BACCALAUREAT A GOUDOMP-LES 98 CANDIDATS ABSENTS SE SONT LANCES DANS L’EMIGRATION CLANDESTINE

Fait rarissime. A Goudomp, département situé dans la région de Sédhiou, la plupart des candidats absents au baccalauréat de cette année, se sont lancés dans l’émigration clandestine, sans attendre le déroulement des épreuves. Au total, selon les estimations de la société civile, ils sont au nombre de 98 potaches.

Malgré les centaines de morts dans les eaux libyennes, l’Europe attire toujours les jeunes, qui, au prix de leur vie, bradent tous leurs biens pour aller à l’aventure. Et certains abandonnent leurs études pour rejoindre le vieux continent via la Lybie, dans une incertitude totale. Cette situation s’est posée à Goudomp, département situé dans la région de Sédhiou. Dans cette zone, communément appelée le Balantacounda, le phénomène migratoire frappe de plein fouet la jeunesse.

Chaque semaine, des groupes de jeunes quittent leurs villages pour rejoindre l’Europe dans des conditions suicidaires. Le dernier départ de jeunes date de quelques semaines avant le Bac. En effet, au total, 98 candidats inscrits n’ont pas répondu présent le jour de l’examen dans leur centre. Après vérification, il se trouve que ces derniers se sont lancés dans l’émigration clandestine, mettant un terme à leurs études. Une situation que déplorent les acteurs de l’éducation et de la société civile, qui invitent les parents à dissuader leurs enfants à prendre le chemin de l’émigration clandestine.  «Nous condamnons fermement ce fait. Des jeunes qui abandonnent leurs études au milieu de l’année scolaire pour aller à l’émigration, c’est inadmissible. Les parents ne doivent pas accepter que leurs enfants partent à l’aventure, dans certaines conditions», fulmine le coordinateur du Forum civil section Goudomp.

Pour Souleymane Seydi, ce voyage vers l’inconnu constitue un risque pour ces jeunes. Car, poursuit-il, une soixantaine de candidats à l’émigration sont déclarés morts. «Il faut une campagne de sensibilisation afin de retenir les candidats à l’émigration. Beaucoup de jeunes du Balantacounda ont perdu la vie sur le chemin de l’émigration», ajoute-t-il. Pour mettre un terme aux nombreux départs de jeunes vers l’Europe, la société civile de Goudomp pense que l’Etat du Sénégal doit intervenir le plus rapidement possible, en leur accordant des formations dans différents domaines. «Nous demandons à l’Etat de réagir vite, car l’heure est grave. Que des jeunes partent à l’émigration, alors qu’ils se sont inscrits au Bac, il y a de quoi s’inquiéter. Ces jeunes doivent être formés pour les maintenir dans leur localité », soutient Souleymane Seydi, coordinateur du Forum civil section Goudomp.

L’As

Voir aussi

KAOLACK : 29 BÉNÉVOLES DE LA KUCSS POUR APPUYER LES VOLONTAIRES DE LA KOICA

Vingt-neuf bénévoles de la Korean university council for social service (KUCSS) sont venus spécialement de …