Accueil / ACTUALITES / Baila Wane sur les 500 millions de la Lonase virés dans une banque : «J’ai agi sur directive présidentielle»

Baila Wane sur les 500 millions de la Lonase virés dans une banque : «J’ai agi sur directive présidentielle»

Il fait l’actualité depuis que le journaliste-écrivain a publié un livre pour informer sur La Lonase – Chronique d’un pillage organisé. Baïla Wane, directeur général de cette entreprise publique, réplique à la suite de ses directeurs de services qui ont produit un document pour démentir le journaliste. Le mis en cause réfute tous les reproches contenus dans le livre et explique l’ampleur de ses prérogatives qui lui permettent de prendre certaines décisions mal comprises. Non sans en profiter pour faire le procès de M. Coulibaly.
Le journaliste, Abdou Latif Coulibaly, a publié un livre sous forme de lettre adressée à la Commission nationale de lutte contre la corruption, dans lequel il met le doigt sur les errements de votre gestion. Mais, c’est un collectif de directeurs de vos services qui se substituent à vous pour apporter un démenti.

Ils ne se sont pas substitués à moi. C’est une équipe dont je suis le coach, ce sont eux qui travaillent. C’est leur travail qu’ils défendent. Ils ont fait un travail qui est satisfaisant pour moi. Ce que Latif ne sait pas, c’est le rapport du Commissaire aux comptes publié à la date du 31 décembre 2006. (Il exhibe le document et lit des passages). Le rapport dit que la Lonase a réalisé un bénéfice net de 2,117 milliards de francs Cfa. Si cela ne satisfait pas, je ne sais pas ce qui peut satisfaire les Sénégalais. Je voudrais y ajouter que ces résultats n’ont jamais existé à la Lonase et, je défie quiconque d’affirmer le contraire. Mieux, nous avons une situation nette redevenue positive. Au 31 décembre 2006, nous avions une situation négative de 21 milliards de francs Cfa et, aujourd’hui, nous avons une situation positive de plus de 5 milliards de francs Cfa. Cela aussi, Latif ne l’a pas dit dans son livre.

Vous peignez un tableau reluisant de vos finances, mais dans le livre, il est fait état d’un déficit d’environ 88 millions de francs Cfa sous votre exercice, alors que les comptes étaient au vert à votre arrivée…

(Il coupe). Non, il n’a rien compris. Et cela, il va s’expliquer devant le Tribunal. Si tous les comptes étaient négatifs, nous ne serions pas là. C’est un non sens. Je vais vous montrer juste un détail. (Il brandit un document signé par la Banque islamique du Sénégal). Latif ne tient pas compte que ces 2 milliards sont un Dépôt à terme (Dat). Je l’ai trouvé ici. Ce que Latif dit est vrai, car j’ai trouvé cet argent ici. Ce n’est pas moi qui l’ai fait. Vous voyez qu’il s’agit d’un Dat. (Il lit le contenu du document) : «La situation de votre compte (Lonase) dans nos livres au 9 juillet 2006 est de 1,9 milliard de francs Cfa. Il a été déposé le 16 février 2005.» Donc, si Latif dit qu’il est un journaliste d’investigation, il se trompe. Je le défie de donner ses preuves quand il dit que les 17 comptes de la Lonase sont déficitaires. Si c’était vrai, on allait fermer boutique.

Vous vous basez sur le document du Commissaire aux comptes pour vous réjouir de vos résultats. Mais, ce dernier a saisi, à maintes reprises, le Conseil d’administration pour se plaindre de certaines irrégularités, notamment la non production de rapport dont les honoraires ont été payés sans justification.

C’est une méprise. Quand il y a un contrat, on ne paie pas sans qu’il ait un rapport. Qu’on n’ait pas fourni de rapport au Commissaire est un fait mais, tout a été réglé. Il n’y a pas de soucis à se faire. Mais, on ne paie pas sans le rapport. Le Commissaire ne fait que des constatations. Quand on faisait cela, le rapport était au niveau de la Dfc. Donc, c’est un détail et cela entre dans la suite logique des choses.

