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Autosuffisance en riz au Sénégal- l’Ancar opte pour le système de riziculture intense

  L’Etat du Sénégal s’est fixé un objectif à l’horizon 2017. Il s’agit de l’atteinte de l’autosuffisance en riz à travers le pays. Pour arriver à cet objectif, l’Agence nationale de conseil agricole et rural (Ancar) prône pour le système de riziculture intense. Différentes variétés de riz sont expérimentées, à cet effet, dans les régions du Sud.

Dans le cadre de sa politique de lutte contre l’insécurité alimentaire au Sénégal, le président de la République, Macky Sall,  s’est fixé comme objectif, l’atteinte de l’autosuffisance en riz au Sénégal à l’horizon 2017. Un programme que les différentes organisations paysannes établies dans le pays ont fini d’épouser. Mais chacune d’elle y avance avec son système et sa technique culturale. L’Agence nationale de conseil agricole et rural  (Ancar) travaille, depuis l’annonce de cette ambition du chef de l’Etat, autour d’un projet appelé « Diffusion à grande échelle des variétés Nérica et Sahel ».

Il s’agit d’un programme qui consiste à sensibiliser les paysans sur les nouvelles variétés de semences de riz et de leur apprendre également la technique culturale qui s’adapte avec ces semences. Plusieurs localités des régions de Sédhiou, Kolda et Ziguinchor ont été retenues pour la phase test des deux différentes variétés.

Le village de Karthiack, dans le département de Bignona, en est un. Dans cette localité, les deux variétés de riz sont expérimentées. « Il s’agit de variétés dont le cycle est de 90 jours », selon le point focal du projet de diffusion à grande échelle à l’Ancar/Casamance. Sur la possibilité d’arriver à atteindre l’autosuffisance au Sénégal, l’Ancar y croit fortement. « C’est bien possible d’atteindre l’autosuffisance en riz dans notre pays avec la riziculture pluviale. Avec cette technique, le producteur peut faire quatre à cinq tonnes de riz à l’hectare », nous rapporte Lahat Dieng. « Souvent on le faisait dans les systèmes irrigués mais c’est possible pour le système pluviale », a-t-il indiqué devant notre micro.

Pour amener les populations à s’approprier ces nouvelles variétés de riz, l’Ancar a initié ce week-end une visite sur son périmètre de Karthiack où sont expérimentées ces variétés. Plusieurs paysans de la localité ont répondu favorablement à cette invitation. Ces derniers ont été tous séduits par le travail sur le terrain et les résultats obtenus par l’Ancar. Beaucoup d’entre eux ont, d’ailleurs, fait leur commande de semences pour la prochaine saison. Le président de gestion des vallées de Karthiack en est un. Lamine Sambou a, dans l’entretien qu’il nous a accordé d’abord regretté le fait qu’il soit parmi les derniers qui bénéficie de ce programme avant de dire tout son engagement de faire cette technique culturale sa priorité.

Même avec ces bons résultats obtenus sur cette phase test, les agriculteurs de la commune de Karthiack restent confrontés à un véritable problème lié surtout au manque de matériel agricole. Dans cette localité, les paysans travaillent avec les moyens du bord. « C’est avec des bâtons que nous mêmes avons fabriqués qu’on parvient à nettoyer notre périmètre. Nous n’avons pas de matériel qui puisse nous permettre d’avancer dans le travail », s’exclame la dame Marie Moundawe Diédhiou. Elle a invité l’Etat à jeter un regard très important sur leur localité.

Interpellé sur cette question, le point focal de l’Ancar reconnait la véracité des propos de la dame. Lahat Dieng estime que si ces paysans disposaient de matériels agricoles, ils feraient de très grands rendements. Et ceci pourrait contribuer de façon positive sur l’atteinte de l’autosuffisance en riz au Sénégal en 2017.

Abdourahmane DIALLO

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