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BABACAR GAYE, PORTE-PAROLE DU PDS « Le référendum du 20 mars est échec car Macky peine à mobiliser les 2/3 de notre population »

  • Date: 29 mars 2016

 Porte-parole du Parti démocratique sénégalais (Pds), Babacar Gaye a été, samedi dernier, l’invité du Grand Oral sur la 97.5 Rewmi FM. Au cours de cet entretien, il est revenu largement sur le référendum mais aussi sur l’avenir de la « Coalition du Non ». À l’en croire, il y aura un séminaire national d’évaluation de leur participation au référendum et les résultats obtenus par la « Coalition du Non » et au cours duquel ils en profiteront pour tracer les perspectives concernant l’avenir de cette coalition.

Référendum du 20 mars dernier

« Il faut retenir que les Sénégalais ont rejeté dans une large majorité le projet de réforme de la Constitution que le Président Macky Sall leur proposait. Ils n’ont pas trouvé un intérêt à le partager avec lui. Ce qui devait constituer pour l’avenir et au service des générations futures le socle de l’organisation de notre État. C’est pourquoi, les Sénégalais, contrairement aux autres référendums, n’ont pas dénié répondre à l’invite du Président Macky Sall quand bien même il aurait déployé toute son énergie, fait campagne, utilisé les deniers publics afin d’intéresser ou de désintéresser surtout les grands électeurs pour qu’ils viennent répondre le 20 mars. C’était un échec total. Le dernier référendum que le Sénégal a eu à organiser sous Wade a intéressé plus de 67% de nos concitoyens. Si le Président Sall peine à mobiliser les 2/3 de notre population pour qu’ensemble nous établissions les règles du jeu, les règles fondamentales de l’organisation d’un État, cela veut dire fondamentalement, qu’il a échoué dans son projet de fédérer les Sénégalais autour d’un creuset institutionnel (…) Malheureusement, le constat que les Sénégalais ont fait, c’est que le Président Sall avait à ses côtés un juriste maître tailleur qui a été désavoué par plus de 45 intellectuels de haut niveau de son rang sur la manière dont les choses se sont passées, surtout, après la décision controversée du Conseil constitutionnel. Il n’y a pas de contexte différent entre le référendum de Macky Sall et celui d’Abdoulaye Wade. Un président nouvellement élu, des hommes qui pensaient que le Sénégal n’était pas bien organisé du point de vue institutionnel, deux présidents qui ont fait appel au peuple pour participer à un référendum. L’un a pris le temps de la réflexion, plus d’une année, l’autre, à son habitude, a fait un forcing  pensant que les Sénégalais étaient assez dupes, que l’opposition était assez molle pour nous imposer des règles du jeu qui ne nous agréent pas. Voilà la lecture qu’il faut en faire. Il ne faut pas se cacher derrière deux dates différentes pour évoquer des contextes différents. »

Le faible taux de participation

« Cela veut dire fondamentalement, comme dans tous les pays où la Constitution n’a pas pu fédérer l’essentiel de la population, il y aura une réforme de cette réforme. Il faut s’attendre à ce que, dans un proche avenir, que la classe politique, la Société civile, les citoyens qui ont senti la nécessité de ne pas participer à la réforme de Macky Sall de s’organiser pour proposer au peuple sénégalais une réforme autre que celle-là (…) Sur le verrouillage, tous les constitutionnalistes, tous les experts en sciences politiques, sont unanimes sur la base de l’article 2 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen qu’aucune génération ne peut assujettir  à ces lois. Le peuple souverain restera toujours souverain. Même la forme républicaine de l’État pourrait être un jour remise en cause par une génération qui penserait que la meilleure façon d’organisation de l’État ce n’est pas la République mais c’est certainement la royauté. Il existe dans le monde des pays hautement démocratiques bien développés et qui sont constitués en royaume ou en principauté. Pourquoi Macky Sall et son régime pensent-ils pouvoir  enfreindre à cette règle et ensuite nous encercler dans une éternité ou dans une intangibilité des textes qu’ils nous ont proposés. Le moment venu, les Sénégalais qui ne se sentiraient pas dans cette forme d’organisation de l’État vont prendre leur responsabilité en retournant la parole au peuple souverain pour qu’en constituant originel que ce peuple prenne ses responsabilités. »
La sortie du ministre de l’Intérieur, Abdoulaye Daouda Diallo, sur le faible taux de participation

