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Bénéficiaires de la caisse d’avance Khalifa ne veut pas déballer, mais… 

Les débats sur le fond continuent au palais de justice de Dakar, dans l’affaire dite la caisse d’avance de la ville de Dakar. En effet, Khalifa Ababacar Sall estime que si cette caisse existe, c’est parce que les autorités étatiques l’ont voulu. En revanche, les percepteurs indiquent qu’il n’existe pas de fonds politiques. 

Le maire de Dakar a répondu, hier, aux questions posées par les différentes parties au procès. Ces dernières sont curieuses de connaitre le rôle de cette caisse d’avance et ceux qui sont bénéficiaires de ces fonds. Cependant, le maire de Dakar s’est fixé des règles auxquelles il ne veut pas déroger. Tout de même, il a déclaré qu’à partir de 1960, c’est le maire de Dakar d’alors qui avait fait une démarche auprès du Président Senghor pour avoir des fonds politiques pour mobiliser, pour travailler. « Jusqu’à présent, on demande à la ville de participer lors de la visite d’un chef d’Etat, etc. C’est après qu’on a élargi l’intervention des fonds politiques aux populations », a dit Khalifa Sall, qui poursuit : « ce sont des fonds politiques mis à la disposition du maire qui les utilise. Il ne les justifie pas. Je ne veux pas déflorer parce que c’est la vie de l’Etat. Le Président sollicite le maire pour certaines dépenses de l’Etat. Après 1996, l’autorité n’est plus concernée, mais elle demeurait. La mairie fait des dépenses de sécurité et de sûreté. On ne peut pas tout dire à tout le monde. Quand l’Etat a voulu que la caisse s’est arrêtée mais elle s’est arrêtée. C’est l’Etat qui a voulu mettre un dispositif et qui ne veut pas que ces fonds soient justifiés ».

«J’ai voulu être discret parce que c’est la tradition »

C’est au regard de ce qui précède que l’édile de Dakar a rappelé que c’est la raison pour laquelle il parlait de discrétion pour les destinataires. «  J’ai voulu être discret parce que c’est la tradition. A la ville de Dakar, il n’y a pas d’archives montrant les noms des bénéficiaires et Pape Diop vous l’a dit. Les fonds sont mis à ma disposition et ça a toujours marché ainsi. Malheureusement, à part Mamadou Diop, il n’y a pas les autres maires. C’est le même procédé qui a été utilisé depuis 1996 jusqu’à maintenant », a soutenu le maire de Dakar. Sur une question de savoir quelle est l’utilité de cette caisse, le maire demande aux parties de faire un tour aux abords de la ville de Dakar. « De 14 heures à 20 heures, c’est toute la population du Sénégal qui accourait. Il y’a quelqu’un qui était à la ville avec un minicar et on pouvait voir un cercueil dessus. Il n’avait pas de quoi enterrer son mort. Un autre est venu avec un papier parce qu’il n’avait pas de quoi sortir son mort qui était à la morgue. Il y a plusieurs raisons pour justifier les dépenses. Ces fonds n’ont pas servi qu’aux Dakarois », dixit Khalifa Ababacar Sall.

« Que je me retrouve aujourd’hui en prison ne me surprend pas »

Par ailleurs le maire de la ville de Dakar a renseigné qu’après son élection en 2009, les 18 premiers mois étaient éprouvants. Car, le pouvoir tient toujours à avoir le maire à ses côtés. Ce qui n’a pas été le cas parce qu’il est du Parti socialiste alors que le Parti démocratique avait le pouvoir. « On m’avait même menacé publiquement de m’amener en prison. Que je me retrouve en prison aujourd’hui ne me surprend pas », a répondu le maire de Dakar qui a rappelé que « lors de mon premier mandat, j’ai demandé au Président Wade pourquoi vous voulez jeter les maires en pâture, parce que je voulais changer le mode de fonctionnement. Mais il m’a dit que ce n’est pas un problème. Si tu le changes, tu n’auras pas un autre moyen de le faire fonctionner. Et aucun Président n’ira aussi loin en vous en créant des problèmes. Parce que la classe politique connaît déjà cette caisse. Malheureusement, le Président actuel que j’ai soutenu m’en a parlé et il a sollicité les fonds ».

Les percepteurs ignorent les fonds politiques

Depuis le début de cette affaire, le maire a soutenu qu’il s’agit de fonds politiques. Et il a réitéré les mêmes propos, hier, à la barre. « La caisse d’avance a été approuvée par le Ministre des Finances. C’est l’arrêté de 2003 signé par le maire Pape Diop qui fait fonctionner les fonds. Vous savez que l’inspecteur général d’Etat, Samba Diallo, a fustigé en 1997 le véhicule qui consiste à alimenter les caisses d’avance, c’est-à-dire de dépenser des fonds énormes sans qu’ils ne soient justifiés. Mais jusqu’en décembre 2015, ces fonds existaient encore. L’autorité politique, c’est l’Etat, et il a laissé ces fonds continuer », s’est justifié Khalifa Ababacar Sall selon qui, l’existence de fonds politiques est quelque chose de connu et d’avéré. Cependant, lors de leurs interventions, les percepteurs Bocoum et Ibrahima Touré ignorent l’existence de fonds politiques à la ville de Dakar. « Dans les textes, il n’y a pas de fonds politiques appartenant aux collectivités locales. Il existe certes des fonds spéciaux au Sénégal, mais pas de fonds politiques », a-t-il dit. Malgré les précisions des percepteurs, le gérant de la caisse, Mbaye Touré, a confirmé le maire. « L’acte de nomination dit que Mbaye Touré doit justifier toutes les dépenses dans les délais et formes réglementaires. J’ai dit que ces actes correspondent aux éléments d’un mécanisme mis en place. Les dépenses qui sont effectuées sont des dépenses que les maires jugent nécessaires et dans la plus grande discrétion. Encore une fois, la caisse d’avance est un support pour la mise en place de fonds politiques. Les fonds mis à la disposition du maire sont gérés de façon discrétionnaire », a-t-il encore précisé.

Cheikh Moussa SARR

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