter ses concitoyens, imposé le voile aux femmes de l’administration avant de se raviser.

Ces actes sont des défiances envers la communauté internationale qui serait tentée d’accentuer son isolement. La menace est à peine voilée et si signifie que si on le laisse tomber, ou on essaie de le faire tomber, il peut tendre la main à d’autres puissances ou forces dites extrémistes comme Daech.

Le président gambien est un fin stratège politique malgré les apparences. Il suit de près ce qui se passe au Sénégal, invite les vedettes de la lutte, des télévisions, de la musique comme Thione Seck et Ouza qui revendiquent son amitié.  Tout récemment, Serigne Modou Bousso Dieng avait été invité en Gambie, des  projets ficelés…Au fond, Jammeh aime bien le Sénégal, mais à sa manière.

Ce qu’il redoute, cependant, ce sont les accointances entre les pouvoirs sénégalais et ceux des pays occidentaux réfractaires à ses méthodes.

Jammeh applique ainsi la méthode de la défense par l’attaque. Au fond de lui, ce qu’il souhaite, c’est qu’on le laisse en paix. Mais il craint beaucoup le « géant » sénégalais qui entoure la Gambie de toute part…

 

Assane Samb

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