« D’abord, le ministre de l’Intérieur parle beaucoup et agi peu. Il n’avait pas le droit de se prononcer sur les résultats qui n’étaient pas encore officiels. Ensuite, on ne peut pas se prévaloir de sa propre turpitude. S’il y a un stock mort dans le fichier, c’est de la responsabilité du ministre de l’Intérieur. Si la machine qui éditait les cartes électeurs est tombée en panne, c’est également de la responsabilité du ministre de l’Intérieur. À l’ère de l’informatique tous azimuts,  il est inacceptable qu’il n’y a pas une redondance dans les installations techniques au niveau de la Daf. La redondance, c’est de mettre en place un système capable aussi bien pour le système, le stockage, les logiciels que les machines chargées de produire les outputs d’être redondants. C’est ça le rôle d’un homme d’État, prévoir. Le ministre de l’Intérieur a échoué parce qu’il n’a pas mis en place un système redondant. Par ailleurs, on n’a pas accepté que les électeurs concernés par cette panne puissent voter sans leurs cartes parce que le ministre de l’Intérieur nous a habitués à la fraude. Il l’a fait dans son département, il l’a fait dans son petit village, il l’a fait dans sa Commune, il l’a fait aux Usa, il l’a fait partout où il pensait mobiliser sa communauté au service de son parti. C’est pourquoi, nous n’avons pas confiance en cet homme qui nous proposait quoi. D’abord, de marcher sur la loi, de ne pas respecter les dispositions légales et on nous chante partout surtout après la décision, avis du Conseil constitutionnel que c’étaient des légalistes et qu’ils étaient respectueux des règles. Il n’était pas acceptable pour dédouaner le ministre de l’Intérieur que l’on retienne comme palliatif l’utilisation des récépissés estampillés, cachés Cena, cachés autorités administratives, territoriales pour que ces gens-là puissent voter. Nous avons une hantise de ce qui s’est passé en 1993 avec les ordonnances de celui que je ne veux pas nommer ici à Dakar. C’est pourquoi, l’opposition très avertie a estimé de voir s’opposer à cette forme de gouvernance même si nous regrettons il faut le reconnaître que ça a empêché à une multitude de personnes surtout des jeunes de participer au référendum. Pour l’avenir de ce pays et sa stabilité politique, il urge que le Président Sall se décide enfin à choisir un homme indépendant afin d’ouvrir des discussions approfondies pour d’abord réformer le fichier, faire son audit de façon transparente. »

L’avenir de la « Coalition du Non »

« Vous savez très bien qu’elle ne peut plus s’appeler ”Coalition du Non”. Cependant, il est évident qu’après ce référendum  ou avec ce référendum une dynamique a été posée et il appartient aux différentes forces politiques et sociales qui étaient autour du rejet de la politique de Macky Sall de décider de l’avenir de cette dite coalition. En réalité, notre coalition n’était pas seulement pour que la réforme constitutionnelle ne passe pas, notre coalition était une forme de protestation à l’encontre du Président Macky Sall qui gouverne mal notre pays, qui est incompétent pour le mettre sur l’orbite du développement. Qu’adviendra-t-il de son avenir ? Il appartient aux différentes forces d’en décider. Nous avons prévu un séminaire national d’évaluation de notre participation au référendum et des résultats obtenus par la ”Coalition du Non”. Mais certainement, nous en profiterons pour tracer les perspectives. Il est évident que les Sénégalais ne nous pardonneront jamais de tuer cette belle initiative qui pourrait être une alternative crédible au Président Macky Sall en 2017 pour lui imposer une cohabitation à l’Assemblée nationale et enfin le faire démocratiquement en 2019. Par ailleurs, je ne peux pas confirmer que pour les législatives nous avons décidé d’y aller ensemble avec la pluralité des candidats. Il n’y a pas eu de rencontre qui ait sanctionnée une telle décision. Il n’existe pas de perspective tracée dans ce sens. Cependant, tout le monde réfléchit dans ce sens, c’est-à-dire l’avantage de cette coalition aurait été de gagner tous les grands départements et d’élire nos députés sur la base de ce scrutin départemental et ensuite prendre l’essentiel des députés au niveau national. Mais, nous sommes des partis différents même si l’essentiel de ces organisations politiques sont issues du Pds. Il s’y ajoute l’arrivée dans cette coalition de la majorité des membres de l’Afp dirigée par le frère Gackou. »

Cheikh Moussa SARR

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