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Au delà des faits…LES DEUX PRÉALABLES À UN DIALOGUE RÉUSSI

  • Date: 26 février 2016

Le président Macky Sall, du Burundi où il se trouve actuellement, vient de tendre la main à son opposition et  à la Société civile pour un dialogue sur le projet de référendum.

Toutefois, des partis de l’opposition comme Rewmi de Idrissa Seck ont déjà répondu par la négative. Et ils seront loin d’être les seuls.

Il nous semble, en effet, que tout appel au dialogue doit être précédé de deux préalables : le report du référendum et la soumission de la réduction du mandat au peuple y compris le mandat en cours.

S’agissant du report du référendum du 20 mars, il s’impose du fait du caractère trop cours du délai et des exigences d’un dialogue dont on ne connait pas encore l’issue.

Tout indique dans cette affaire que le président de la République et son équipe avaient mis la charrue avant les bœufs. Car, sur une question aussi importante, il aurait fallu une large concertation de la classe politique et de la Société civile sur les points devant constituer le projet de réforme. Il est indéniable que si le travail de la Commission nationale de réforme des Institutions (Cnri) est suivi à  la lettre sans calculs politiciens, il n’y aurait aucune difficulté à mettre tout le monde d’accord.

Parfum de mea culpa

La démarche unilatérale du chef de l’État consistant à imposer les 15 points du projet de réforme a été maladroite. De Bujumbura où il se trouve, boosté par l’environ de tension dans le pays de Nkurunziza qui est en guerre contre son opposition, le président Sall a fait son mea culpa, en amorçant un recul de taille qui est à  son honneur.

Cependant, il faut qu’il aille plus loin. Le délai est trop court pour des concertations sérieuses. Si la date du référendum était maintenue, cela pourrait signifier que son appel n’est que de la poudre aux yeux destinée à faire bonne figure devant l’opinion nationale et internationale. Et il faut, pour convaincre, qu’il donne des gages sérieux de bonne foi.

L’autre préalable qui nous semble non moins important est le renoncement à l’idée de respecter l’avis du Conseil constitutionnel sur la réduction de son mandat. Cela ne veut pas dire qu’il va, de facto, décider de faire 5 ans. Il s’agira de soumettre la réduction du mandat au peuple dans le projet de référendum en y incluant celui en cours. Aujourd’hui, le principal goulot d’étranglement entre Macky d’une part et la classe politique et la Société civile d’autre part, c’est la question du mandat. Le président de la République avait promis de le réduire. Il doit au moins tenter de le faire par le peuple en le soumettant au référendum. Il n’est pas encore trop tard de s’y atteler. Et cela pourrait désamorcer la vive tension qui ne cesse de monter depuis qu’il a décidé de ne pas appliquer la réduction au mandat en cours.

Dialogue de sourd

Sur toutes ces questions et bien d’autres, il serait souhaitable que pouvoir et opposition arrivent à s’entendre en se mettant autour d’une table. Malheureusement, depuis son accession au pouvoir, le président Sall a du mal à rencontrer son opposition. Le dialogue est le point faible du magistère de Macky. En lieu et place, l’activation de l’article 80 et la multiplication subséquente des procès pour offense au chef de l’État sans oublier la traque des biens mal acquis, ont fait prévaloir un dialogue de sourd au point de créer un climat permanent de tension latente au Sénégal.

Au demeurant, le dialogue a ses exigences. Pour y arriver, il faudrait bien qu’il y ait des concessions de part et d’autre. Or, les récentes déclarations de son Envoyée spéciale Mimi Touré, extirpant du dialogue toute possibilité de revenir sur les 7 ans du mandat en cours, est pour conforter l’opposition dans son refus. Celle-ci n’a même pas jugé bon de donner des préalables au dialogue. Elle a tout simplement refusé convaincue d’avoir adapté la bonne stratégie contre Macky. Il s’agit, certainement, pour elle, de pousser le président à bout.

Il faut dire qu’il y a des jusqu’au-boutistes partout. Mais notre conviction est que si le président Sall suspendait le référendum et revenait sur son intention de respecter l’avis du CC, des médiations pourraient désormais être entamées et aboutir à un résultat salvateur pour la démocratie sénégalaise.

Il faut, à tout prix, éviter des appels au dialogue qui obéissent à des logiques de fourberie politique pour refroidir les ardeurs d’hommes politiques et de membres de la Société civile déterminés  à engager un bras de fer pour pousser le président de la République à respecter sa parole.

Assane  Samb

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