SOCIETE

BAGARRE AU MARCHE MAME DIARRA Le meurtrier de Bamba Thioye condamné à 10 ans de travaux forcés

  • Date: 9 novembre 2016

Gardien au marché Mame Diarra de Guédiawaye, Cheikh Diouf a comparu, hier, à la barre de la chambre criminelle pour meurtre. Il a été déclaré coupable puis condamné à 10 ans de travaux forcés. L’accusé doit également verser à la famille de la victime la somme de 20 millions de nos francs à titre de dommages et intérêts.

Les faits remontent à la nuit du vendredi 31 décembre au samedi 1 janvier 2011. Les éléments du commissariat de Guédiawaye ont été informés par les sapeurs-pompiers de la découverte d’un corps sans vie au marché Mame Diarra. Selon les informateurs, c’est lors d’une bagarre que le sieur Bamba Thioye a été mortellement poignardé par Cheikh Diouf. Les policiers se sont transportés sur les lieux du drame où ils ont rencontré le père de la victime, Babacar Thioye. Interrogé,  il a déclaré que son fils est revenu de son lieu de travail et est ressorti avant le dîner vers une destination inconnue. Plus tard, il a été informé que ce dernier a été gravement blessé par arme blanche. Et, c’est dans ces circonstances qu’il a rendu l’âme. Attrait à la barre de la chambre criminelle, hier, l’accusé Cheikh Diouf a reconnu les faits avant de revenir sur ce qui s’est réellement passé ce jour-là. A l’en croire, une bagarre a éclaté entre lui et la victime, une première fois, et au cours de laquelle il lui a confisqué son bonnet et son couteau. Une seconde bagarre éclata dans la nuit du 31 décembre 2011, quand Bamba Thioye est revenu au marché avec sa bande pour récupérer ses objets saisis. “J’ai allumé la torche et Bamba m’a fait signe avec la main de baisser la lumière. J’ai descendu la lampe et il a sorti un couteau. Ainsi, d’autres personnes sont venues nous encercler. Et quand les autres gardiens sont venus, ils ont pris la poudre d’escampette. Bamba se vantait du fait qu’il était invulnérable aux armes”, a déclaré Cheikh Diouf à la barre. Avant de poursuivre : “Je dois préciser que Bamba était resté avec quelques personnes pour me faire la fête. J’ai ramassé un bâton et quand ils me sont tombés dessus, je lui ai porté un coup sur la tête et le bâton s’est cassé. C’est ainsi que j’ai pris un coupe-coupe auprès d’un des gardiens. J’ai voulu le frappé au niveau de l’avant-bras, mais il est tombé. En se relevant, il m’a assené deux coups de couteau au niveau du bas ventre et à la jambe”.

La partie civile réclame 500 millions à titre de dommages et intérêts

S’exprimant toujours à la barre de la chambre criminelle, l’accusé a renseigné que lorsque Bamba s’est baissé, il l’a atteint au cou et il est tombé. “Sur ces entrefaites, j’ai pris un taxi pour me rendre au commissariat avec le coupe-coupe. Mais auparavant, j’ai voulu même le sauver, mais en vain. Je voulais juste me défendre parce que je croyais qu’il voulait me tuer. Il faut dire également que je les avais pris pour des voleurs”, a-t-il encore dit.

Pour sa part, Babacar Thioye, père de la victime et par ailleurs partie civile dans cette affaire, a révélé que son fils n’a pas été tué au marché. “Lorsque je me suis rendu sur les lieux, j’ai constaté qu’il n’était pas au marché, mais de l’autre côté. Il l’a tué avant de le traîner jusque à côté d’un magasin. Les gardiens nous ont fait croire qu’il était en train de voler”, a dit le père, selon qui, son fils a fait deux ans de prison parce qu’il fumait du chanvre indien. Cette déclaration semble être rejetée par leur avocat qui a déclaré qu’on s’est appesanti sur le fait que la victime était un usager de la drogue. “Malgré cela, est-ce qu’il n’avait pas le droit de vivre ? C’est un être humain, en chair et en os. Il travaillait au port de Dakar et aidait sa famille au quotidien. L’accusé n’a pas nié les faits, il a commis volontairement un homicide”, a dit l’avocat de la partie civile. Pour lui, la volonté de tuer était manifeste parce que, poursuit-il, l’accusé est quelqu’un qui a non seulement de la force, mais aussi qui détient par devers lui une arme tranchante, un coupe-coupe. Il vise une partie vulnérable du corps, le cou. La violence en atteste parce qu’il a suffi d’un seul coup de couteau pour occasionner la mort. C’est un homme violent. C’est la raison pour laquelle, je vous dis que les faits de meurtre sont constants. Donc, vous le déclarerez coupable de meurtre et de nous allouerez la somme de 500 millions de nos francs à titre de dommages et intérêts”, dira la robe noire.

La défense demande la requalification des faits en coup mortel

De son côté, le représentant du ministère public a aussi révélé que les deux parties ont eu une première altercation au cours de laquelle ils se sont mutuellement donnés des coups. “La victime a pris la fuite avant de revenir quelques temps après. Lorsqu’il est revenu, il y a eu une autre bagarre et la victime a reçu un coup qui l’a conduit vers l’éternel”, a déclaré le maître des poursuites. Revenant sur le délit, le représentant du ministère public estime que l’élément matériel est établi parce que le certificat de genre de mort nous fait état que la victime est décédée suite à ses blessures. “La partie du corps visé montre l’élément intentionnel. Et, c’est à cause de l’état d’invulnérabilité que l’accusé n’a pas visé une partie insignifiante du corps. L’accusé avait une intention de tuer et c’est la raison pour laquelle je vous demande, qu’il vous plaise, de le déclarer coupable avant de le condamner à 20 ans de travaux forcés”, a requis le maître des poursuites.

Toutefois, les trois avocats qui se sont constitués pour assurer la défense de l’accusé ont, tour à tour, demandé la requalification des faits en coup mortel. “L’accusé a utilisé la légitime défense parce qu’ils l’ont trouvé dans son lieu de travail pour l’agresser. Ces jeunes étaient venus pour lui faire la fête. Ils l’ont trouvé dans son lieu de travail pour l’agresser une première fois et une deuxième fois. Face à cette “armée”, devait-il rester les bras croisés en attendant sa mort ?”, s’est interrogée la robe noire. Avant de demander à la chambre de requalifier les faits en coup mortel parce que leur client n’avait aucunement l’intention de tuer. “C’est un incident malheureux que nous regrettons tous. Et, je vous demande de lui faire une application bienveillante de la loi”, a plaidé la défense. En rendant sa décision, la chambre a reconnu l’accusé coupable de meurtre avant de le condamner à 10 ans de travaux forcés. Il doit également payer 20 millions à la famille de la victime à titre de dommages et intérêts.

Cheikh Moussa SARR

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