Confidences

BABACAR GAYE (PORTE-PAROLE DU PDS) ‘’Macky Sall n’est pas un monarque mais le serviteur d’un Etat’’

  • Date: 16 décembre 2015
 La sortie du chef de l’Etat ce week-end sur la tenue du prochain référendum continue de faire débat. Dans un entretien express accordé au journal ‘’EnQuête’’, le porte-parole du Pds, Babacar Gaye, analyse les propos du chef de l’Etat.  Il donne également son avis sur la dernière session budgétaire.

Le président de la République a fait une sortie ce week-end pour se prononcer sur le référendum et un peu sur les agitations de l’opposition. Comment appréciez-vous ces propos ?

C’est une énorme incongruité dans une république démocratique de penser que les citoyens ne peuvent pas exercer de pression sur les gouvernants à propos de la date d’un référendum. Ce qui constitue  la seule voie légale pour modifier les dispositions de la Constitution relatives à la durée du mandat du président de la République. Qui plus est, l’éthique politique, le respect d’un engagement électoral et la morale suffisent pour contraindre un homme d’Etat vertueux à agir conformément à ses obligations. Le président de la République n’est pas un monarque. Il est un simple serviteur d’un Etat qui a des exigences. La maîtrise du calendrier électoral en est une.

Et Personne n’accepterait une dictature au Sénégal. Ces propos m’inspirent désolation et inquiétudes pour notre stabilité politique. Le Président Macky Sall est inutilement colérique et belliqueux. Il méprise le rôle que notre Constitution lui a assigné. En tant que clé de voûte des institutions, il gagnerait à être plus serein, dompter ses humeurs et bannir les signes d’un agacement récurrent qui caractérise ses discours. Au demeurant, aucune menace ne peut empêcher les coups de boutoir de l’opposition et des citoyens qui peinent à comprendre cette fâcheuse manie de traiter ceux qui ont droit de vie et de mort sur leurs élites.

 A votre niveau que préconisez-vous pour lui faire respecter son engagement ? Est-ce obligatoire ?

Le respect d’un engagement est obligatoire du point de vue éthique. Dès lors qu’il n’était pas obligé de faire cette promesse démagogique, Macky Sall assumera seul toutes les conséquences fâcheuses qui découleraient d’un presque probable reniement. Je pense très franchement qu’il devrait clore ce débat en profitant de son adresse à la Nation de fin d’année pour dévoiler  définitivement la date et le contenu du référendum. Je rappelle que tout le pays retient son souffle à propos de la suite à donner aux conclusions du rapport de la Commission nationale de réforme des institutions.

 Comment analysez-vous le déroulement de la dernière session budgétaire avec un fort taux d’absentéisme des parlementaires et des ministres qui sont passés sans débat ?

On ne peut rien attendre de cette assemblée croupion. Depuis l’indépendance, le Sénégal vit la pire des législatures. Alors que les tenants du pouvoir annonçaient partout des ruptures sur la gouvernance démocratique, économique et financière.  J’estime qu’il y a encore des efforts à faire pour donner à l’Assemblée nationale toutes ses lettres de noblesse en renforçant ses prérogatives constitutionnelles et en réformant en profondeur le mode d’élection des députés qui sont toujours inféodés au prince. Je suis pour une élection des députés par circonscription au scrutin uninominal à deux tours. La liste nationale devrait être supprimée. En lieu et place d’un salaire, je préconise une indemnité forfaitaire pour le transport et le logement ainsi qu’une indemnité journalière de session effective.

Cela aiderait à rationaliser l’utilisation des ressources publiques et à encourager l’assiduité et la régularité aux travaux de l’Assemblée. En revanche, le vote sans débat n’est possible que si après la lecture du rapport de la commission compétente, aucun député ne demande la parole. Ce qui prouverait que les députés n’accordent aucun intérêt à l’évaluation des autorisations parlementaires qui avaient été accordées au gouvernement pour la mise en œuvre de politiques publiques dans un secteur donné. Alors, le Président de séance soumet le projet de texte aux voix. En tout état de cause, ce vote en l’absence d’aucun débat ne doit pas découler de la seule volonté d’une majorité de députés pour faire plaisir à un ministre. Cela dénote plutôt d’une paresse parlementaire.

Pourquoi votre parti se rapproche de plus en plus des chancelleries occidentales pour plaider sa cause ?

Les rencontres de l’opposition avec les chefs de mission diplomatique ne sont pas quelque chose de  nouveau. Qui plus est, les chancelleries occidentales sont très sensibles à tout ce qui concerne la stabilité politique du Sénégal qui est une denrée rare en Afrique. D’autant que la plupart du temps, elles mettent la main à la pochette pour le bon déroulement de nos élections. Par contre, leur implication dans la résolution des crises politiques devrait céder la place à un dialogue permanent entre la majorité et l’opposition sur les questions d’envergure nationale. La sauvegarde de notre souveraineté et de notre autonomie financière a ma préférence, même si dans ce monde devenu un petit village, la coopération internationale est incontournable.

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