Par ailleurs, ce qu’il faut voir dans le livre de Latif, c’est dans la page où il y a les annexes, su les contrats qu’il a exhibés, il est bien écrit : «Crédits disponibles budgétisés.» Ce qui veut dire que le Conseil d’administration l’a autorisé.

Mais, 149 contrats, c’est énorme et c’est une première dans l’histoire de la Lonase…

Oui, mais, je fais ce que le Conseil d’administration autorise. Malgré ces 149 contrats, j’ai réalisé un bénéfice de 2,117 milliards de francs Cfa. Qu’est-ce à dire ? Mais, Latif n’est pas mon censeur. Les Sénégalais ont besoin de travail. Les gens que j’ai recrutés, c’est nécessaire.

Seulement, vous avez limogé et recruté d’autres. Pourquoi n’avoir pas privilégié ceux qui étaient là ?

Non attendez. (Il s’emporte). Il ne faut pas que Latif sème la mauvaise graine dans la tête des gens. Il y a des vacataires qui sont là depuis longtemps, depuis 1986 ou 87. Ils ne sont pas bien payés, ne sont pas pris en charge médicalement. Comment peut-on prendre des gens pendant 15 ou 20 ans et les laisser dans une situation délétère ? Ils ont décidé de recourir à la justice et pour ne pas y aller, nous avons trouvé un protocole d’accord pour éteindre toute revendication. On s’est entendu, en 2003, que sur les 692 vacataires, on fait la régularisation de 120 et on fait partir 550. On leur a donné 2,4 milliards de francs et c’est cela qui est constant. J’ai commencé à l’exécuter quand j’étais là et, mes suivants ont fait le nécessaire. Au 1er mai 2007, ils ont même porté des brassards rouges pour que j’applique le protocole afin qu’ils partent. Eux voulaient partir.

Ne voulaient-ils pas partir parce que vous ne leur avait pas proposé un plan de carrière…

(Il coupe). Non, c’est un protocole d’accord que nous avions signé. Leur seul problème est qu’ils ont une ancienneté de plus et ce, depuis 2003. C’est logique parce qu’ils ne sont pas restés de leur propre chef. A ce moment, la Lonase n’avait pas les moyens de les faire partir. C’est un protocole d’accord et, cela n’a rien à voir avec les contrats spéciaux, car ceux-ci durent deux à trois mois. Ce sont des contrats à terme. Il faut que les gens le comprennent. Il y en aura qui vont partir, car c’est le rapport d’audit.

Parmi les signataires du document qui essaient de démentir le contenu du livre, Latif confie qu’il y en a cinq qui font partie de ses informateurs et s’ils n’arrêtent pas, il va les dénoncer. N’avez-vous pas été vendu par vos collaborateurs ?

Du tout. Je récuse cela. (Il rigole). Maintenant, où sont les djinns dont Latif fait allusion dans son livre. Ce n’est pas vrai. Les gens qui sont là ne peuvent pas inventer des choses qui n’existent pas. Si Latif dit que nous avons fait des gagnants fictifs, il n’a que sortir les preuves, s’il les a. S’il dit que j’ai maquillé le bilan de 2003…

C’est le président de la République qui a été le premier à vous le reprocher…

(Il coupe et hésite). Il avait dit. Et même s’il avait dit, mon retour à la Lonase a été une réponse.

Vous voulez dire que le Président…

(Il coupe encore et hausse le ton). Mais, c’est Latif qui dit que j’ai maquillé le bilan de 2003, s’il apporte cette preuve, s’il donne des gagnants fictifs, s’il apporte les preuves que j’ai acheté ma voiture de fonction ou j’ai donné un marché de kiosques à 1,2 million de francs Cfa par kiosque, je rends ma démission. Il faut qu’il les sorte dans les 48 heures.

