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Avortement clandestin au Sénégal- L’hécatombe en chiffres !

  • Date: 1 octobre 2015

 

Près de 52.000 grossesses font l’objet d’avortement dont 16.700 complications et se soldant par près de 400 décès tous les ans. En termes plus clairs, une femme meurt chaque jour à cause d’avortement.

Malgré la législation fortement restrictive au Sénégal, 51 500 avortements ont été provoqués en 2012, soit un taux de 17 avortements pour 1.000 femmes âgées de 15 à 44 ans. Ces chiffres aussi effarants qu’effrayants ont été divulgués hier par l’Agence américaine Guttmacher Institute. Les résultats de l’étude publiée en avril 2015 ont révélé que la plupart des avortements ont été pratiqués clandestinement et dans des environnements non médicalisés, nécessitant une intervention médicale.

L’étude a aussi révélé que plus de la moitié des femmes, soit 55%, souffrent de complications requérant une attention médicale. En cause, indique le rapport, près de deux tiers (63%) des avortements pratiqués au Sénégal le sont par des personnes non qualifiées et sont considérés présenter un très haut risque.

Selon les estimations, 38% sont pratiqués par les guérisseurs traditionnels et 21% sont provoqués par les femmes elles-mêmes. Environ 4% sont provoqués à l’aide de drogues/médicaments ou autres substances achetées en pharmacie. Le risque de complications après avortement varie considérablement en fonction du revenu de la femme et de son lieu de résidence.

Si 73% des femmes pauvres des milieux ruraux souffrent de complications liées à l’avortement, 35% seulement de leurs homologues urbaines non pauvres en sont atteintes.  De même, le traitement des complications est lié au lieu de résidence et à la richesse. Environ la moitié des femmes pauvres atteintes de complications suite à un avortement (46% en milieu urbain et 56% en milieu rural) ne reçoivent pas de soins médicaux. Par contre, 25% seulement des femmes rurales non pauvres et 14% de leurs homologues urbaines ne reçoivent pas l’attention médicale requise.

Les taux de complications sont les plus élevés pour les avortements provoqués par les femmes elles-mêmes (79%) ou pratiqués par un prestataire non qualifié (71%). Ils sont les plus faibles pour les avortements pratiqués par un médecin (22%) ou par une infirmière ou une sage-femme (35%).

En 2012, plus de 16.700 femmes ont été traitées pour cause de complications suite à un avortement non médicalisé, soit un taux de 5,5 complications traitées pour 1.000 femmes âgées de 15 à 44 ans. Les centres de Santé, les hôpitaux de district et les hôpitaux régionaux assurent la plus grande partie des soins après avortement au Sénégal. En moyenne, chaque centre de Santé et hôpital de district a soigné 143 femmes pour complications après avortement en 2012 et chaque hôpital régional en a soigné 233.

Les postes de Santé (établissements de soins primaires de niveau inférieur dotés d’un personnel infirmier et d’assistants médicaux) ont traité une moyenne de 21 femmes atteintes de complications après avortement et les cliniques privées en ont traité 40.

 

 

 

 

Dakar, la région la plus «avortogène»

 

Le rapport nous apprend également que le taux d’avortement est plus élevé à Dakar avec 21 pour 1.000 contre 15 pour 1.000 pour l’ensemble des autres régions du pays. Selon toujours le rapport, la différence s’explique probablement par le fait que les résidentes de Dakar désirent moins d’enfants et sont plus motivées à éviter les naissances non planifiées que les femmes des autres régions du Sénégal.

Les femmes des autres régions se rendent vraisemblablement aussi à la capitale pour se faire avorter et pour obtenir les soins après avortement nécessaires. Pourtant et aussi paradoxal que cela puisse paraître, le Sénégal est un exemple en Afrique dans la lutte contre l’avortement clandestin. En effet, le taux d’avortement au Sénégal est inférieur à celui de l’Afrique dans son ensemble (29 pour 1.000 en 2008). A titre de comparaison, notre pays peut se mesurer aux Etats-Unis (17 pour 1.000 en 2011) et à des pays européens.

Mouhamadou BA

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