Confidences

Bara Sow, président de la fédération des laobés : «Fatou Laobé est aigrie… Elle voulait être à la place de Pape Diouf»

  • Date : 3 mars 2016

L’OBS – La grande nuit des Laobés qui a fait des étincelles au Grand-théâtre vendredi dernier, il en est l’initiateur. Bara Sow, président de la fédération des Laobés du Sénégal et de la diaspora et non moins, opérateur économique, est ainsi sorti de l’anonymat. L’Obs est allé à sa rencontre, histoire de mieux cerner l’homme. Sa relation avec la grande chanteuse, Fatou Laobé, son compagnonnage avec Macky Sall, tout y passe…

 Vous êtes à la tête de l’association des Laobés du Sénégal. Que pouvez-vous nous apprendre de plus sur vous ?

Je suis un opérateur économique. J’étais en Côte d’Ivoire de1985 à 2009, année à laquelle je suis rentré au Sénégal. C’est là-bas que j’ai connu le président Macky Sall en 2008. Il y était venu me demander de le soutenir et j’ai été le premier à organiser un meeting en sa faveur dans ce pays. De retour au bercail, j’ai mis sur pied la Fédération des Laobés du Sénégal et de la Diaspora. D’ailleurs, c’est Macky Sall qui a proposé d’inclure la Diaspora. Par ailleurs, je suis mareyeur, exportateur. Même établi au Sénégal, j’ai toujours une entreprise en Côte d’Ivoire.

Vous avez donc battu campagne pour l’élection du Président Sall. Vous a-t-il renvoyé l’ascenseur, une fois élu ?

Je n’attends pas le retour d’ascenseur. Ce m’intéresse, c’est que Macky Sall aide les Laobés. Personnellement, j’ai perdu beaucoup d’argent et de biens dans notre compagnonnage. Mais, ce n’est pas le plus important. Je l’ai fait par conviction. J’avais trois véhicules, les 2 sont tombés en panne. Il ne me reste plus qu’une «Laguna», presque à l’arrêt. Auparavant, j’exportais 4 containers par mois. Maintenant, j’ai peine à en exporter un seul. J’ai des ambitions, mais je suis financièrement éprouvé. J’ai vendu ma maison, les parures en or de ma femme, tous mes biens. Je n’ai plus rien (visage triste). Je demande à Macky Sall de m’aider dans le cadre de mes activités. J’ai besoin de voyager, mais les tracasseries du visa m’empêchent de me rendre dans certains pays. Il me faut donc un passeport diplomatique ou de service et des moyens pour booster mes activités. Je suis également d’avis que les Laobés doivent avoir des postes dans le Gouvernement. Nous ne sommes pas bien représentés, parce que certains sont complexés de dire qu’ils sont Laobés. Malgré tout, nous ne nous découragerons pas. Nous allons continuer à accompagner Macky Sall en votant Oui au referendum.

Où en sont vos rapports avec Aliou Sall, votre voisin ?

Aliou Sall est mon ami. J’ai été le premier à organiser un meeting pour lui, lors des Locales, pour lesquelles j’ai dépensé beaucoup d’argent. J’accorde beaucoup d’importance à tout ce qui touche Macky Sall. Je suis donc fier de contribuer à sa victoire et à celle de son frère. Mais, pour le moment, je n’ai eu aucun avantage. Je tiens toutefois à remercier Aliou Sall qui a beaucoup contribué à la réussite de cette soirée. Il ne m’a pas donné de l’argent directement, mais il a acheté 150 billets dont 50 VIP.

Pourquoi avez-vous organisé cette nuit en hommage à Pape Diouf ?

Pape Diouf a fait honneur aux Laobés en nous dédiant une chanson. Nous avons jugé utile de lui rendre hommage, en retour. Les gens ont l’habitude de chanter les Laobés, mais jamais personne ne l’avait fait comme Pape Diouf. Son morceau reflète entièrement la réalité. Le laobé ne connaît que le travail. C’est pourquoi j’ai organisé cette soirée à son honneur. Au début, tout le monde était réticent, pensant qu’on ne pouvait pas remplir le Grand-Théâtre. Moi, j’y croyais et y ai mis les moyens. Je ne le regrette pas. Cette nuit est une totale satisfaction. Nous allons d’ailleurs l’institutionnaliser. Je l’ai déjà enregistrée au Bsda. Désormais, le 26 février «nioune nioko moom» (le 26 février nous appartient).