Pourquoi cet ultimatum ?

Il dit qu’il les détient, pourquoi même attendre deux jours. S’il les sort, je démissionne et il évitera aux Sénégalais un procès. Sinon, il est tenu d’aller devant le Tribunal pour s’expliquer sur ses allégations mensongères.

Ne devez-vous pas donner vos arguments à la commission nationale de lutte contre la corruption à qui la «lettre-livre» est adressée au lieu d’attendre qu’il vous donne ses preuves ?

Du tout. C’est plus facile pour lui de sortir les preuves que de fatiguer la commission. Et puis, dans le livre, il dit saisir la Commission, mais dans le contenu, il n’a pas développé un seul élément de corruption. En plus, qu’il cesse d’investir les radios pour s’époumoner. ça ne vaut pas la peine. Il a dit ce qu’il a dit, il a les preuves, qu’il les sorte. Il a dit une chose, nous avons dit le contraire, pour la manifestation de la vérité que nous devons aux Sénégalais, il doit publier ses preuves. C’est la meilleure manière de nous clouer le bec.

Les détails de ses investigations ne suffisent-elles pas comme preuves…

Quels détails ?

Par exemple, quand il évoque le marché que vous avez donné à votre beau-frère d’un montant de 38 millions de francs Cfa.

Cela n’existe pas. Du tout. Tout ce que j’ai donné, c’est sous forme de contrat.

Justement, c’est le contrat donné à Balla Niang… (Ndlr : son beau frère)

C’est un expert. Je lui ai confié une tâche bien donnée. Nous avons des comptes négatifs quelque part que le Conseil d’administration nous demande d’épurer, la direction financière n’a pas ce temps, nous avons fait appel à lui.

Mais, vous avez des services payés pour faire ce travail. Pourquoi faire appel à un autre qui produit un rapport de quatre pages…

Ce n’est pas la consistance du rapport qui est important, c’est le résultat et la qualité du travail qui nous intéressent. Et nos agents n’ont pas le temps de faire tout ce travail. En plus, ils ne sont pas payés pour faire ce travail. Cela est inscrit dans mon budget, j’ai le droit de le faire. Je n’ai pas de comptes à rendre à Latif. C’est budgétisé, c’est moi qui dois le faire, je le fais. Il n’y a pas de soucis pour cela.

Peut-on revenir sur l’affaire des 4×4 Prado que vous avez vendus aux directeurs de services ?

(Il se redresse). Ces véhicules appartiennent à la Lonase pendant les 5 ans de leur amortissement. C’est cela le problème. Maintenant, j’ai pris l’option de faire payer par anticipation au-delà des cinq ans ce qu’ils auraient du nous payer, ils les paient maintenant.

Seulement, l’on n’arrive pas à comprendre que des véhicules achetés à 25 millions puissent être vendus à 2,5 millions de francs alors qu’ils n’ont même pas deux ans de vie. Comment l’expliquez-vous ?

Non, on les vend dans cinq ans.

Pourquoi donc, ne pas attendre cinq ans pour les vendre. Pourquoi cet empressement. Les bénéficiaires le paient par anticipation. L’intelligence sert à quoi ? Ils commencent à payer ce qu’ils auraient dû nous payer dans cinq ans. C’est au profit de l’entreprise.

Au finish, c’est l’entreprise qui paie à la place des bénéficiaires en ce sens que les quotités à verser sont retirés des 250 mille francs que la Lonase a récemment alloué aux bénéficiaires pour l’entretien des véhicules.

