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Aveugle et tisseuse de nattes- Clémence Sagna, NEZ POUR LA DÉBROUILLE

Atteinte de cécité depuis ses 20 ans, Clémence Sagna n’a pas pour autant baissé les bras. Elle montre, au-delà de tout, que les autres parties de son corps fonctionnent toujours. Elle participe aux travaux champêtres, va puiser de l’eau au puits, prépare le repas pour ses enfants et tisse ses nattes comme une personne bien portante le ferait. Mariée et mère de 5 enfants, Clémence Sagna considère son handicap comme une force et chaque jour est, pour elle, un nouveau combat.

La cécité ne l’arrête pas. Au contraire, c’est un atout pour elle. C‘est à Samé, un village situé dans le département de Goudomp que Clémence Sagna a vu le jour vers les années 68. Atteinte de cécité depuis ses 20 ans, elle a tenu à perpétuer l’héritage qu’elle avait reçu de sa grand-mère. «C’est ma grand-mère qui m’a éduquée et m’a appris à tisser des nattes. J’en fais toujours pour avoir de quoi subvenir à mes besoins ainsi qu’à ceux de ma famille

La quadragénaire vit avec son époux et se livre actuellement à cette unique occupation. «Je prends des feuilles de rônier ou de palmier que les garçons m’ont tirées et que je vais sécher pendant trois jours. Ce sont ces feuilles que j’utilise pour tisser mes nattes.»

Le travail n’est pas facile pour Clémence. Aussi, ses enfants l’aident-ils souvent. «Quand ils m’aident, j’arrive à finir une natte au bout de trois jours. Mais si je n’ai personne pour m’aider dans le travail, cela me prend plus de temps

A la fin, Clémence produit trois catégories de nattes qu’elle revend dans le village. «La petite c’est à 500 F, la moyenne à 1 000 F et la plus grande à 1 500 F.» Actuellement elle tient ce business, mais remarque que cela ne marche pas comme elle le voudrait. «Parfois, je ne vends que très peu. Le travail est difficile alors que le coût est moindre. Aussi, il m’arrive parfois de vendre d’autres articles

Clémence espère un jour tenir son propre élevage de porcs. «Je voudrais bien pouvoir élever des porcs pour les revendre et en tirer profit. La vie est dure ici et je gère tout. Mon mari, lui, est trop âgé pour le faire.» Clémence s’occupe bien de sa maison comme le soutient sa sœur Philomène Sagna.

«Elle nous accompagne tout le temps aux champs pour récolter le riz. Et va même parfois au puits», affirme-telle. Ce n’est pas tout. Clémence maîtrise par-dessus tout l’art de la cuisine et sait, en vrai diola, faire du bon «niakantang» accompagné de la sauce piquante de poisson et d’huile de palme, assure-t-elle.

Hum juste de quoi faire saliver les Sérères !

Le Quotidien

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