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Avec l’euro fort, une nouvelle dévaluation du CFA est possible

Appréciation de l’euro par rapport au billet vert qu’est le dollar, compétitivité des exportations, tels sont, entre autres, les arguments qu’avancent ceux qui sont favorables à une deuxième dévaluation.

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Depuis 2004, la valeur de la monnaie européenne n’a cessé d’augmenter face au dollar. De 0,83 l’euro est passé à 1,31 dollar fin en fin novembre 2006, pour atteindre 1,36 dollar en avril 2007. «Pour les argentiers européens, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Le seuil critique est encore loin», lit-on dans le nouveau journal Les Afriques. Ce qui n’est pas le cas pour les pays qui ont en commun le franc Cfa, car, le premier numéro, juillet-août, de cet hebdomadaire économique indique que «l’euro trop fort comporte des conséquences négatives pour la zone Cfa». Un argument que brandissent certains économistes pour défendre la thèse d’une nouvelle dévaluation du franc Cfa.

De l’avis de ces pro-dévaluation, «le coût de la main d’œuvre, déjà élevé en comparaison avec les pays asiatiques, en est artificiellement gonflé. Il encourage les importations au détriment des productions locales, y compris l’importation de biens qui ne sont pas nécessairement indispensables».

Aussi invoquent-ils d’autres effets bénéfiques de la dévaluation, qui croient-ils, va renforcer la compétitivité des produits, permettre une augmentation des exportations et de leurs revenus, et une atténuation de la pression des importations. «A l’exportation, les productions locales deviennent moins compétitives que celles qui concurrencent des pays hors zone euro. Il en est ainsi du coton béninois, de la banane camerounaise, du café ou du cacao ivoirien face aux produits analogues américains et latino-américains qui exportent en dollars, et qui sont, de surcroît, subventionnés. Le revenu des exportations de matières premières africaines facturées en dollars affaibli est diminué conséquemment», plaident les défenseurs de la dévaluation. Mieux, ils avancent les difficultés des principales filières agricoles de la zone.

Un argument balayé par nombre d’experts africains qui estiment que la fragilité et la vulnérabilité des filières agricoles est à imputer à une récurrente mauvaise gestion de la productivité, mais également aux subventions européennes et américaines. En outre, contrairement aux pro-dévaluation, les rédacteurs du journal africain considèrent qu’«une dévaluation du franc Cfa aurait pour conséquence une hausse vertigineuse du coût des importations, un surenchérissement de la facture pétrolière, une inflation globale». Les confrères sont d’avis que «le chômage qui a déjà atteint des niveaux inacceptables, s’accroît davantage. Un abrupt changement de parité remettrait en question la pertinence des politiques de convergence que les pays de l’Uemoa (Ndlr : Union économique monétaire ouest africaine) et de la Cemac (Ndlr : Communauté économique et monétaire des Etats d’Afrique centrale) s’évertuent à respecter, tant bien que mal, pour consolider et renforcer les processus d’intégration économique et monétaire dans lesquels ils se sont engagés, plus résolument, depuis une douzaine d’années et qui ne devraient point être réversibles».

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