Si je vous montre les frais d’entretien d’un véhicule, ça dépasse largement cette somme. Donc, il n’y a pas de souci à ce sujet. Ce que nous avons fait se fait ailleurs, par exemple à la Sonatel et dans d’autres entreprises que je ne veux pas citer. En plus, c’est une source de motivations et les véhicules appartiennent à la Lonase jusqu’à leur amortissement. C’est un épiphénomène. Ce n’est pas ma gestion. C’est rien dans la gestion d’une entreprise comme la Lonase qui a fait un chiffre d’affaires de 40 milliards de francs Cfa.

Il a aussi fait cas du versement de 500 millions de francs que vous avez placés dans un compte qui n’est pas connu des services financiers de l’entreprise…

Le financier c’est moi. Je tiens à expliquer que le Directeur général est le seul habilité à ouvrir un compte. J’ai ouvert un compte de la Lonase. Si je donne des instructions et cela traîne, j’ai le droit de me substituer à la personne et de la faire. Ouvrir un compte ne demande qu’une lettre.

Vous voulez dire que vous l’avez demandé au service concerné…

J’ai demandé qu’on me fasse une lettre pendant deux semaines, cela n’a pas été fait et je l’ai fait. C’est clair, car je suis le seul habilité à le faire.

Alors pourquoi avoir demandé à ce qu’on vous le fasse ?

Attendez, vous m’avez posé une question, laissez moi le temps de répondre. Je vais vous expliquer pourquoi je l’ai fait. Un rapport de l’Inspection générale d’Etat (Ige) (Il montre le document) en date du 6 août 2006 donne des directives. La directive n°14 dit en substance : «Afin de régulariser la délibération du Conseil d’administration de la Lonase en date du 7 octobre 2003.» C’est clair que c’est une directive qu’on me demande d’exécuter.

C’est une directive de qui ?

C’est une directive présidentielle. J’ai agi sur directive présidentielle. Il faut comprendre que le rapport de l’Ige est venu en 2003 et, il fait un certain nombre de recommandations. Il donne des directives. Le rapport me dit d’exécuter et j’ai exécuté. Qu’est-ce qu’on vous demande d’exécuter ?

(Il lit un passage du document). «C’est daté du 7 octobre 2003. Considérant la nécessité d’application, dans toute sa plénitude la loi créant la Lonase et dont l’article 3 dispose que les contre-parties des exploitations dans les jeux de hasard de toutes sortes est représenté par un chiffre d’affaires net, ce qui est différent du chiffre d’affaires brut, jusqu’à présent tenu pour dette à titre de redevance. Considérant la nécessité de procéder à un toilettage du cahier des charges pour l’adapter à l’évolution de la Lonase et à la nécessité de procéder à une modification de la grille de répartition pour mieux répondre aux objectifs de la société, et après en avoir délibéré, le Conseil décide : Le présent avenant au cahier de charges de Lonase prend effet à compter du 1er janvier 2003.» Il est signé par le Président. C’est ce qu’on me demande d’appliquer. Plus tard, le ministre des Finances m’écrit pour me demander de payer aux motifs d’une application d’une délibération du Conseil d’administration. Il y a problème.

On me demande d’appliquer une directive présidentielle et on me demande de payer en même temps. Qu’est-ce qu’il faut faire ? J’ai mis l’argent dans un compte d’attente pour savoir quelle décision il faut prendre.

Avez-vous saisi l’autorité pour savoir la position à adopter ?

Oui, j’ai saisi qui de droit

Qui est-il et que vous a-t-il recommandé de faire ?

Je ne dis pas. En tout cas, je l’ai saisi. J’ajoute que je suis le seul habilité à le faire. J’ai versé d’un compte de la Lonase à un autre compte de la Lonase un montant de 250 millions de francs Cfa, deux fois, trois fois. Et je le ferai autant de fois que je veux. Car, tant que je serai le directeur général de la Lonase, je ne suis pas appelé à dire ce que je fais.

Est-ce que la direction administrative et financière ne devait pas être mise au courant dans la mesure où elle gère les finances de l’entreprise ?