Certains Laobés avaient appelé au boycott, disant que la chanson «Maalaw» est une offense…

Même Dieu qui nous a créés, ne fait pas l’unanimité. Il n’y a rien d’obscène dans Malaw. Quelqu’un s’est permis d’aller dans la presse, dire que les Laobés vont boycotter la soirée. Il prétend être Laobé, mais personne ne le connaît. L’essentiel, c’est que les Sénégalais savent si les Laobés ont boycotté ou pas. Ce gars voulait juste faire le buzz. C’était peine perdue. Si on doit censurer «Malaw», d’autres clips le seront aussi et on risque de ne plus rien montrer au Sénégal. Pape a juste montré la culture des Laobés. De toute manière, il n’y a rien de mauvais dans «yeungueleul-yeungueuleul». Quant à Baye Babou, «moy khorom ci» (il a rajouté du piquant à la chanson).

Venons-en à l’épisode avec Fatou Laobé au Grand-théâtre. D’aucuns disent qu’elle vous a humilié ?

 Elle ne m’a pas humilié. Elle ne le peut pas. Elle s’est humiliée elle-même. Fatou est juste aigrie. Elle est jalouse, mais c’est mon amie. 5 jours avant la soirée, on a mangé ensemble chez moi. Je suis le parrain de l’une de ses filles. Toutefois, je vais éclaircir cette histoire (il se réajuste). Quand on a programmé cette nuit, je suis allé la voir chez elle, lui dire que nous voulons rendre hommage à Pape Diouf et que nous voulions l’inviter. Elle a répondu : «C’est comme si tu accompagnais Macky Sall pour rendre hommage au président Wade. Ce que j’ai fait pour la communauté, personne ne l’a fait et on ne m’a jamais rendu hommage.» Je lui ai dit que «saabou du foot bopam» (il faut attendre que les autres le disent pour toi). Je lui ai également dit qu’avec ce que Pape Diouf a fait, elle devrait elle-même lui rendre un vibrant hommage. Elle m’a alors rétorqué qu’elle ne participera pas et que si je m’entêtais à organiser cet hommage, elle va abandonner l’association. Je lui ai dit tant pis. C’est moi qui ai donné le numéro de Fatou Laobé à Pape Diouf pour qu’il l’appelle. Je voulais que tout le monde participe à cette nuit. J’en ai aussi fait de même avec Prince et Ibou Ndour. Après l’avoir appelée, Prince m’avait dit que c’était réglé. Mais le jour-J, je l’appelle et elle refuse de me prendre. J’ai l’habitude de l’aider. Elle était juste fâchée. C’est pourquoi elle n’a pas pris l’argent. Mais, j’ai l’habitude de lui en offrir et elle a toujours acceptés. Elle m’a parrainé des soirées. Elle chantait «Bara Sow ari» (Bara Sow arrive en pulaar). Et je lui donnais beaucoup d’argent. Ce qui est difficile à trouver, c’est l’argent, mais pas une personne à qui l’offrir.

Il paraît qu’elle avait exigé de jouer en live ?

Moi, je n’avais pas le programme. C’est Prince Art qui organisait. Et Ibou Ndour avait prévu les choses telles qu’elles se sont passées. Si Fatou avait accepté dès le départ, elle aurait fait la 1ère partie, c’est ce qui était prévu (il insiste). Mais elle a refusé jusqu’au dernier moment. Même pour faire le documentaire, Dieynaba Seydou Ba a voulu l’associer, mais elle a refusé de venir. Je n’ai rien contre elle. Nous sommes de la même famille. Si j’étais fâché contre elle, je ne lui aurais pas offert de l’argent.

 Mais, il faut reconnaitre qu’elle a mis beaucoup d’ambiance à la soirée ?

Le leumbeul ne faisait même pas partie du programme. On s’était réuni et avait éliminé le leumbeul. On n’en voulait pas pour le spectacle. Certains l’ont transgressé, mais on a géré. On avait interdit cette danse, parce que certains ne peuvent pas se contrôler. C’était un grand spectacle et nous ne voulions pas que le lendemain, le leumbeul l’emporte sur les autres aspects dans le traitement de l’information. Nous avons voulu montrer la noblesse des Laobés…

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