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Bataille autour du parrainage La majorité impose sa loi…

REWMI.COM L’examen du projet de loi sur le parrainage a donné lieu, hier, à deux types de stratégies de la part de l’opposition radicale : Bloquer le vote en interne avec les questions préalables et maintenir la pression à l’extérieur.

En interne, de 09 heures à pratiquement 19 heures, les députés se sont affrontés autour des questions de procédure dans une atmosphère tendue où chaque camp (opposition et majorité) jouait son va-tout pour avoir gain de cause.

Les députés ne se sont pas fait de cadeaux. Finalement, l’opposition a dû quitter la salle au moment où elle sentait qu’elle allait perdre le combat.
Cette même défaite a aussi été constatée au niveau de la mobilisation dans la rue. Très tôt, les leaders Malick Gackou, Idrissa Seck, Thierno Bocoum, sont arrêtés avec certains de leurs ouailles, sans oublier un des dirigeants de Y’en a marre.

Les jeunes ont cependant continué à maintenir la guérilla avec les forces de l’ordre tout au long de la journée, avec des pneus brûlés çà et là, sans oublier la détermination des partisans d’Idrissa Seck d’en découdre pour libérer leur mentor.

Au final, l’Opposition a perdu la bataille, mais pas la guerre. Celle-ci, selon Aïda Mbodj des non-inscrits, ‘’ne fait que commencer’’. Car, outre l’adoption de l’amendement qui porte maintenant le nombre de signature exigé à 0,8% des inscrits, ce qui ferait actuellement 52 mille, il faudra aussi en définir davantage les modalités dans le code électoral en attendant que le projet soit promulgué par le Chef de l’Etat.

On ne sait cependant ce que demain sera fait en termes de stabilité de notre pays. Si en effet le pouvoir persiste dans sa volonté de neutraliser les leaders politiques arrêtés par des procès pour trouble à l’ordre public et autres types d’accusation, la tension ira crescendo et pourrait atteindre des proportions insoupçonnées.

C’est pourquoi, dans un geste d’apaisement, il est important que ceux qui sont arrêtés soient libérés. Il ne sert à rien de mettre de l’huile sur le feu.
Mieux, les discussions sur le parrainage doivent se poursuivre et aboutir à la prise en compte des préoccupations formulées par ses détracteurs, surtout quand il faudra procéder à la modification du code électoral.

Ce qui s’est passé à l’hémicycle hier est certes révélateur de la vitalité de notre démocratie, mais elle traduit malheureusement un immobilisme de cette dernière, incapable de faire de l’institution parlementaire autre chose qu’une chambre d’enregistrement.
Les menaces de son Président Niasse lorsqu’il clôturait la séance en disent long sur le fait que les députés sont dans une institution secondaire du palais de la République, où les voix discordantes sont particulièrement mal vues, parce que traduisant le désir des adversaires d’essayer de prendre le pouvoir.

La majorité a gagné et a imposé sa loi. Au sens propre comme au sens figuré. Les débats n’ont servi à rien. D’ailleurs, ils n’ont pas eu lieu dans le fond. Cela n’en valait pas la peine. 119 députés ont dit ‘’oui’’ sans pour autant pouvoir dire ‘’non’’. Ils n’avaient pas le choix. L’appartenance à un camp déterminait tout le reste.

C’est justement de cette plaie dont souffre notre démocratie et dont nous n’avons pas encore trouvé de remède. L’Assemblée n’est pas un contre-pouvoir, mais un associé du pouvoir central. Tous les Présidents qui se sont succédé à la tête de l’Etat en ont fait une chambre d’enregistrement à l’utilité presque nulle.
Et tant que le député sera aux ordres et son vote conditionné à son appartenance partisane, le Parlement sénégalais continuera à offrir le spectacle d’un pouvoir dérivé à autonomie réduite pour ne pas dire inexistante.

C’est le principal enseignement à tirer de ce vote. Quant à la ‘’rationalisation des partis politiques’’, il n’en sera rien. Ils continueront à proliférer comme des champignons, car la politique est actuellement un excellent ‘’métier’’.
Tout au plus, elle permettra de limiter les candidatures pour n’admettre que celles de ceux qui offriront des garanties, non pas de représentation au niveau national comme on pourrait le penser, mais de solvabilité pour ‘’acheter’’ des signatures un peu partout. Car, c’est comme ça que les choses marchent.

Notre démocratie est devenue depuis longtemps censitaire.

Assane Samb/Rewmi quotidien

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