Elle est au courant. Où est-ce qu’elle a trouvé le document ? Si la Daf a trouvé, c’est parce que cela existe. Si elle n’est pas au courant, c’est son problème.

L’argent est un compte d’attente. Y a-t-il des mouvements ?

Je ne vous le dirai pas.

L’affaire du livre s’est développée suite aux menaces de mort qui sont proférées contre l’auteur. D’ailleurs, un plan dans lequel vous êtes cité est en gestation pour attenter à sa vie… (Il coupe). Attendez. Pourquoi, on doit attenter à la vie de Latif ? Il n’a pas dit dans son livre quelque chose qui peut gêner. J’ai donné des ordres de virement d’un compte à un autre, ce n’est pas une faute car je suis habilité à le faire. Pour les contrats dont il parle, il est écrit que la ligne de crédit est budgétisée. Donc, le Conseil d’administration est informé. J’ai respecté le Code des marchés. Où est le problème ? Pourquoi tuer Latif ? Pour vous dire que c’est un mensonge de plus, le garçon dont on parle et que j’aurais rencontré à Savana, c’est Assane Diop. C’est mon garde du corps depuis huit mois. Il est là depuis huit mois. C’est lui qui vous a introduit tout à l’heure. (L’entretien a lieu hier soir dans son bureau). Donc, je n’ai pas besoin de lui donner rendez-vous à Savana alors qu’il est là avec moi tout le temps. Latif sait que les gens n’ont pas accordé d’intérêt à son livre et il invente pour se donner de l’importance. Il faut qu’il arrête et qu’il s’évertue à donner ses preuves.

Mais, vous ne réfutez pas les irrégularités du marché des kiosques… Tout est faux. Mais, on ne peut faire avancer les choses avec les kiosques que nous avions. Nous avons l’ambition de faire un chiffre d’affaires de 50 milliards de francs, on ne peut pas continuer à travailler comme ça.

Ne fallait-il pas…

Je n’ai pas de comptes à rendre à Latif.

Je ne parle pas de Latif. Ne fallait-il pas, par souci de transparence, faire un appel d’offre pour le marché des kiosques ?

Le Code des marché a été respecté, à ce niveau, il n’y a pas de problème. J’ai respecté l’avis de mon Conseil d’administration qui m’a donné son aval. Je n’ai fait qu’exécuter. Quand Latif se dit un journaliste d’investigation et qu’il ignore l’existence de ce rapport et des directives présidentielles, en ce moment, je me dis que c‘est un farceur. La confiance que l’individu peut inspirer à autrui repose sur un équilibre entre l’audace, la compétence et l’intégrité. Sans l’intégrité, il devient, dans ce cas-là, un journaliste anthropophage qui cherche à tuer parce que mégalomane. C’est quelqu’un qui cherche à faire son chemin dans les méandres de l’anonymat. Latif n’a pas été le meilleur des journalistes. C’est peine perdue pour lui car nous avons fait à la Lonase ce qu’aucun directeur n’a pu faire. Le Jackpot a réalisé un bénéfice de 1,3 milliard en trois mois au moment où, le Conseil d’administration m’avait assigné 600 millions de francs de bénéfice. Il aurait pu le dire et faire part que nous avons réalisé un bénéfice de plus de 2 milliards de francs Cfa. En tout cas, s’il ne sort pas ses preuves, il va s’expliquer devant le Tribunal parce que je crois en la justice de mon pays.

Avez-vous déjà saisi le Tribunal de votre plainte ?

C’est en cours. Je pense qu’on va finaliser cela bientôt.


À voir aussi

Retour sur l’incendie mortel de Guinguinéo : Le père raconte l’horreur

Adama et Hawa, des jumelles, leur sœur Ndèye et leur petit-frère, Serigne Bara, ont péri …

Guinguinéo : 4 enfants d’une même famille périssent dans un incendie

Un incendie s’est déclaré dans la nuit du jeudi au vendredi dans la localité de …