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AU DELÀ DES FAITS- LA PRÉSIDENTIELLE SERA EN 2019

Le président de la République, Macky Sall, ne pourra pas respecter sa parole. Celle de réduire son mandat de 7 à 5 ans. Il vient, en effet, d’annoncer qu’il se conforme à l’avis du Conseil constitutionnel lequel considère que la disposition concernant l’applicabilité du mandat en cours aux réformes doit être supprimée car elle ne sera pas conforme à l’esprit des lois et  à la lettre du texte fondamental.

Et le président Sall de convoquer l’article 92 de la Constitution pour dire que les dispositions de la Haute Cour ne tolèrent aucune dérogation et qu’il entend alors s’y conformer.
Pourtant, le chef de l’État avait auparavant fait savoir qu’il avait introduit cette disposition transitoire dans le texte parce qu’étant convaincu que le quinquennat répondait mieux aux standards internationaux et permettait notamment au Peuple de faire entendre sa voie d’une façon régulière.

C’est dire que le président Sall a trouvé dans le Conseil constitutionnel un bouc-émissaire. Car, comment peut-il continuer à confondre un « avis » qui est simplement consultatif et une « décision » qui est d’essence judiciaire. Il est clair que le document qui vient d’étre rendu public par le Conseil constitutionnel n’a rien d’une décision comme le laisse entendre le chef de l’État. Il n’était pas du tout lié. Son respect de l’avis du Conseil ne dépendait que de lui. Il a pris seul une décision dont il doit assumer les conséquences. Car, tout indique que ses partisans dont le dernier à s’être prononcé sur la question est Cheikh Kanté, ne sont pas du tout favorables au quinquennat. Moustapha Cissé Lô sort victorieux d’un combat qu’il avait engagé avec beaucoup d’énergie, de fougue. Et il était loin d’étre le seul. Dans l’entourage de Macky, on semble même créditer l’idée d’une erreur commise à propos de cet engagement de réduire le mandat. Certains pensent, en effet, que Macky ne devrait pas le prendre. Ils évoquent la nécessité de faire des résultats avec le Plan Sénégal Émergent (PSE) qui vient d’être lancé. Ils disent à qui veut les entendre que les 7 ans ne suffisent pas et que la parole d’un candidat ne vaut pas grand-chose devant la nécessité de respecter le mandat. Certains responsables de l’Apr comme Mbaye Samb de Grand-Yoff, Conseiller économique et social, moins téméraires que Cissé Lô, disaient préférer que le mandat soit maintenu à  7 ans mais qu’ils se conformeront à  toute décision prise par le président Sall.

Même le porte-parole de la famille Tidjane, Serigne Abdoul Aziz Al Amin, a cru devoir venir au secours du président Sall pour dire que « ce n’était là qu’une simple promesse de campagne », impossible à tenir selon lui, du fait de la nécessité de respecter son serment.

Depuis, en effet, ce lundi, les méthodes peu habituelles du Conseil constitutionnel et le changement opéré dans l’heure de la déclaration du chef de l’État qui a varié de 13 h a 20 h pour peut-être éviter d’éventuelles manifestations, nous renseignaient à  loisir sur les intentions de ce dernier d’aller à l’encontre des attentes de nombre de Sénégalais.

La logique politique a prévalu

Malheureusement, Macky se dit être obligé d’opérer un revirement sur une question où le reste du monde attendait le Sénégal. La leçon de démocratie a capoté cette fois. Le leader en chef de l’Alliance pour la République (Apr), a fait prévaloir la logique politique qui veut que l’on ne creuse pas sa propre tombe. Le pari de 2017 était, en effet, trop risqué. La demande sociale est telle et des leaders de l’opposition comme Idrissa Seck, Malick Gackou pour ne citer que ceux-là, tellement déterminés, que remettre ainsi en jeu son mandat serait politiquement suicidaire.

Bien sûr, ce sera dommage pour tous ceux qui disaient que le président de la République allait respecter sa parole parce que c’est un homme de conviction. Nous n’en doutons pas. Mais ce qu’il faut savoir aussi c’est qu’il est aussi un homme politique, donc de calcul. Les sondages secrets et autres astuces permettent, aujourd’hui, de connaitre les baromètres de popularité. Et Macky est plus informé qu’on ne le croit.

En conséquence, le référendum se vide de sens. Prévu le 20 mars, il risque de ne pas mobiliser grand-monde du fait de la suppression de la disposition liée à la réduction du mandat.

La présidentielle sera ainsi en 2019. Et au moins, pour une fois, les hommes politiques seront fixés sur la date exacte des élections.

Assane Samb

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