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Barbès : Sandaga s’invite à Paris

Barbès. Jeudi 19 avril 2007. 15 heures 07 minutes. Un vent frais caresse les visages. Le temps assez ensoleillé en cet après-midi, crée une sorte de motivation chez ces milliers de visiteurs et autres passants de cette rue. Il règne une ambiance de fête foraine dans cette banlieue parisienne. Tout le long de la route, des magasins proposent divers articles : portables, bisous, tissus, habits…

Source : L’Observateur
On y trouve un peu de tout. Devant les boutiques, des mendiants d’origine maghrébine pour la plupart, interpellent le visiteur par des «fisabililah», en tendant leur sébille en quête de pitance. Avec les va-et-vient des visiteurs et les échanges entre les clients et les commerçants. Sans compter ces jeunes Arabes qui squattent les coins et recoins de la rue pour proposer leurs marchandises, Barbès a les allures du marché Sandaga. Dans notre visite des lieux, une boutique à la devanture de laquelle on pouvait lire «Sandiara», attire notre attention. Ici on vend tous les genres de tissus africains. Des bisous fantaisies, des cassettes, des Dvd et divers articles de mode. A notre arrivée, on a trouvé les vendeurs en pleine discussion avec les clients. Ça marchande fort. Entre deux tranches de rigolades avant de trouver un consensus autour du prix de la marchandise. Mame Diarra, la quarantaine, sénégalaise bon teint, habite à Dieupeul (quartier deDakar), est vendeuse dans cette boutique. Elle explique : «C’est une boutique familiale. Qui emploie les membres de la famille. Ici nous vendons tout ce dont nos compatriotes peuvent avoir besoin. Pour que le mal du pays ne se fasse pas trop sentir. Pour ce qui est du commerce proprement dit, elle confie : «Nous nous en sortons bien. Les choses marchent bien. Sauf que pendant l’hiver, c’est très calme. Nous ne voyons pas trop de clients. Nous sommes également emmerdés par les taxes que nous payons. Tout ce qu’on gagne, presque les soixante-quinze % partent en impôts, taxes et autres Tva». Non loin de là, une autre boutique «Le Tivaouane», attire également notre curiosité. Ici on se croirait à Dakar. Entre clients et vendeurs, on parle Wolof. Avec des «wakhalé» à n’en pas finir. On y propose entre autres, des tissus, du «thiouraye», des cassettes vidéo, des Dvd, des produits cosmétiques, des Djembés, du kinkéliba et autres écorces d’arbres africains. Ici le maître des lieux était absent. Les vendeurs trouvés sur place n’ont pas voulu parler, sous prétexte qu’il revenait au patron de les autoriser à le faire.

Les Sénégalais mauvais clients

A côté des magasins sénégalais, maliens ou zaïrois, on trouve des magasins arabes. Pour la plupart, ces magasins proposent des portables et des accessoires. Bilen, un Français d’origine maghrébine gère une boutique de portables. Il explique : «On y trouve toutes les marques. Les affaires marchent bien avec les Africains. Sauf les Sénégalais, qui ne viennent pas acheter. Peut-être qu’ils trouvent des choses moins chères ailleurs. Ici les prix varient selon les marques et la qualité des produits, entre 19 Euros à 199 Euros». Il ajoute : «Il y a des clients difficiles. Ils ne comprennent pas par exemple que certaines défaillances techniques ne dépendent pas de nous. Malgré tout, nous recevons entre cent et trois cents clients par jour. Ici les marchandises coûtent moins cher, c’est ce qui fait courir les clients». Comme à Sangada, Barbès n’est pas non plus épargné par les voleurs et autres pick-pocket. Qui squattent les rues et à la moindre inattention des clients, ils dérobent leurs sacs. A ce propos, Bilen confie : «Ici à Barbès, il y a trop de toxicomanes. Vous les voyez là-bas (Ndlr : il nous montre du doigt un groupe de jeunes assis à côté de la boutique). Souvent ils nous piquent des portables ou à des clients». Se désole-t-il.

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