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BANJUL-DAKAR Les trois Sénégalais libérés, les peuples restent en otage

Les trois Sénégalais, retenus en Gambie et qui devraient être jugés, ce jeudi, ont été finalement libérés, ce mardi, annonce Sory Kaba, le Directeur des Sénégalais de l’Extérieur.

Il a surtout magnifié le rôle de l’Ambassadeur du Sénégal à Banjul qui aurait, sur instruction du ministère des Affaires étrangères, joué des coudes et des mains pour obtenir cette libération.

Ces Sénégalais ont été détenus à Bassang à quelques kilomètres de la Commune de Nianing où le Maire de la localité comptait son fils parmi les infortunés.

Les autorités sénégalaises informent qu’ils vont passer la nuit dans cette localité avant de rejoindre Dakar, aujourd’hui, dans la journée.

Ces agents du ministère de l’Environnement étaient partis inspecter la forêt pour se faire une idée exacte de l’ampleur des coupes d’arbres notamment de Venn lesquels seront revendus en Gambie aux Chinois.

Une aubaine pour eux et leurs proches dans un contexte où le président gambien, Yayah Jammeh, ne cache pas son inimité contre le Sénégal qui permet à ses opposants de s’exprimer librement sur la situation délétère dans leur pays, marqué par la mort d’opposants suite à des manifestations pacifiques les jeudi et samedi derniers. Car, d’après des spécialistes qui suivent de près la question, ils pouvaient servir de monnaie d’échange contre le Sénégal pour le blocus de la frontière par les transporteurs avec ses conséquences graves sur l’économie gambienne.

Finalement, Jammeh a préféré jouer la carte de l’apaisement. Il sait, en effet, en bon stratège, qu’il ne faut pas tirer le bouchon trop haut. Le Sénégal a des moyens de pression autres que militaires sur son voisin. Le président gambien sait souffler le chaud et le froid et il sentait l’étau se resserrer autour de lui.

Eh oui, les trois Sénégalais sont libres mais les peuples gambiens et sénégalais continuent à être pris en otage.

Personne ne travaille à libérer les Gambiens d’une dictature qui dure depuis 20 ans. Les demandes d’enquête des organismes internationaux y compris des Nations-Unies vont tomber dans l’oreille d’un sourd qui traite la communauté internationale de « chien ».

Et les premiers à en pâtir après le peuple gambien, ce sont les Sénégalais. Le contournement de la Gambie par les transporteurs sénégalais cause de nombreux désagréments aux commerçants. En cette période de forte chaleur, des fruits comme les mangues périssent très vite. Les commerçants qui se sont exprimés, hier, dans les médias soulignent, par ailleurs, que le fait que le bateau ne prenne pas les poissons secs leur cause des désagréments supplémentaires les obligeant à emprunter la voie de contournement.

Une situation qui doit davantage faire réfléchir les autorités sénégalaises sur la nécessité de se passer du territoire gambien à court, moyen et long terme. Il n’est plus possible de dépendre de la Gambie pour rallier le Nord et le Sud du pays ou vise versa. Car, nous ne maitrisons jamais la situation politique chez nos voisins encore moins l’humeur des autorités en place. Même du temps de Diouf avec la Confédération, la mauvaise foi des autorités gambiennes à collaborer avec les Sénégalais a toujours été manifeste. C’est la raison pour laquelle le Sénégal avait mis fin à cette expérience.

Les ennuis avec la Gambie ne datent pas d’aujourd’hui, Jammeh n’a fait que les exacerber. Certes, il s’agit de deux peuples frères que tout lie, mais, le monde actuel est tel que les brouilles se voient beaucoup dans les familles qu’ailleurs.

Les colonisateurs ont réussi à imposer leurs marques qui peuvent se traduire par deux systèmes politiques différents, une manière de voir le monde, de le penser et d’agir diamétralement opposée. L’Angleterre n’est pas la France et vise versa.  Le Commonwealth et la Francophonie sont deux manières différentes de percevoir le monde, deux projets différents de civilisation.

C’est pour cela que l’Afrique arrivera difficilement à s’unir. Nous sommes pris en otage par la diversité d’origine de nos systèmes d’inspiration politique et civilisationnelle.

Assane Samb

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